CHAPITRE II
LES TRANSPORTS Par W. OUALID
I. Les transports intérieurs. — 1. Les routes. Les transports urbains et l'automobilisme. — 2. Les voies ferrées. — 3. l^es voies navigables.
IL Les transports maritimes.
UL La navigation aérienne.
IV. Les transports de la pensée. — La presse. — Poste. Télégraphe. Téléphone.
L'enthousiasme des contemporains des chemins de fer, succédant aux sarcasmes et aux railleries qui en avaient accueilli l'idée, put faire croire un moment que le nouvel instrument de transport allait supplanter tous les autres. N'était-ce pas le temps où l'on songeait à combler les canaux et où l'on voyait déjà les routes désertées et abandonnées ? En réalité, — et il est devenu banal de le répéter, — la loi de superposition a eu là, une fois de plus, l'occasion de s'appliquer. Tout comme la machine, loin de détruire la main-d'œuvre, en accrut la valeur, les voies nouvelles augmentèrent l'utilité des anciennes, — les organes nouveaux de circulation créant ou accélérant la fonction circulatoire. Au lieu de se nuire, sauf quand ils sont en compétition trop directe, les divers moyens de locomotion se complètent ou se suppléent. Ils ne parviennent qu'à grand peine à satisfaire le besoin
de déplacement de l'homme. Aussi non content de perfectionner ceux déjà connus, en imagine-t-il sans cesse de plus parfaits. La surface terrestre, les ^^oies fluviales ou navigables, les océans et les mers conquis et sillonnés de véhicules de toutes espèces, c'est sous terre qu'on va chercher le moyen de décongestionner la circulation urbaine démesurément développée; c'est à hauteur des maisons qu'on fait courir des chemins de fer aériens, portés ou suspendus sur des rails; c'est enfin un nouvel élément, l'air, que le génie humain conquiert et ajoute aux voies dont il dispose. La rapidité. des chemins de fer, des navires à vapeur, l'instantanéité du transport de la pensée écrite par le télégraphe sont encore dépassées. C'est l'expression verbale même qu'on en transmet par le téléphone ; c'est aux ondes, dont l'essence nous échappe encore, mais dont on connaît admirablement les propriétés, que le télégraphe ou le téléphone sans fil confie la transmission des nouvelles, augmentant journellement sa portée, et demain sans doute la terre entière aura sa ceinture de voies aériennes comme elle a déjà son réseau de câbles sous-marins.
Aussi les dernières années du siècle passé et les premières du nôtre marquent-elles un prodigieux essor technique ou économique de tous les moyens de communication qu'elles développent ou voient naître : transports terrestres ou intérieurs, transports maritimes ou internationaux, navigation aérienne, transport de la pensée et des nouvelles par la poste, le télégraphe, le téléphone ou la presse.