‹ L'évolution actuelle du bolchevisme russe;Chapitre 16 sur 19 · RÉGIONS · texte numérisé non relu

RÉGIONS

SctiiDêrgaparlacne

dei rivières

Terres* non noires »

Terres « noires ».

Ukraine ....

Crimée

Sud-Est ....

Toute la Russie

y compris l'Ukraine

Toute la Russie

excepté l'Ukraine

Il ressort de ces chiffres que, dans aucune région, la récolte n'a atteint un niveau moyen. Elle est partout inférieure à la cote 3, souvent mauvaise et parfois presque égale à zéro. La situation se complique du fait que la mauvaise récolte s'étend à toutes les céréales et à toutes les plantes fourragères et qu'elle atteint surtout les localités les plus fertiles de la Russie, celles qui étaient ordinairement non seulement le grenier de la Russie même, mais aussi le grenier de l'Europe.

Etant donné une pareille situation des récoltes dans le pays entier, il est évident que le besoin des secours alimentaires se fait sentir dans beaucoup plus de régions que celles indiquées par le pouvoir bolcheviste.

L'état de l'industrie agricole en Russie soviétique a fait que l'insuffisance de la récolte et de l'ensemencement est devenue un phénomène d'ordre général.

Si quelques régions possèdent des produits en quantité

(1) On désigne par le chiffre 5 une très bonne récolte, par le chiffre 4, une récolte au-dessus de la moyenne ; par 3, une réco te moyenne ; par 2, une récolte au-dessous de la moyenne ; par 1, une récolte mauvaise.

supérieure à leur consommation, ces excédents n'ont pas beaucoup de valeur, et ceci pour deux raisons : 1) l'état des transports rend ces excédents inutilisables pour les autres régions ; 2) l'état de l'appareil administratif chargé de la répartition des produits dans le pays est tel qu'aucune distribution équitable des réserves de blé n'est possible.

La situation alimentaire du pays ne dépend pas, à l'heure actuelle, de l'état des récoltes pris dans l'ensemble du pajfs tout entier.

Si même certaines régions sont en proie à une famine particulièrement atroce, la gravité du désastre, qui frappe accidentellement telles localités isolées, tels groupements de la population, ne doit pas nous cacher ce fait primordial et incontestable, à savoir que tout le pays, dans son ensemble, vit sous le régime d'une disette permanente.

C'est pourquoi il s'agit pour la Russie soviétique, non seulement d'une calamité qui frappe, cette année, quelques millions de ses habitants, mais de la famine, dont la menace permanente et inéluctable est suspendue sur tout le pays et sur toute la population.

Pourrait-il en être autrement parmi la ruine générale de toute l'Économie Nationale russe ?

§ 2. Hasard ou fatalité ?

La mauvaise récolte et la famine de cette année ne sont pas, pour la Russie des Soviets, des phénomènes extraordinaires, fortuits et imprévus. Tous ceux qui ont observé la vie économique de la République soviétiste ont, depuis longtemps, prévu la récolte catastrophique de cette anné», ont prédit que tôt ou tard la politique du Gouvernement des Soviets sera cause d'une famine atroce.

La sécheresse survenue cet été dans les provinces du Sud-Est n'a fait qu'accroître et aggraver le désastrt. Mais sans même qu'il y ait besoin de la sécheresse, la récolte des blés en Russie soviétique baissait d'une année à l'autro. C'était la conséquence inéluctable de toute la politique

agraire dont nous avons parlé dans notre premier chapitre.

Citons, pour commencer, l'exemple suivant :

D'après les données de la commission gouvernementale, la récolte des blés dans les régions les plus éprouvées du Volga (Astrakhan, Tsaryts>Tie, Saratov, Samara, Simbirsk, certaines parties des régions d'Oufa et de Viatka), a donné cette année, 147.011.000 pouds, soit 9,8 pouds par habitant (1); tandis qu'avant la guerre la récolte respective était d'au moins 400.388.300 pouds, soit de 26,6 pouds par habitant. Quelle est la cause de cette diminution des récoltes ? La sécheresse seule ne l'explique pas. La surface ensemencée dans ces régions, qui mesurait avant la guerre 26.261.000dessiatines, n'a atteint, cette année, que 7. 550000 dessiatines, c'est-à-dire un peu moins que le tiers du chiffre précédent. Si même la récolte de cette année avait été la même qu'avant la guerre, et s'il n'y avait pas eu de sécheresse du tout, la récolte des blés sur une surface ensemencée réduite aurait donné tout au plus une dizaine de pouds par de ssiatine, c'est-à-dire tout juste ce qu'elle a donné cette année.

10 pouds équivalent, en Russie, à la disette absolue, car telle est ordinairement la quantité indispensable pour l'ensemencement d'une dessiatine, c'est-à-dire qu'une pareille récolte ne laisserait rien subsister pour la nourriture des hommes et des bêtes.

Ainsi nous voyons que la famine dont sont atteintes les régions énumérées par le pouvoir soviétique, est la conséquence immédiate et inéluctable de la réduction de la surface ensemencée. Or, comme nous l'avons démontré dans le premier chapitre du présent ouvrage, cette réduction apparaît, à son tour, comme le résultat fatal de toute la politique agraire et générale du pouvoir bolcheviste.

Ces conséquences s'étendent fatalement à tout le reste de la Russie.

Depuis l'avènement du pouvoir soviétiste, la surface

(1) V. Novy Mir du 31 août 1921.

ensemencée dans 13 départements qui ont été l'objet d'une enquête minutieuse, a subi les modifications suivantes : (1)

Rég-ions Années

Productrices

Seigle et Avoine Lin et froment et orge chanvre (en milliers de dessiatiaes).

Surface ensemencée globale

'Consommatrices

Total dans les 13

départements

Augmentation \

■(+) oudiminu- / tion ( — ) relati- > vement aux \

chiffres de 1917 1

Ces chifïres, cependant, ne donnent pas un tableau -complet de la modification de la surface ensemencée. II convient de prendre en considération, que de 1916 à 1917, la surface ensemencée a diminué de 2,5 % après une réduction précédente de 6%, entre 1914 et 1916. D'autre part, depuis le passage des terres seigneuriales aux paysans, la superficie ensemencée dans ces domaines a également diminué. Ainsi, la réduction globale de la surface ensemencée dans les 13 départements en question atteint 44 %. Ceci revient à dire que la surface ensemencée en 1920 constitue seulement un peu plus de la moitié de la surface d'avant la guerre.

(1) Narodnoé Khosiaîstvo, 1920. Annuaire du Conseil Supérieur d'Economie Nationale, Pétrograd, 1921.

En 1921, cette réduction devait s'accentuer encore davantage.

La diminution de l'ensemencement et de la récolte a été suivie d'une réduction de la quantité du bétail.

En 1921, le nombre des bêtes de labour a diminué de 30 % ; le nombre de gros bétail, de 20 %, le nombre des moutons, de 33 %, le nombre des porcs, de 44 %. Dans certains départements cette réduction est encore plus considérable ; ainsi, dans le département de Moscou la quantité des porcs a diminué de 80 %.

De l'avis de certains auteurs compétents, l'élevage, en Russie soviétique, se trouve dans une situation telle, que; pour le rétablir, il faudrait, en mettant les choses au mieux, 8 ou 10 ans tout au moins.

La quantité globale du bétail se présente comme suit:(l)

Gros bétail 49.732.000 39.493.00a

Moutons 79.218.000 53.812.000

Porcs 19.484.000 11.771.000

Total 148.434.000 105.076.000

La quantité de viande dont la Russie pourrait disposer en 1921, en regard de la quantité de son bétail, ne passe pas 105 millions de pouds, soit, par personne, 1 poud par an ou un neuvième de li\Te par jour.

Le nombre des chevaux a diminué dans la proportion de 50 % au moins. Etant donné que les neuf dixièmes de la terre arable en Russie soviétique, sont labourés à l'aide d& chevaux, un cheval labourant, en moyenne, 6 dessiatiiies, il faut compter, — la superficie globale des terres arables étant de 100 milhons de dessiatines, — que rien que les travaux agricoles dans la Russie Européenne exigent plus^ de 15 millions de chevaux en âge de travailler. Or, on

(1) A. Lossitzky. La production ds la viande en Russie. Ekonomitcheskaïa Jisn, n° 95, 1921.

n'en possède que 8 millions, dont tous ne conviennent pas aux travaux des champs. De l'avis du professeur M.-J. Pridoroguine, le seul manque de chevaux devrait empêcher i'ensemencement de presque une moitié de toute la superficie arable (1).

Tout ceci avait déjà lieu en 1920. Alors déjà la Russie soviétique éprouvait une très mauvaise récolte et l'alimentation de la population se trouvait à un degré d'insuffisance frisant la famine.

Les processus économiques dans la Russie des Soviets de 1920 étaient caractérisés, de l'avis des économistes soviétiques, par (de désastre de la mauvaise récolte qui s'était abattu sur la Russie à la suite de causes naturelles, mais dont les proportions s'expUquent par des raisons d'ordre économique : la réduction de la surface ensemencée et la dégénérescence de la culture ».

« Dans d'autres conditions économiques, la même sécheresse aurait causé une réduction bien moins considérable des récoltes que celle qui a eu lieu en réalité. » (2)

En résumant l'état de l'industrie agricole en 1920, l'Annuaire du Conseil supérieur de l'Economie Nationale poursuit : « Si nous prenons en considération l'usure du matériel, l'insuffisance des engrais, la diminution de la main-d'œuvre à la suite des besoins de l'armée et du travail obligatoire, la mobilisation, les épidémies, les privations, il devient évident que la baisse du rendement de l'industrie agricole est plus considérable encore : la moyenne de la récolte par dessiatine baisse, la quantité du bétail diminue ainsi que le rendement des chevaux, la quantité de lait et de viande diminue, etc. » Ainsi, la mauvaise récolte et la famine qui, cette année, ont atteint des proportions si considérables, ont été préparées par toute la situation de l'industrie agricole en Russie soviétique.

(1) Rapport du professeur M.-J. Pridoroguine, présenté au « Gosplan » (Commission des plans de l'Etat).

(2) Annuaire du Conseil Supérieur de l'Economie Nationale.

Depuis les quatre ans de l'existence du pouvoir bolcheviste, chaque année a aggravé un peu plus la situation de l'agriculture.

Les militants so\àétistes eux-mêmes reconnaissent que seule la conquête des régions limitrophes, de la Sibérie de l'Ukraine et du Sud-Est, leur a permis de ravitailler tant bien que mal la population, car seules les réserves dont disposaient ces pays nouvellement annexés ont permis de compenser la diminution de l'ensemencement et des récoltes dans la Russie soviétique.

Au cours de la rentrée des blés, il a été emmagasiné 84 milhons de pouds de grains en 1919; et 259 millions, soit 175 millions de plus, en 1920. Or, cette augmentation comprend 131 millions de pouds fournis par les régions annexées.

« Il est difficile de tracer le tableau de la ruine et de l'épuisement qui auraient inéluctablement frappé la Russie, si celle-ci n'avait pas obtenu l'accès » de la Sibérie, du Caucase du Nord et du Turkestan. « Seules ces ressources ont rendu possible le fonctionnement, si faible qu'il soit, des usines et des fabriques, le mouvement des trains et la distribution des rations alimentaires à la population.» (1) Cependant, en 1921, les ressources de ces localités se trouvent également épuisées et la déchéance générale de l'industrie agricole se fait sentir dans la Russie entière. Comme nous l'avons vu plus haut, la participation des régions limitrophes à la rentrée des vivres baisse dès le printemps 1921 : elles fournissent 124 millions de pouds, tandis que le Centre en donne 158 millions (contre 160 millions de l'année précédente.) « L'insuffisance de l'ensemencement et de la récolte, observe l'auteur de l'article cité plus haut, apparaît dans toute sa gravité. »

Ainsi, l'année dernière a déjà été très difficile au point de vue du ravitaillement. La récolte brute des blés a été dans l'année 1920-1921, à peine le tiers de la récolte d'avant

(1) Ibid.

la guerre ; en 1921, elle a encore diminué presque de cinq fois. La récolte brute des blés en Russie Européenne (le Caucase, l'Ukraine et la Sibérie non compris) a été : en 1913-1914, de 3.526 millions de pouds ; en 1920-1921, de 1.294 millions ; en 1921-1922, de 744 millions.

Dans l'année qui a précédé la guerre, la récolte de blé av'ait permis de satisfaire aux besoins de la consommation de la population, de nourrir le bétail, d'ensemencer les champs, d'exporter à l'étranger plus d'un demi-milliard de pouds et, enfin, de garder une réserve d'environ 686 millions de pouds.

L'année dernière a fait apparaître un déficit de 88 miUions de pouds de blé qui n'a pu être équilibré que par la rentrée du blé des régions limitrophes. Cette annéeci, le déficit de blé, rien que dans la Russie Européenne atteint déjà 358 millions de pouds.

En outre, en 1913-1914, il a pu être affecté aux besoins de la population et du bétail 1826 millions de pouds ; en 1920, le chiffre respectif a été de 1.035 millions et cette année-ci, de 840 millions seulement.

Ainsi, cette année, la consommation moyenne d'un individu ne peut passer 9 pouds de blé par an. Or, 9 pouds de blé ne valent pas plus de 2.000 calories, c'est-à-dire un minimum tout proche de la famine absolue. (Le minimum physiologique, au-dessous duquel survient la mort de l'organisme, égale 1.800 calories).

Telles sont les perspectives résultant de la famine de cette aimée. Cependant, l'année dernière déjà, la situation alimentaire n'était guère meilleure.

D'après les données soviétiques, l'alimentation de la population, en hiver 1919-1920, valait, en moyenne, 3.382 calories par habitant (contre 4.000 calories d'avant la guerre). En hiver 1920-1921, à la suite de la mauvaise récolte de 1920, l'ahraentation se présentait conmie suit : dans les départements éprouvés par la mauvaise récolte, 2.587 calories ; dans les départements consommateurs, 3.214 calories; dans les départements producteurs, 3.603

calories. L'alimentation de la population urbaine était, dès 1920,inférieureà ces chiffres. En octobre 1920, elle était, pour les ouvriers : dans les deux capitales, de 2.880 calories ; dans les départements consommateurs, de 2.789 calories; dans les départements producteurs, de 2.589 calories (1).

Ainsi donc, dès l'année dernière, la population de la Russie soviétique éprouvait une disette considérable. Elle «'était pas connue du public, la presse soviétiste en parlait peu, mais il apparut déjà, à la moitié de l'été 1920, que 25 départements étaient frappés par la récolte absolument mauvaise. De même que cette année, la population s'en alla à la recherche du pain. « Aux premiers jours du printemps 1920, écrivait VEkonomitcheskaîaJisn, la. population des départements d'Orel, de Koursk et de Toula se rendit dans l'Ukraine, par chemin de fer ou en charriots, par familles et parfois par villages entiers. Au mois de mai, 16 nombre de ces émigrants atteignait déjà quelques centaines de mille. » (2)

Le mouvement avait été si important que, pour lui donner un caractère organisé, les bolcheviks furent obligés d'autoriser les migrations. Mais il était déjà- trop tard pour sauver la situation.

Ceux qui observaient la vie soviétique de l'année dernière, avaient prévu une famine de longue durée. «La famine de cette année, loin de cesser, atteindra, au cours de la saison de 1921-1922, des proportions épouvantables et entraînera à sa suite une quantité de morts telle que la Chine affamée a été seule à connaître jusqu'à présent. Et le gâchis soviétique, la ruine progressante des transports risquent de rendre impossible tout secours, quel qu'il soit, tant intérieur qu'extérieur. » (3)

(1) Selskokhosiaïstvennaïa Jisn, n° 3, du 2 août 1921. Ekonomitcheskaïa Jisn, du 10 juillet 1921.

(2) A. Sobolev. La situation économique actuelle de la Russie des Soviets, p. 14.

(3) A. SoboltVy op. cit.., p. 15.

§ 3. Les conséquences économiques et sociales de la famine.

Depuis quatre ans de la domination du régime bolcheviste, la Russie éprouve une pénurie de vivres permanente qui frise la famine.

Que la famine ait atteint, cette année, des formes aussi graves et des proportions aussi vastes, ce n'est qu'un aboutissement logique, naturel et inéluctable, de la ruine progressante de l'Économie Nationale, sous l'influence de la politique soviétiste.

La famine actuelle devra, à son tour, profondément affecter aussi bien la politique soviétiste que les tendances économiques et sociales qui se développent dans l'Économie Nationale russe. La nouvelle orientation de la politique économique des Soviets est basée, avant tout, sur l'introduction de ce qu'il est convenu d'appeler l'impôt en nature, qui constitue le fondement de la politique de ravitaillement. Au moyen de cet impôt, le pouvoir soviétique comptait obtenir 250 millions de pouds de blé dans les départements du Centre et 150 millions dans l'Ukraine. Actuellement, il faut tout d'abord défalquer de cette quantité celle qui devait être fournie par les départements éprouvés par la famine. En 1917-1918 ces départements avaient donné 36,6 %, en 1918-1919, 59,2 %, en 1919- 1920, 41 %, en 1920-1921-22, 3 % de tout le blé emmagasiné par le Commissariat du Ravitaillement. (1) Cette année, les régions en question étaient inscrites pour 70 millions de pouds, c'est-à-dire pour 29 % de toute la quantité du blé payable par les départements du Centre. Ce blé, à présent, est perdu pour le Gouvernement soviétique, qui a été obligé de dégrever de l'impôt en nature la population affamée.

Dans l'Ukraine, la récolte a été, cette année, au-dessous

(1) Novy Mir, le 6 août 1921.

de la moyenne; et la rentrée de l'impôt en nature qui, dans cette région, a toujours été défectueuse, s'annonce cette fois moins satisfaisante que jamais.

Les foules affamées, qui fuient la zone de la mauvaise récolte, détruisent sur leur passage toutes les réserves qu'elles trouvent ; il est donc certain que les localités où la récolte a été relativement meilleure, ne pourront disposer des excédents sur lesquels le pouvoir soviétiste avait tablé ses calculs précédents.

Les premiers résultats de la rentrée de l'impôt confirment ces prévisions. Jusqu'au 10 octobre, il n'est rentré que 56.000.000 de pouds de blé et de grains fourragers.

La perception de l'impôt sur le beurre et les œufs a donné, au l^r août, dans toute la Russie (y compris la Sibérie, le Caucase et l'Ukraine), 54.426.000 œufs sur la quantité attendue de 400.000.000 et en regard des 103.526.000 œufs rentrés durant le même laps de temps, l'année dernière. La rentrée du beurre a donné en attendant 341.000 pouds sur la quantité attendue de 2 millions de pouds et en regard des 624.000 pouds de l'année dernière. (1)

A l'heure qu'il est, on ne peut non plus fonder de grands espoirs sur l'échange des marchandises.

Dans le chapitre premier, nous avons indiqué que, si même le pouvoir des Soviets réaUsait toutes ses réserves de marchandises destinéas à l'échange, c^s réserves, dans l'état d'épuisement industriel où se trouve la Russie, sont trop insignifiantes, et ne serviraient qu'à obtenir une très petite quantité de blé.

Actuellement, la proportion entre les réserves de marchandises et les ressources en blé est devenue encore plus défavorable pour la politique des échanges. Les prix du blé

(1) V. V Ekonomitcheskaïa Jisn, n» 178, 182 et 185 (1921) Le Commissaire du Ravitaillement, Broukhanov a déjà déclaré que l'impôt en nature donnera tout au plus 150 millions de pouds. (Novy Mir, du 14 septembre 1921).

ont encore augmenté et il faut donner pour la même quantité de blé une quantité des marchandises plus grande qu'auparavant. Ceci apparaît, en premier lieu, de la hausse extraordinaire qu'ont subi les prix libres des principaux produits alimentaires depuis que la famine fut connue : (1)

Les prix d

un poud en milliers de roubles :

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