V. — Les transports de la pensée
l. — La poste et le télégraphe
En rétrécissant progressivement les pays et le globe par le rapprochement de leurs habitants, l'accélération des transports n'avait pas seulement bénéficié aux hommes et aux marchandises, dont le déplacement et l'échange devenaient plus commodes, plus rapides et moins dispendieux. Les correspondances, expression écrite de la pensée humaine, allant porter au loin les nouvelles des absents, les journaux périodiques, organes d'information des peuples sans cesse plus avides de connaître les événements, les imprimés de toute espèce, les échantillons commerciaux de plus en plus répandus étaient les premiers à profiter de l'amélioration des voies de communication, voire même à les provoquer. N'est-ce pas en effet dans le but d'assurer la prompte transmission des ordres des Gouvernements que les Romains, avec leur cursus publicus, Louis XI, avec ses maîtrescoureurs royaux, avaient organisé un service régulier de transport des nouvelles ? N'est-ce point la poste qui la première accélérait les communications et voiturait lettres, paquets et journaux, au train de 4 lieues à l'heure dans des malles légères, aux fréquents relais, pour lesquelles les quelques voyageurs, incommodément installés, ne constituaient qu'un appoint ? N'est-ce point enfin jusqu'à ce jour à la seule propagation des nouvelles courant le long des fils aériens, des câbles sous-marins ou portées sur les ondes impondérables de l'éther qu'a été réservée la télégraphie sous ses multiples aspects ? Si les êtres et les choses sont limités dans leurs déplacements par la nature matérielle de leur constitution, la pensée immatérielle franchit, comme un éclair, les mers et les continents, et, dans cette voie, le progrès paraît perpétuel, sans autres bornes que la capacité matérielle des appareils de transmission.
Deux étapes marquent au xix" siècle les progrès du transport de la pensée : 1° Les correspondances profitent de l'accélération et de la régularisation des transports en général dont elles empruntent la voie : le délai qui sépare leur départ de leur remise au destinataire devient de plus en plus bref. Et si, comme les personnes, elles voyagent plus vite, comme elles aussi et surtout comme les marchandises, elles voyagent à meilleur marché, de sorte que le mouvement circulatoire des correspondances de tout genre va s'accentuant tous les jours. Mais 2°, dès le milieu du xix^ siècle, l'application de l'électricité au transport de la pensée produit dans les relations humaines une révolution au moins aussi grande, au point de vue économique et social, que l'application de la vapeur à la locomotion terrestre et maritime. Elle réalise ce prodige, non plus seulement de raccourcir, dans le temps, la distance, mais de la supprimer par l'instantanéité de ses manifestations et, objet de luxe au début, nécessitant des frais énormes, elle ne tarde pas, comme la poste même, à réduire ses tarifs tout en augmentant le champ de son activité et en accélérant encore la rapidité de ses transmissions.
Comme les transports en général, les progrès de la poste sont en fonction de divers éléments : 1° la diminution de la durée des parcours ; 2» la diminution de leur coût ; 3^ la diminution de la durée des opérations postales et du délai qui sépare la remise d'un objet de sa délivrance au destinataire.
Quant au premier, on peut se borner à un renvoi à l'étude des progrès réalisés, au cours des temps, en matière de locomotion. Les correspondances empruntent en effet les divers véhicules : vaisseaux fendant les mers, porteurs agiles, cavaliers rapides, voitures légères courant le long des pistes à peine tracées ou des routes scientifiquement construites, trains dévorant l'espace à une allure vertigineuse, voire même balîons ou pigeons
220 LE MIIJRU DU DIX-NEUMKMR SIÈCLE
voyageurs. En une vingtaine d'années, de 1834 à 1854, la durée du parcours des lettres avait diminué dans la proportion de la moitié aux quatre cinquièmes, selon les distances. De Paris à Marseille, le trajet qui nécessitait quatre-vingts heures en 1834 n'en demandait plus que trente-huit en 1854 et de Paris à Lille le train mettait cinq heures, au lieu des vingt-deux de la malle-poste.
Pour les tarifs du port des lettres, journaux et paquets postaux, jusque fort avant dans le xix^ siècle, ils restèrent proportionnels à la distance et fixés par zones. En France, à la chute de l'Empire et après les vicissitudes des tarifs postaux au cours de la période révolutionnaire, pour une simple lettre de 7 grammes et demi, il fallait acquitter une taxe allant de 0 fr. 20 pour la première zone d'un rayon de 40 kilomètres à 1 fr. 20 audessus de 900, ce qui mettait le port d'une épître à 0 fr. 20 pour Versailles, 0 fr. 80 pour Lyon et 1 fr. 10 pour Marseille. Encore, la France était-elle relativement favorisée à cet égard, puisque le tarif anglais de 1812 fixait à 0 fr. 40 le transport des lettres au-dessous de 15 milles, à 0 fr. 90 de 80 à 120 milles et à 1 fr. 10 au delà de 120 milles.
C'est de ce pays, il est vrai, que partit le mouvement de réforme postale, appelée à battre en brèche le caractère archaïque d'une telle législation. En 1840, l'initiative de Rowland-Hill, le génial chef d'institution, eut raison d'un régime suranné. Il démontra l'insignifiance des frais dépendant de la distance, dans le total des dépenses de l'administration postale, et, d'un bout à l'autre du Royaume-Uni, une lettre put désormais voyager au taux unique d'un modeste penny au lieu d'acquitter, comme auparavant, une moyenne de 0 fr. 75. La France mit quelque temps à imiter sa voisine. Il fallut y attendre la Révolution de 1848 pour voir proclamer, parla loi des 24-30 aotit 1848, l'uniformité de la taxe d'abord de 0 fr. 20, puis de 0 ff. 25 (1850) pour
toute lettre de 7 grammes et demi, circulant à l'intérieur de bureau à bureau. Du même coup se trouvait introduit l'usage du timbre-poste, facilitant les opérations postales et auquel la loi de 1854 donna une prime en frappant d'une surtaxe les correspondances non préalablement affranchies. Réduite de nouveau à 0 fr. 20, la taxe resta fixée à ce taux jusqu'à la fin du Second Empire. En dehors de certains pays qui nous avaient précédés dans cette voie, les autres ne tardaient pas à nous suivre, et l'œuvre devait recevoir son couronnement le jour où, unies dans une entente universelle, les nations soumirent toutes les lettres au tarif uniforme de 0 fr. 25 par 15 grammes, puis par 20 grammes, d'un bout du monde à l'autre (1875). De ce fait, la taxe des lettres de France à l'étranger qui variait en 1833 de 0 fr. 70 à 3 fr. 10 se trouvait abaissée dans la proportion de 65 à 90 p. 100.
La rapidité des opérations postales : acheminement et distribution, dépend aussi du nombre des organes chargés de l'assurer et, là encore, le xix^ siècle marcha à pas aussi prompts qu'immenses. En 1830, dans le royaume de France, 35.000 communes sur 37.000 étaient dépourvues de bureaux de poste et n'étaient desservies que par intermittence. En 1882, le nombre des bureaux approchait de 7.000 avec une armée de 51.000 employés, tandis que la Grande-Bretagne possédait 15.000 offices et 85.000 agents, l'Allemagne 12.000 bureaux et 75.000 postiers, l'Autriche 4.000 stations occupant 15.000 personnes, l'Italie 3.500 bureaux et 16.000 postiers, les Etats-Unis 46.000 bureaux, contre 8.000 en 1830 et 900 seulement en 1800.
Ajouter maintenant que le nombre des correspondances n'a cessé de s'accroître, à mesure que s'abaissaient les tarifs, semble un truisme. En Angleterre, en un an, la réforme de Rowland-Hill double le chiffre des relations épistolaires : 170 millions en 1840, contre 76 en 1839. La moyenne quinquennale suivante, 1841-1845, en
élève le taux à 227 millions et depuis la progression est régulière et quasi-uniforme : 410 millions en 1851-1855; 648 en 1861-1864; 926 millions en 1871-1875 et 1 milliard 300 millions en 1881-1885, soit 40 lettres par habitant. En France, les 64 millions de lettres et les 40 millions de papiers, journaux et objets transportés en 1830 ont déjà grossi d'un tiers en 1840 : 94 et 53 millions, pour tripler presque en 1842 : 182 millions et 95 millions; quintupler en 1862 : 285 millions et 202 millions ; et vingtupler en 1882 : 595 millions et 695 millions, soit en moyenne 16 lettres par habitant. Tout à Fentour de nos frontières se produisait le même phénomène. L'Espagne, qui n'expédiait que 15 millions de lettres en 1846, en envoyait 71 en 1880 (6 par habitant). L'Italie, dont le chiffre des correspondances n'était que de 112 millions en 1862, en mettait 276 millions en circulation en 1882 (7 par habitant). L'Allemagne unifiée, qui expédiait 339 millions de lettres en 1871, en envoyait le double en 1877 : 717 millions; l'Autriche voyait son chiffre de lettres passer de 42 milhons en 1850 à 399 en 1880, décuplant presque en trente ans. Seule, en Europe, la Russie n'avait encore en 1882 que 4.600 bureaux distribuant une lettre par habitant, cependant que la Suisse en délivrait 25, la Belgique et les Pays-Bas 18, et que dans le monde entier circulait le chiffre déjà énorme, mais destiné à grossir sans cesse, de 9 milhards de lettres et de cartes.
Quelque prompte que soit la transmission postale, elle se heurte à l'obstacle de la distance, constamment raccourcie, mais impossible à réduire à néant. La pensée, rapide comme l'éclair, et son expression à peine moins agile ne pouvaient se contenter de cette assimilation à la pure matière. Déjà au début du siècle elle était transférée à longue distance en un court espace de temps. Le télégraphe aérien, agitant ses longs bras de
hauteur en hauteur et franchissant en deux minutes les 60 lieues de Lille à Paris, informait les hommes de la Révolution des victoires de leurs armées et perpétuait le nom de ses inventeurs : les frères Ghappe. En dépit de son insuffisance, de son étroite subordination aux conditions atmosphériques et à la clarté diurne, cette télégraphie restait seule en usage jusqu'au milieu du siècle, et aujourd'hui même elle est employée dans les sémaphores côtiers. D'une propagation presque aussi instantanée que celle de la lumière, l'électricité ne devait pas tarder à jouer le rôle d'auxiliaire inappréciable de la correspondance en mettant à quelques secondes l'un de l'autre les points les plus éloignés du globe.
L'application de cette nouvelle force asservie à l'homme, quoique son essence même lui échappe encore, l'électricité, ne s'opéra d'ailleurs pas sans tâtonnements et sans expériences. Près d'un siècle sépare, en effet, la découverte faite par l'Ecossais Marshall, en 1753, du principe de communications télégraphiques à l'aide du fluide accumulé dans une bouteille de Leyde, et les brevets de Wheatstone, Alexandre, Steinheil et Morse pris la même année (1830). Dans l'intervalle, la découverte de la pile de Volta (1800), les expériences de Sœmmering, celles d'Œrstedt, dont date l'électro-magnétisme, et d'Ampère, constatant la force motrice du, courant voltaïque et proposant, en 1820, une combinaison basée sur la déviation des aiguilles aimantées par un courant, avaient facilité la tâche des inventeurs et favorisé les conceptions pratiques.
Simultanément, l'Angleterre avec Wheatstone, la Bavière avec Steinheil, l'Amérique avec Morse apportaient à la télégraphie les contributions qui lui manquaient. Le premier réduisait à 6 fils les 25 fils conducteurs autrefois nécessaires pour la transmission des 25 signes de l'alphabet, et surmontait l'obstacle de la distance et de la résistance au courant, en imaginant
les relais. Au second revenait un trait de génie : la suppression du fil de retour destiné à fermer le circuit électrique, par l'utilisation de la terre à cet effet, et la substitution d'un circuit unique aux multiples d'autrefois. Mais les appareils jusque-là employés n'étaient que de vrais dicteurs, n'enregistrant pas les dépêches. Morse allait doter le monde d'un télégraphe simple, à signes persistants, et destiné, malgré son faible rendement de 6 à 700 mots à l'heure, à demeurer encore aujourd'hui en usage. On en connaît le mécanisme : une molette, imbibée d'encre et soulevée par l'électro-aimant à chaque émission de courant, trace sur un rouleau de papier circulant devant elle les points et les signes do l'ingégénieux alphabet composé par l'inventeur.
Le principe découvert et appliqué, le progrès consista à en augmenter la puissance pour en rendre l'emploi économique par l'abaissement des prix et l'accroissement de la vitesse. Quant au prix, il offre ici un caractère particulier : il varie essentiellement en fonction de l'usage plus ou moins grand des installations nécessaires aux transmissions télégraphiques, — leurs frais fixes, en matériel et en personnel, étant, dans une large mesure, indépendants de l'emploi du fil. L'abaissement des tarifs devait donc s'opérer en raison sensiblement directe de l'augmentation du trafic jusqu'au minimum incompressible, plus vite atteint dans la circulation intérieure ou continentale que dans les transmissions transocéaniques ou transcontinentales.
En France, depuis la loi du 8 décembre 1850 qui mit le télégraphe électrique à la disposition du public, moyennant un droit fixe de 3 francs plus un droit proportionnel de 0 fr. 12 par myriamètre, pour une dépêche de un à vingt mots, le taux de transmission est tombé, par étapes successives, au tarif uniforme, pour toute la France continentale et nord-africaine, deO fr. 50 au minimum, plus une surtaxe de 0 fr, 05 par mot au-
dessus de 10. En moins de trente ans, la dépêche, objet de luxe qui coiJtait, en 1850, 13 fr. 85 de Paris à Marseille et dont la moyenne ressortait à 8 francs en 1851, ne payait plus que 0 fr. 50, ou 1 franc par vingt mots, soit une diminution de près de 93 p. 100, avec une moyenne de 1 fr. 34 par message. En Espagne, cette moyenne tombait de près de 40 francs en 1851, à 1 fr. 70 en 1880; en Belgique, elle passait de 6 fr. 80 en 1851 à 0 fr. 40 en 1880; en Suisse, de 1 fr. 80 en 1850, à 0 fr. 80 en 1870-1880 ; aux Etats-Unis de 5 fr. 30 en 1867 sur le réseau de la Western Union à 2 fr. 30 en 1880. Partout, en un mot, le prix moyen subissait une réduction sensible, que justifiait la courbe constamment ascendante du trafic télégraphique sur un réseau constamment agrandi. Les 160.000 kilomètres de fils télégraphiques qui couvraient le monde en 1858 — dont 77.000 en Europe et 56.000 aux Etats-Unis — étaient déjà 450.000 en 1870 (266 en Europe et 86 aux Etats- Unis). Les 3.500 bureaux d'Europe, reliés par 83.000 kilomètres de fil et qui transmettaient dans l'année 9 millions de messages avaient quadruplé en 1870 : 272.000 kilomètres, 13.400 bureaux, 39 millions de dépêches, et décuplé en vingt ans : en 1878, 34.000 bureaux expédiaient 90 millions de dépêches sur 504.000 kilomètres de fils. En France même, la progression était encore plus forte : de 1858 à 1880, les télégrammes se multipliaient dans la proportion de 1 à 34 : 460.000 à la première et près de 16.800.000 à la deuxième de ces dates.
Pour ce qui est de la vitesse, théoriquement dès le début, la télégraphie était parvenue à l'extrême limite de ce qu'on attendait d'elle : l'instantanéité du courant. Mais, en réalité, la rapidité des communications télégraphiques, comme de toutes les correspondances, se mesure au délai qui sépare le dépôt d'une dépêche de sa remise au destinataire. Or, ce , laps de temps est
NoGARO et Ol'Af.lD. 15
plus ou moins considérable suivant : 1° la capacité de transmission des appareils ; IP l'organisation administrative du service : la longueur du réseau, le nombre des bureaux et des agents mis à la disposition du public pour la réception et la délivrance des télégrammes.
Accroissement du rendement des appareils émetteurs et enregistreurs, meilleure utilisation des fils, à ces deux progrès se ramène toute l'évolution technique de la télégraphie. L'appareil Morse, à signes multiples, nécessitait plusieurs émissions de courant par lettre, et la double traduction des messages ; le télégraphe Hughes (1860) utilise les caractères ordinaires, imprime en langage clair, évite les traductions, forme une lettre par émission et possède une capacité moyenne de transmission triple de celle du Morse : 1,800 à 2.000 mots à l'heure. Wheatstone applique à la télégraphie les dispositions du métier Jacquart : il déroule devant ime molette une bande perforée, ouvrant et interrompant alternativement et automatiquement le courant aux deux bouts du fil, et obtient dès ses premiers essais une vitesse double de celle du Morse.
Sur la ligne autrefois incapable de servir à la fois à plus d'une communication, les travaux de Stearns (1868), renouvelés des expériences de Gintl (1853), permettent de lancer simultanément deux dépêches en sens inverse, grâce au dispositif du duplex. Puis, pour diminuer encore l'oisiveté des fils, on branche sur le même plusieurs appareils à transmissions multiples alternées, par le moyen du manipulateur Meyer. Dès 1872, de Paris à Lyon, les télégrammes s'échangent à la moyenne horaire de 3.000 mots qu'augmente encore Baudot (1874) en combinant le système de Meyer et de Hugues, tous deux gros économiseurs de temps. Après quoi, l'application du duplex au système Baudot en double le rendement et le porte à 7.000 mots à l'heure ; le quadruplex remplace le duplex. Enfin, la superposition de
transmissions indépendantes, à courant de nom contraire et d'intensité différente, permet une utilisation constante des lignes, avec triage instantané automatique des messages et un rendement triplé : 18 à 20.000 mots à l'heure. De 1870 à 1887, la vitesse maxima des transmissions télégraphiques a septuplé, passant de 80 à 600 mots à la minute !
Non contentes de courir le long des fils aériens de cuivre, puis de fer galvanisé, accrochés aux poteaux bordant nos routes ou enfouis sous le sol de nos villes, les dépêches franchissaient bientôt les mers dans des câbles, dont l'âme conductrice métallique était recouverte d'un revêtement isolant et protecteur de guttapercha. De 1850 date la première immersion du câble reliant la France à l'Angleterre, de 1857 l'union télégraphique des deux Frances méditerranéennes. En 1866 seulement, après diverses tentatives infructueuses dont celle restée célèbre du Great Eastern, léviathan de la mer, le Nouveau-Monde était rattaché à l'Ancien par un câble triplé, sextuplé et décuplé par la suite. Enfin, en 1872, l'Australie pouvait communiquer télégraphiquement avec la mère-patrie et l'Extrême-Orient avec l'Europe à laquelle il était resté si longtemps fermé. De Londres, tête de ligne des câbles anglais, rayonnait autour de la terre une longueur sans cesse accrue de câbles (315.000 kilomètres), sur laquelle se propageaient les nouvelles les plus diverses faisant frissonner le monde entier en une même commotion électrique.
Le deuxième tiers du xix^ siècle s'était donc à peine clos que l'univers, doté d'un réseau de voies maritimes et terrestres, aériennes et sous-marines, n'offrait plus qu'une ressemblance déjà lointaine avec le monde de son début. Le système circulatoire et le système nerveux
s'en étaient constitués avec leurs centres transmettant leurs ondes aux extrémités et en percevant les moindres répercussions. Le commerce était doté d'instruments puissants d'expansion dont il se hâtait de faire usage, d'autant plus qu'à la même époque, surla terre rapetissée, se multipliaient les conquêtes de la civilisation, s'ouvraient des régions jusque-là inaccessibles, se créaient des marchés jusqu'alors inexistants. Sur toutes les routes liquides, terrestres ou ferrées, sur les fils et les câbles, le mouvement des hommes, des marchandises, de la pensée et des nouvelles se multipliait, amplifiant démesurément les chiffres statistiques en lesquels s'exprime aujourd'hui l'activité humaine.
A CONSULTER
La bibliographie des transports est immense. Bornons-nous à citer :
FoviLLE (A. DE.). — La transformation des moyens de transport et ses conséquences économiques.
Gampredon. — Rôle économique et social des voies de communication. Paris, 1898.
CoLSON. — Transports et tarifs. Paris, 1898.
Colin (A.). — La navigation commerciale au XIX" siècle. Paris, 1900.
Picard (A.). — Le bilan d'un siècle. Paris, 1906, t. 11.
NoEL (0.). — Histoire du commerce, t. III.
^NoEL (0.). — Les chemins de fer en France et à l'étranger, 1887.
RaduiNZ (Karl). — 100 Jahre Dampschiffart (1807-1907) Rostock Volckmann, 1907.
Sax (E.) . — Transport und Kommunikationsivesen {Schônhev^. Handwôrterbuch dcr Politischen Œhonomie).
Thurston (R.-H.). — Histoire de la machine à vapeur. 2 vol. 3« éd. Paris, F. Alcan, 1888.
Schwiedland (E.). — Das Transportivesen. Leipzig. Manz, 1913.