KALI
De Cyavâna on peut rapprocher Kali et Vipra ; ces deux noms se trouvent réunis dans un même passage, où l’un sert d’épithète à l’autre, ce qui montre bien la valeur de ce genre d’appellations (865, 8). Kali, que Grassmann rapporte à une racine *Kal, *Kval, « envelopper », « enfermer », peut venir aussi de la racine Kal, « pousser » ; le sens de ce mot est dès lors sensiblement le môme que celui de Cyavâna. La légende de Kali est aussi toute pareille; elle est tirée de deux images du R.-V. ;
« C’est vous, Açvins, qui à Kali l’agité, lorsqu’il atteignait la vieillesse, avez donné de nouveau une jeune force » (865.8). Ailleurs (112. 15), il est question des réconforts dont les Açvins ont aidé Kali, lorsqu’il eut trouvé une femme.
Si l’on fait de Kali un Risi ou tout autre personnage mythique, il sera bien difficile d’expliquer le passage du R. V. où ce mot est au pluriel (1). Le poète s’adresse ici, non pas seulement à l’Agni qui est en train de naître, mais aux Agnis des jours suivants, qu’il rassure en quelque sorte sur leur existence
(I) Grassmann traduit : «Le» descendant» de Kali ». Voir Wôrterbuch zum R. V. art. Kali (R. V. 075. i5.) (éd. Aufrecht, 686.15.)
LA NATURE ET LE ROLE DES AÇVINS
future. « Que le Soma soit versé ! O Kalis, n’ayez pas peur ! » Car, pour le sacrificateur, tous les Agnis, s’engendrant les uns les autres, sont en germe dans les cendres du foyer; ou bien encore son exclamation n’est qu’une façon toute simple et primitive de généraliser presque inconsciemment l’idée du feu, de s’adresser à Agni en tant que personnification des flammes.