LES DIOSCURES ITALIENS
Les Dioscures dans l’Art étrusque
Les Romains, qui avaient trouvé les Dioscures chez les habitants de la Grande-Grèce, les avaient rencontrés aussi dans la mythologie Etrusque ; et les œuvres d’art de l’étrurie avaient rendu familières à leurs yeux les représentations de Kastor et de Polydeukès (1).
De même que les monnaies romaines nous offrent constamment l’image des deux cavaliers du lac Régille, ainsi les miroirs étrusques nous présentent sans cesse les Dioscures, mais avec une grande variété de gestes et d’attributs. Il vaut donc la peine de s’arrêter un peu pour les examiner.
Ces miroirs ne datent que du m° siècle avant l’ère chrétienne, et ils appartiennent, au point de vue de l’histoire de l’Art, à la
1) La forme latine Pollux vient du grec IIoÀvÔEvxr,; par l’intermédiaire de l'étrusque. Par la chute de Pu et l'assimilation du d on a eu Polleukes, Polloces. Polluces (Plaut. llacch. IV. 58). Pollux, cf. <l>gpatçivr„ Pliersipnai.
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fin de l’époque que M. Martha (1) appelle la période Etrusco- Campanienne. A ce moment l’Etrurie subit l’action de la Grande- Grèce : « Celle-ci introduit dans l’Italie centrale des industries nouvelles, celles des cistes et des miroirs gravés Elle y intro-
duit surtout un style nouveau, où prédominent les sujets mythologiques. »
Les graveurs de cette époque semblent se complaire dans la représentation des Dioscures ; or, ils copient des types grecs; mais les exemplaires qui leur servent de modèles représentent eux-mêmes une tradition artistique dont les origines remontent loin. Leurs œuvres sont donc pour nousune sourced’informations précieuses.
Sur les miroirs (2). les Dioscures sont souvent en relation avec les Cabires, exactement comme en Grèce. Ces rapports s’expliquent, dit M. Maurice Albert, « parce qu’ils sont, comme eux, la personnification du feu sous ses différentes formes». Castor et Pollux sont toujours représentés de chaque côté du miroir, se faisant face l’un à l’autre, et souvent une main tendue comme pour se réunir. La courbe de leurs corps, du talon à la coiffure, suit le bord du miroir ; peut-être imite-t-ellc ainsi les volutes de la flamme ; quelquefois l’artiste a figuré du feu à la partie inférieure du miroir. Du reste, l’attitude des deux dieux est celle de personnages prêts à s’élever en l’air ; ils s’appuient en général sur la pointe d’un pied, l’autre jambe soulevée complètement. Ilsdonnent ainsi, lorsqu’ils sont représentés seuls, l’image d’un mouvement onduleux, pareil à celui de la flamme. Quand d’autres figures occupent la partie centrale du miroir, les Dioscures, qui les regardent de chaque côté, donnent l'impression de dieux protecteurs. Ils sont ainsi les paranymphes d’un couple enlacé, et c’est le rôle que nous avons vu jouer aux Açvins danscertains hymnes du R.-V. Ailleurs une figure de femme se
(1) J. Martha, art. Etkusci dans Dar. et Sag. (partie romaine).
(2) Tous ces renseignements sont empruntés aux Etrusk Spiegel de Gerhard.
dresse entre eux: telle Usas montant sur le char des Nâsatyâs. Ou bien encore c’est quelque Agni qui s’envole, et dont le mou vement esquissé par les Dioseures semble favoriser l’ascension.
Telles sont les images indéfiniment répétées sur les miroirs ( 1 ): elles concordent d’une façon singulière avec les premières conceptions des Grecs ou des Hindous sur le mythe des Dioseures. Les emblèmes qui les accompagnent ne sont pas moins significatifs.
Ils sont souvent représentés avec des ailes, comme sur beaucoup de monnaies romaines; ou bien ils sont accompagnés d’un oiseau symbolique, la chouette d’Athéna, dont les yeux brillants percent les ténèbres, ou le cygne au blanc plumage, qui traîne parfois leur char dans les hymnes védiques. Leur caractère de dieux rapides, fréquemment exprimé par certaines épithètes des Açvins, est marqué ici par différentes figures d’animaux, un chien, un cheval, un cerf. Dans plusieurs miroirs, on leur donne comme attribut une amphore ; ce vase, qui sans doute contient la libation, rappelle les dieux verseurs du Rig-Véda, auxquels les poètes demandent dans leurs invocations de faire ruisseler le doux liquide. Ailleurs enfin on trouve des emblèmes de leur na ture ignée: à côté d’eux est un candélabre, et fréquemment une étoile brille sur leur front. Ce dernier symbole est resté classique : il reparaît sans cesse sur les monnaies grecques ou romaines.
(1) Gerhard, ét. Sp.
Fig. XLII à LIV. 2 personnages, généralement ailés, qui s'envolent.
CXXXVJII. Les Dioseures semblent aider un 3<-- personnage à s'élever en l'air.
XXI et XLII. Un personnage ailé s'envole entre les 2 Dioseures.
CLXXII — I.V à LX. Les Dioseures avec un 3e pers. Attitudes diverses. CGV1I — CG VIII — CCIX — CCXXVIII. Les Dioseures, soit avec Minerve, soit avec Vénus.
CCLXX1V... avec Libéra.
cf. Les Dioseures avec une femme, 284 et 285, avec Hélène, CC1I — CCI IL CCGLXXX — GGIV. Hélène et Vénus avec les Dioseures.
CCI. Mcuélaset Hélène enlacés et entourés des Dioseures, cf. CCCLXXI1I. GCV. Ménélas est remplacé par Paris.