‹ L'evolution d'un mythe; Açvins et DioscuresChapitre 31 sur 53 · LÉGENDES SUR L ORIGINE DES AÇVINS · texte numérisé non relu

LÉGENDES SUR L ORIGINE DES AÇVINS

Toutes ces légendes sont tirées presque directement des

(I) Il grandit en douze jours comme un enfant de douze ans, en buvant le lait que distillent les doigts d'Indra, ce qui revient à dire qu’Agni, à peine né, est déjà vigoureux. Le nombre douze est une variante du nombre dix. L'emploi plus fréquent de ce dernier tient peut-être à ce qu'on l'interprète commodément par dix mois, lorsqu’il s'agit de la naissance d'Agni, comparée à une naissance humaine. Nous avons vu les Açvins déterrer l’or enfoui au bout de dix jours, et au bout de dix mois tirer enfant du sein de la mère. Dans la mythologie grecque, Héphaestos est nourri neuf années par Thétys et Eurvnomê, nymphes de la mer.

L'KVOLUTION D’UN MYTHE

hymnes védiques : quelquefois les noms propres sont changés, mais, leur signification restée la même, indique bien le sens du mythe. Dans le Rig, la Ruisselante s’unit au Brillant, Saranyû épouse Vivasvat, et de ce mariage naissent les Açvins (843. 1,2). Le Mahâbhârata raconte que Tvastrî devint femme du Soleil et mère des Açvins ; mais la Saranyû de l’hymne védique est aussi fille de Tvastar, et Vivasvat est un des mille noms de l’astre du jour. Cette légende est complétée par un détail assez extraordinaire : la déesse prit la forme d’une cavale, lorsqu’elle conçut et mit au monde les deux jumeaux. Le nom même des Açvins justifie cette métamorphose, qui s’explique encore parle commentaire deSâyana, où il est dit que la mère des Açvins était appelée Açvinî (1). Du reste, les animaux mythiques, surtout les vaches et les taureaux, les chevaux et les cavales, se substituent aisément aux dieux eux-mêmes, auxquels ils sont identiques par leurs origines profondes. Dans la mythologie posté rieure, ces confusions deviennent le point de départ d’aventures étranges. Ainsi, en Grèce, Zeus prend la forme d’un taureau pour enlever Europe ; Pasiphaé, fille du Soleil, se soumet au rut d’un taureau divin ; Zeus aime une vache, dont la forme cache une nymphe, la malheureuse Io, poursuivie par la jalousie de Héra.

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