‹ L'évolution de commerce, du crédit, et des transports depuis cent cinquante ans;Chapitre 60 sur 109 · Les tarifs · texte numérisé non relu

Les tarifs

Au point de vue économique, à ces avantages déjà considérables de régularité et de rapidité venait s'en ajouter un autre qui en était comme la résultante ou l'expression : l'abaissement des tarifs, — tarifs de voyageurs, tarifs de marchandises. La place en diligence ou en malle-poste, — en tenant compte des différences qui séparaient les voyageurs de la rotonde de ceux du coupé ou de l'impériale, — ressortait à une moyenne de 14 centimes au kilomètre en France et aux Etats-Unis, à Z5 centimes en Angleterre. Quant aux voyageurs des trains de grande ligne ou de banlieue, aux touristes munis de billets de plaisir ou aux ouvriers circulant à tarif réduit, déjà, aux environs de 1875, la recette moyenne par tête en était tombée à 6 centimes et demi, impôt compris. De la sorte, le tarif moyen diminuait de plus de moitié en France et en Amérique et de près des trois quarts dans le Royaume-Uni.

Pour les marchandises, la différence était plus sensible encore et plus intéressante. Malgré ses variations presque quotidiennes, le roulage, au milieu du xix^ siècle, revenait à une moyenne de 25 centimes par tonne kilométrique en France et oscillait entre ce minimum et un maximum de 1 franc sur certaines grandes voies de l'Europe centrale. Au lieu de ces prix variables et peu sûrs, à la merci d'une brusque augmentation de trafic, provoquée par une disette soudaine, ou d'une chute non moins désastreuse pour les voituriers, les marchandises voyageaient en chemin de fer, dès 1831, à un prix moyen de 16 centimes par tonne kilométrique, de 12,6 centimes en 1835, puis de 6 centimes vers 1880, et à une vitesse au

TRANSFORMATKlN DES CONDITIONS 31ATKI\I KLLKS 2IH

moins égale à celle du roulage accéléré dont les prix étaient quatre fois plus élevés. Les Etats-Unis et certains pays européens, la Belgique et l'Allemagne, abaissaient ce tarif à 3 centimes, voire même à 2 centimes. En un mot, aux progrès énormes, aux économies indirectes et inappréciables résultant pour les voyageurs et les marchandises de l'abréviation des voyages, s'ajoutait une économie des deux tiers ou des trois quarts dans les tarifs seuls des transports.

Page 1