CHAP. V. - LE COMMERCE AU XVJ1° SIÈCLE
la première place. Ainsi, en Languedoc, elles donnent lieu à un trafic d’environ 1. 200. 0001. ; les vins jouent, dans le commerce, un rôle moins grand qu’ aujourd’hui ; on ne vend guère hors de la province que les vins de qualité et les eaux-de-vie. A noter aussi qu’au xvne siècle on n’accumule pas de stocks, comme on le fera plus tard (1). S'agit-il de la vente de nouveaux produits, notamment de denrées coloniales encore peu répandues, souvent l’autorité royale, mue par un intérêt fiscal, la livre au monopole d’un particulier, mais elle ne tarde pas à tomber dans le domaine public (2). Enfin, remarquons que la plupart des villes, même des capitales de provinces, comme Dijon et Rennes, sont des marchés presque purement locaux (3).
(1) Voy. Boissonnade, La production et le commerce des céréales, des vins et des eaux-de-vie en Languedoc dans la deuxième moitié du XVIIe siècle ( Annales du Midi, 1905, t. XVII, pp. 329-360).
(2) En 1659, David Chaliou, valet de chambre du comte de Soissons, obtint, pour trente ans, le monopole dans tout le royaume de la fabrication et de la vente du chocolat; il ne put, d’ailleurs, empêcher complètement la vente clandestine d’un produit de plus en plus recherché. En 1692, le pouvoir royal conféra encore, pour sis ans, le monopole de la vente du chocolat, du café et du thé à un certain Damaine; mais, dès 1693, les marchands parvinrent à faire révoquer son monopole. Néanmoins, ces produits exotiques étaient encore des objets de luxe, réservés aux classes riches. Voy. l’intéressante étude de Paul-M. Bondois, Le monopole du chocolat (Hayem, Mémoires ... , 7& série, 1922, pp. 177-224).
(3) L’étude du commerce intérieur est très difficile à faire. Comme documents, on ne peut guère trouver que des livres de raison, des actes de notaires, des procès entre corporations, des statuts de métiers et des actes provenant des archives municipales.