‹ L'évolution de l'art dentaireChapitre 14 sur 133 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

En Angleterre, au xvm® siècle, le premier livre consacré à l’art dentaire est le « Traité sur les désordres des dents et des gencives », publié à Londres en 1770 et dû au dentiste duroi Georges III, Thomas Berdmore.

Il regarde la pose des dents artificielles isolées comme très utile par suite de l’appui qu’elles donnent aux dents voisines. Il se montre très sceptique à l’égard de la réimplantation. Il préfère, avant de mettre de l’or dans une dent, faire une ohtu-

ration provisoire avec du mastic ou toute autre composition du même genre. Il se livre à des expériences très complètes sur l’effet des acides sur la substance des dents.

Mais c’est sans contredit avec « l’Histoire naturelle des dents humaines et Traité pratique des maladies des dents », ouvrage publié en 1771 par John Hunter, que commence en Angleterre l’ère nouvelle de Tart dentaire. Son livre « Anatomie et physiologie des dents » devient classique et est traduit en plusieurs langues (1).

L’œuvre de Hunier est considérable, surtout au point de vue anatomique, et nulle part à cette époque on ne s’est autant occupé et avec autant de soin de l’anatomie des dents qu’en Angleterre.

Les HuxNter, les Blake, les Monroe Fox sont ceux envers lesquels l’art dentaire a le plus d’obligations.

Le <( Système de chirurgie » de Benjamin Bell, chirurgien d’Edimbourg (1783-1787), contemporain de Hlcster, contient dans le 3® volume une foule d’observations importantes pour la science odontologique.

En Angleterre, au xix® siècle, nous trouvons tout d’abord Fox, publiant en 1806 un livre intitulé : « Histoire et traitement des maladies des dents et des gencives. »

Mürphi, en 1811,publieà Londres une « Histoire naturelle des dents humaines avec un traité sur leurs maladies depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse. »

Parjily, en 1818, publie à Londres le « Guide pratique sur le moyen de conserver les dents, de prévenir et de guérir leurs maladies ». Cet ouvrage eut un certain succès. Par- MLY est un des premiers qui approuvèrent et employèrent les dents minérales délaissées à Londres, peu de temps après le voyage que Dubois de Chémant y fît pour y apporter sa nouvelle découverte.

(i) Voir Lemerle, notice sur l’Histoire de l’art dentaire.

John Fox publie, en 1821, T « Histoire du traitement des maladies des dents ».

Léonard Koecker (1785-1830), né à Brême, mais chirurgien-dentiste à Londres et à Paris, depuis 1822 jusqu’à sa mort, fît paraître en 1826 ses « Principes de chirurgie dentaire ». Son traitement de la pulpe repose sur des idées admises actuellement et trouve encore des partisans. Il recommande, avant de commencer à traiter une dent malade, de chercher d’abord à guérir les gencives si elles sont atteintes d’une affection quelconque.

Thomas Bell (1792-1880), professeur et directeur de la clinique dentaire aux hôpitaux Guy et Saint-Thomas, de Londres, en 1817, donna en 1828 son unique ouvrage d’odontologie : « Anatomie, physiologie et maladies des dents. »

Le chimiste Charles Bell compose, en 1819, un amalgame dentaire avec de petits copeaux d’argent et du mercure, dont l’emploi provoque de vives polémiques.

J. Mltiphy, en 1837, tente l’emploi du verre pour obturer les dents antérieures et remplacer l’amalgame, mais il ne réussit pas.

Edwin Trüemaxn, en 1851, cherche à introduire l’usage de la gutta-percha, sous le nom d’auroplastie dans la prothèse.

Joseph Barlixg, deMaidstone (comté de Kent), obtenait,en 1853, un précipité d’or cristallisé au moment même où Watt préparait son or-cristal aux États-Unis. Cette nouvelle préparation eut, à l’époque, un grand nombre de partisans.

James Robinson, né en 1816, mort accidentellement en 1862, chirurgien-dentiste au Metropolitan Hospital en 1834, fit paraître, en 1846,1a 2® édition de son « Traitement chirurgical, mécanique et médical des dents ». Il donne une théorie de la carie d’après laquelle les principes chimiques ont le même effet que les principes vitaux. Il a imaginé quelques appareils pour le redressement des dents.

Nasmith, membre du collège des chirurgiens de Londres, lut, le 5 décembre 1842, un mémoire sur la structure des dents; cet histologiste distingué a laissé son nom à la cuticule qui recouvre la couronne.

C'est en 1845 que parut ,en Angleterre,le premier journal dentaire « Forceps », qui n’eut qu’une existence éphémère.

Le cadre de cette étude ne nous permet pas d’étudier ici, comme cela le comporterait, l’œuvre de Tomes, puisque nous nous arrêterons à 1840. Mais nous ne voulons pas clore ce chapitre consacré à l’Angleterre sans citer au moins le nom de l’homme qui a le plus illustré Tart dentaire moderne, un nom illustre entre tous qui domine pour nous l’histoire de ce siècle, celui d’un homme qui, comme Facchard, unissait les préoccupations scientifiques et techniques au dévouement professionnel : celui de John Tomes, aussi célèbre par ses travaux sur l’ivoire et la fibrille dentaire et son ouvrage classique de chirurgie dentaire que par son invention du davier moderne. Sir John Tomes symbolise le chirurgien-dentiste du XIX® siècle, comme Facchard celui du xviii®.

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