I. — La navigation maritime
Devenus maîtres de leurs destinées, les Américains du nord ont généreusement payé leur dette envers le vieux continent, et la navigation maritime du siècle dernier leur est redevable de ses premiers grands progrès. C'est à leur école que les constructeurs européens ont été chercher des leçons d'innovation hardie. C'est sur un fleuve américain que le moteur mécanique appliqué à la navigation reçoit sa première consécration. C'est enfin grâce aux travaux d'un citoyen des Etats-Unis^ le capitaine Maury, que les itinéraires marins perdent leur caractère capricieux et ondoyant pour devenir réguliers et presque invariables. Véhicules, moteurs, voie, dans chacun de ces domaines, la contribution américaine est capitale, fait qui n'a rien pour surprendre quand on songe au merveilleux réseau navigable : fleuves et lacs des Etats-Unis et à leur besoin de relations constantes et régulières avec le vieux monde. Logiquement, l'étude des progrès accomplis dans la connaissance de la voie maritime devrait précéder l'étude des progrès des moteurs et des navires. Chronologiquement cependant, les derniers sont antérieurs aux premiers qu'ils conditionnent. Aussi les examinerons-nous tout d'abord.