‹ L'évolution de commerce, du crédit, et des transports depuis cent cinquante ans;Chapitre 81 sur 109 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE COMMERCE DE DÉTAIL Par W. OUALID

L La spécialisation.

IL La concentration et l'intégration. — 1 . Les grands magasins. — 2. Les établissements à succursales multiples. — 3. Les coopéi"atives de consommation. — 4. Le municipalisme.

De toutes les branches de commerce, il en est peu qui de nos jours attirent autant l'attention que le commerce de détail. Les raisons en sont multiples. C'est avec lui que la masse du public entretient le plus de rapports. Ce sont ses prix qui, pour la majorité des consommateurs, constituent les seuls qu'il connaisse. C'est lui qui, par son personnel de petits patrons et d'employés, forme le gros de la population active appartenant aux professions commerciales. C'est celui dont l'accès paraît le plus facile, depuis que la suppression universelle du régime corporatif en a librement ouvert les portes à tous, sans grand apprentissage technique. C'est enfin parmi ses représentants que se recrutent les membres les plus nombreux et les plus agissants des classes moyennes, dont la démocratisation croissante a fait une force électorale et politique redoutable. Aussi est-ce généralement le commerce de détail que l'on évoque comme l'exemple le plus frappant de la concentration capitaliste de notre époque. On se plaît à montrer le petit commerçant lâchant pied journellement devant le grand magasin, l'établissement à succursales multiples, la coopérative

de consommation ou les commerces municipalisés. Le fait est, d'ailleurs, qu'il illustre à merveille les grands principes directeurs de la vie économique moderne et que la spécialisation^ la concentration et V intégration s'y trouvent réunies, sans que ces tendances en apparence contradictoires s'excluent le moins du monde.

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