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V. — L'administration commerciale et les expositions

Rénovée par la présence à sa tête d'hommes de valeur qui contribuent à l'émancipation commerciale, l'administration prend l'initiative d'œuvres dont le xix^ siècle consacrera le principe et l'utilité. Alors apparaissent pour la première fois les Expositions industrielles qui remplacent dans une large mesure les anciennes foires et permettent de synthétiser, en une vaste leçon de choses, les progrès accomplis par les industriels nationaux, ouvrent au commerce des débouchés nouveaux par la mise en relations des producteurs et des négociants, provoquent l'émulation et facilitent la divulgation des

no LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE

progrès. La priorité n'en revient pas à la France. La première exposition industrielle d'Europe se tint en effet à Prague, en 1791. Mais en 1798, pour encourager les fabricants et donner confiance aux capitaux en voie de reconstitution après l'agitation révolutionnaire et aux usines renaissantes, F. de Neufchâteau, ministre de l'Intérieur, décrétait une Exposition des produits de l'industrie, accompagnant sa décision d'une intéressante circulaire. Le 17 septembre 1798, anniversaire de la République, s'ouvrait au Champ -de-Mars une galerie carrée composée d'arcades, au milieu de laquelle se dressait un temple de l'Industrie. 110 exposants y participaient obtenant 32 récompenses. En l'an IX, 229 exposants, sur lesquels la moitié étaient primés, se réunissaient aux portiques adossés aux façades du Palais du Louvre. Renouvelée en l'an X, la série des expositions fut sagement interrompue pour se trouver espacée sur de plus longs intervalles. La dernière de l'Empire eut lieu en 1806 sur l'Esplanade des Invalides. La Restauration eut au Palais du Louvre ses trois expositions de 1819, 1823, 1827 ; la Monarchie de Juillet, celle de 1834 à la Place de la Concorde, dont Charles Dupin était le rapporteur et parmi les 1.785 lauréats de laquelle figurait l'ingénieur Lebon qui venait d'ériger l'obélisque de Louqsor, puis celles de 1839 et 1844 dans le Carré des Champs-Elysées.

La fin du xviii^ siècle et le début du xix^ marquent ainsi toute la différence qui les séparent des siècles passés. A l'ancienne routine, à l'économie régionale fermée, enserrée, à l'industrie réglementée, au commerce entravé, succédait la libre émulation des fabricants et des négociants voyant devant eux s'ouvrir les débouchés, concourant tous à la prospérité économique du pays, encouragés dans cette voie par un gouvernement qui comprenait que, de la liberté commerciale — au

moins à l'intérieur — pouvait résulter pour lui la richesse sans laquelle il n'est pas de pays puissant.

A CONSULTER

Levasseur. — Histoire du commerce de la France, t. II.

Noël (0.). — Histoire du commerce, 2^ vol.

GiBBiNS (H. deB.). — Economie and industrial Progrès» ofthecentury.

CuNNixGHAM. — Groivth of Euglish industry ami commerce.

ScHMOLLER. — Principes, t. V.

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