‹ L'évolution de commerce, du crédit, et des transports depuis cent cinquante ans;Chapitre 37 sur 109 · I. — La liberté du commerce intérieur · texte numérisé non relu

I. — La liberté du commerce intérieur

Les cahiers de 1789 sont, pour la France, l'occasion d'affirmer, une fois de plus, le besoin d'unité douanière, de rappeler au Roi les promesses faites à l'Assemblée des Notables de 1787 et de réclamer une réforme entravée jusque là par l'égoïsme régional. Outre les gênes pour le commerce de la multiplicité des bureaux intérieurs, la complexité des droits qui y sont perçus, l'obscurité et l'arbitraire des différents tarifs particuliers, l'application injuste de certaines taxes dans des territoires qui n'y sont pas soumis ; outre cette organisation inextricable et chaotique qui faisait dire à Necker : « On est vraiment effrayé, en s'enfonçant dans l'étude des droits de traite, lorsqu'on découvre leur nombre et leur diversité ; aussi, cette législation est-elle tellement embrouillée qu'à peine un ou deux hommes par génération viennent à bout d'en posséder entièrement la science ^ » ; outre ces inconvénients partout signalés, la raison la plus fréquemment invoquée est celle de l'unité nationale, de la solidarité de toutes les provinces réunies sous un même prince, de la contradiction absurde entre l'unité politique et la diversité économique. Parmi les plus belles pages des Cahiers figurent celles où se trouvent proclamées ces vérités élémentaires, empreintes d'un ardent patriotisme et d'un loyalisme éclairé ^ Il n'est pas

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