‹ L'evolution d'un mythe; Açvins et DioscuresChapitre 19 sur 53 · XII · texte numérisé non relu

XII

XIV. 1. 8, 9, 14,20,30,36, 55 [R.V. 911. 8=8— 9=9- 14, 1er p. = 14, 2e p. = 15 — 20 = 26 à un mot près] [36 et 55 n’existent pas dans le R.V.]

2. 5, 13 [R.V. 866. 5 = 12- 13 n’existe pas dans le R.V.] XVIII. 2. 33 [R.V. 843. 2.]

XIX. 10. 4 [R.V. 551. 4.] — 16. 2 — 20. 1 — 27. 15. — 40. 4 [R.V. 46. 6] — 42. 4. — 51. 2.

XX. 21. 4 [R.V. 53. 4] — 125. 4, 5 [R.V. 957. 4, 5] — 139. 1, 2, 3, 4, 5 [R.V. 629. 1 à 5] — 140. 2, 3, 4, 5 [R.V. 629. 6 à 10] - 141. 2, 3, 4. [R.V. 629. 11 à 15] — 142. 1, 2, 3, 4, 5, 6 [R.V. 629. 16 à 21] 143 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9. [R.V. 1 à 7 inclus = 340 entier — 9 = 1026. 3.]

Récapitulation : 42 vers de l’Atharva, relatifs aux Açvins, ne se trouvent pas dans le Rig“. 39 vers sont communs aux deux recueils.

On voit parce tableau que la moitié à peu près des passages relatifs aux Açvins se trouvent répétés dans l’Atharva et dans le Rig. L’hymne 629 est reproduit en entier dans les deux recueils : il est partagé dans l’Atharva en quatre tronçons, qui constituent autant d’hymnes; et cette distinction parait tout arbitraire, car les vers 5, 10 et 15 ont marqué les délimitations. Cet hymne d’ailleurs n’offre rien de particulièrement intéressant. Il y est beaucoup question des réconforts, de l’offrande liquide, et de la jeunesse d’Agni symbolisée par le veau. La des-

LES AÇVINS DANS L’ATHARVA-VÉDA 143

cription assez banale du sacrifice laisse pour nous fort obscure la raison qui a pu faire introduire ce morceau dans l’Atharva. On comprend mieux l’emprunt de nombreux passages à l’hymne 911 du R. V., hymne d’après lequel les Açvins président nettement à l’union des deux éléments du sacrifice et jouent pour Agni sous plusieurs de ses formes le rôle de paranymphes. Cet hymne est mythogênique par excellence, c’est -à-dire qu’il prête à toutes sortes de développements imaginatifs et légendaires. On sait du reste par le commentaire de Sâyana qu’il tenait une grande place dans la liturgie, et la tradition brahmanique en a tiré toute une légende sur laquelle nous reviendrons.

Plusieurs vers pouvaient trouver des applications précises dans le rituel, et par conséquent convenaient fort bien à F Atharva- Véda. En répandant les libations et les offrandes, le prêtre modelait pour ainsi dire l'une après l’autre les formes de Süryâ; par une sorte d’œuvre magique ilanthropomorphisait la libation et la parait de toutes les séductions pour qu’elle devînt la digne épouse des dieux : tel Zeus créant Pandore avec l’aide des déesses. Chaque offrande, chaque hymne ajoute une perfection au corps de la jeune femme, un détail à sa toilette. Les chants tissent son habit ; le feu crépitant semble le coussin sur lequel elle repose, et les tlammes éclatantes deviennent les onguents dont elle est parfumée. Les ornements de sa tête sont formés par les hymnes, et une prière spéciale produit la tresse qui lie ses cheveux.

Tel est le sens des emprunts faits par l’Atharva-Véda à l’hymne qui porte dans le Rig le numéro 911.

« Les hymnes ont été les ornements de sa chevelure ; le chant Kurîra a été la tresse; les Açvins ont enveloppé Süryâ ; Agni a marché devant elle. » (A. V. XIV. 1.8. — R. V. 911.8.)

Le vers suivant, qui ne se trouve pas dans le Rig, est en quelque sorte un commentaire de celui-ci :

« Brihaspati a disposé le premier la chevelure sur la tête de Süryâ. Par lui, Açvins, nous faisons briller cette femme pour son maître. »

Brihaspati, le seigneur de la prière, représente Agni qui par ses crépitements profère les hymnes, et c’est lui qui couronne la libation ou la tille de Sürya d’une chevelure de flamme. Raconter que Brihaspati arrange la coiffure de Süryâ, c’est dire que le feu enflamme la libation et la rend brillante, ainsi que l’exprime en propres termes la seconde partie du vers : elle est à double entente, car elle peut s’appliquer, dans la cérémonie du mariage, à une fiancée quelconque, dont les brillantes qualités sont mises en lumière et pour ainsi dire garanties par la vertu du sacrifice.

Quand la jeune fille a été parée et coiffée par ses compagnes, elle est prête à être conduite dans la maison de l’époux. Les amis de celui-ci viennent alors la chercher ; ils l’enlèvent et l’accompagnent jusqu’à la demeure nuptiale. Ces symboles transparents du rapt primitif s’accordaient merveilleusement avec les passages des hymnes d’après lesquels la fille de Sürya était emportée sur le char des Açvins vers les parties supérieures de l’air, demeure des devas. Ainsi se sont formés les rites religieux du mariage.

Le Rig-Veda raconte que les Açvins sont fils de Saranyû, appelée aussi Açvinî. Ce mythe se retrouve dans l’Atharva (1). Une autre légende commune aux deux recueils (2) est celle de l’Asura Namuci, dont Indra triomphe avec l’aide des Açvins.

Certains vers, obscurs dans le Rig, semblent mieux à leur place dans l’Atharva :

« Le dieu [Indra] est excité par ces flammes éclatantes, par

Il A . V. 18. 2. 33= R. V. 843. 2.

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