De Foville, op. cit., p
sans cesse croissant du bail de la ferme générale des postes. De 1.200.000 livres en 1676, le prix en était passé au quadruple en 1750 (4.801.500), à 10.400.000 en 1776 et à 12 millions en 1786, dix fois plus qu'un siècle auparavant, et trois fois plus qu'en 1750. Cette brusque progression reflète tout le chemin parcouru dans la deuxième moitié du xviii® siècle. En 1771 la poste possédait déjà 3.000 relais et 12.000 agents. Elle distribuait annuellement 30 millions de lettres et mettait la France en relations postales avec l'Europe entière et le Levant. Elle avait profité, pour la célérité de ses opérations, de toutes les améliorations apportées à la technique des transports.
Ce n'est pas à dire que le prix du port des correspondances eût baissé, au contraire. Proportionné à la distance, il variait, dans le royaume en 1759, de 5 sols pour les parcours de moins de 20 lieues à 15 sols pour ceux de 150 à 200 lieues. Pour l'étranger, le port d'une lettre coûtait 13 sols de France en Belgique, 13 à 15 sols de Lyon en Lombardie, 17 à 21 sols pour l'Allemagne, 21 sols pour l'Angleterre, Dans Paris même, grâce à la petite poste, initiatrice de l'affranchissement préalable obligatoire, la correspondance circulait pour deux sols. En Angleterre, les tarifs ne s'étaient pas moins élevés. Ils avaient doublé de 1711 à 1796 : 8 pence de Londres à Chester contre 4 pence. De Londres à Edimbourg le prix était de 14 pence (1 fr. 40) et, à la veille de la réforme de Rowland Hill, on calculait que le coût moyen des correspondances qui passaient par le Postofïice était de 75 centimes. En Allemagne, en plein xix^ siècle, l'envoi d'une lettre de Francfort-sur-le- Main à Berlin coûtait encore 1 franc.
Période d'expansion des communications intérieures
et internationales, le xvine siècle, surtout dans la dernière partie de son cours, avait accompli une œuvre remarquable et raccourci considérablement les distances qui séparaient les villes et les nations. Progrès dans la technique de la construction navale; continuation ou inauguration d'une politique de canaux et d'amélioration des voies navigables intérieures ; dans le domaine des communications terrestres : perfectionnement des procédés de construction des chaussées, organisation systématique des réseaux routiers, sous l'empire de considérations stratégiques ou économiques, étabhssements de services postaux, de messageries et de voitures publiques à départs réguliers, abaissement et fixation des tarifs, tels sont les progrès partout réalisés de 1750 à 1800. Sans doute n'ont-ils rien révolutionné, puisqu'ils se bornaient à perfectionner l'outillage existant. Il faudra l'utilisation de nouvelles forces jusque-là réservées aux expériences de laboratoire pour donner aux transports un essor inouï, mais qu'ils devront attendre plus de cinquante ans. Dans cet intervalle, l'industrie des transports vivra sur l'acquis, à peine modifié, du xviii^ siècle.
A CONSULTER
RoMME (Charles). — Dictionnaire de la marine française, { vol. avec figures. Paris, Barrois, 1792.
Paris (Ed.). — Le musée de marine au Louvre. Paris, 1882, in-f°.
FoNViELLE (W. de). — Nuoires célèbres. Paris, 1890.
Artaud (A.). — Un armateur marseillais au XYIIl"^ siècle. Paris
QuESNEL (G.). — Histoire maritime de la France depuis Colbert. Paris. 1894.
UzANNE (0.). — La locomotion à travers l'histoire, 1900, sr. in-8°.
54 LE COMMERCE A LA FIN DE l'aNCIEN RÉGIME
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