EMILE SOLARI
Vous me demandez de vous dire « dans quel sens je Bouhaite que m produis- 1 évolution du roman ». C'est simple. le souhaite que ! évolution du roman
produise dans le -eus de l'utilité. .1 ajoute que je forme ce souhait pour L'évolution de tout : de toute la littérature et de tout l'art, comme de toute l'industrie et de tout le travail humain.
De même, a votre autre question : « dans quel - se produit selon moi l'évolution du roman actuel... •, je réponds : dans le sens de l'utilité humaine. Il ne peut pas \ avoir d'autre sens à l'évolution d'une chose humaine. Les choses <|ui vont au rebours du progrés humain sont des ch< ira-
humaines, et que peut-il y avoir de plus humain que l'art, la science et la philosophie!
Vous entendez bien que j'entends dans ce mot : art, la littérature tout enti< r
N ci >/ i que je cache mes jreui comme l'autruche et que je nie L'existence d'un bon nombre
de romans inutiles. Mai- cela n est pgg 1«« roman. Ce
ories, les raies, les impuretés, les erreurs du corps littéraire. Çs n évold pas ei c est toujours h- même prétentieux et plat bafouillage.
Le roman, lui, ri bravt homme de chemin
depuis L'Iliade - el dep lis .i\ani -ans doute — en
passant par Pantagruel, par Faust, par Le chefd'œuvre inconnu, par Les Misérables , par Le Docteur Pascal. Vous me permettrez d'en rester là. Les auteurs qui ont préparé et préparent ses autres bons gîtes présents et futurs sont vivants. Il est malaisé, pour qui est du bâtiment, de juger sûrement leurs travaux.
La conclusion est nette. En littérature — comme en toute besogne humaine — tout ce qui ne contribue pas au progrès humain, tout ce qui n'est pas utile, c'est de l'à-côté et du négligeable.
Le seul rôle acceptable de la critique, est de discerner cette utilité. Avouez qu'elle remplit rarement ce rôle et qu'elle se contente souvent — quand elle n'est pas flagorneuse ou rancunière — d'ironiser et de faire de l'esprit — là où il faudrait examiner avec clairvoyance, peser avec scrupule, reconnaître la vraie valeur — et le dire.