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ALLEMAGNE ET AUTRICHE

En Allemagne, auxvm® siècle, on a beaucoup écrit sur les dents et leurs maladies. Au début, nous y trouvons les mêmes idées et les mêmes erreurs qu’en Angleterre et en France. Il faut arriver à la fin de ce siècle pour voir se dégager quelque originalité des opinions de chaque auteur.

En 1704, paraît une « Dissertation sur les dents » par Crause, d’Iéna; puis en 1714 une autre par Hoffmann.

En 1717, paraît un ouvrage intitulé « le Praticien adroit pour ouvrir la veine et arracher les dents » par Cron.

En 1738, une « Dissertation sur la seconde dentition», par Ungebaur, de Leipzig.

Lorenz Heister, de Francfort-sur-le-Main (1683-1758), professeur de chirurgie à Helmstadt, examine à fond le rôle du chirurgien-dentiste.

A Berlin, en 1756, paraît un « Traité sur les dents humaines et leurs maladies », dû à Philippe Pfaff, chirurgiendentiste célèbre, qui, croyons-nous, a le premier l’idée de prendre une empreinte de la bouche et de mouler des modèles en plâtre pour faire des dents artificielles (1).

A. Bbunner (1766) signale les avantages de l’or comme matière obturatrice et pose des dents artificielles dans lesquelles il visse un pivot s’emboîtant dans le canal radiculaire de la racine forée, de façon à le recevoir exactement.

F.-W. Klarich, médecin à Gôttingen, rapporte que, dans cent trente cas de maux de dents, il a obtenu un soulagement sensible par l’application d’un aimant ; ce procédé avait déjà été employé par Paracelse et, au xvii® siècle, par J.-J. Wec- KER et P. Borelli. Brenner et Tetker recommandent également l’emploi de l’aimant.

Serre (1759-1838), dentiste à Vienne, puis à Berlin, ne considère pas l’extraction comme dangereuse pendant la grossesse, même s’il en résulte une inflammation légère. La pince ne doit être employée que lorsque la dent a été luxée par le pélican ou la clef qu’il a perfectionnée. Il a également imaginé une vis à racines pour faire dans certains cas des extractions ; cet instrument est resté en usage jusqu’au milieu dn XIX® siècle et se nomme en France: tire-fond.

Friedrich Hirsch (1796) nous apprend que, pour découvrir la dent malade, il faut les frapper toutes avec une sonde jusqu’à ce que l’on trouve exactement celle qui provoque la douleur. On doit ensuite forer la dent au-dessus du collet et pénétrer plusieurs fois dans l’ouverture avec une sonde rougie au feu; cela fait, on peut boucher le trou avec du plomb.

(1) Gest Jacobi. Geschichte der Zahnheilkunde. Tubingen, 1895.

Hirsch prétend aussi avoir composé une pâte durcissante pour obturer les dents. On manque de documents précis pour pouvoir l’affirmer.

Blümenïhal, en 1799, clôt la série des auteurs allemands, en publiant un livre intitulé : « Examen des causes du travail des dents. »

ScHMiTT publie en 1801 « l’Art de tenir les dents belles depuis la jeunesse ».

Arnemann, en 1802, consacre le 3® chapitre de son « Système de chirurgie » aux maladies des dents.

Cari Asmuth Rudolphi (1777-1832) admet dans son ouvrage plusieurs centres de calcification.

Lebrecht Friedrich Benjamin Le.ntix (1736-1804) imagine une théorie de l’ébranlement prématuré des dents, basée sur les résultats de l’examen microscopique.

K.-J. Rlxgelmaxn (1776-1834) est le premier professeur d’odontologie en Allemagne. 11 appuya la théorie de Philip Fraxz von Walther (1781-1849), d’après laquelle les dents appartiennent plus au tissu cutané qu’au tissu osseux.

PuRKYNJE (1787-1869), professeur à Breslau, puis à Prague, se livra sur les dents à des recherches histologiques qui furent publiées par son élève Krankel. Il trouva que la dent se compose d’ivoire recouvertpour lacouronnepar de l’émail, pour la racine par du ciment.

Raschikow travaille également de son côté à l’histologie de la pulpe et de l’ivoire.

Joseph Linderer (1809-1879), chirurgien-dentiste à Berlin, fît des travaux histologiques dont il publia les résultats en 1837 et en 1852. Il explique la carie dentaire par la théorie chimique. Il emploie de petits morceaux de dents pour les obturateurs, surtout lorsqu’il s’agit des dents antérieures. Il fîxe ces divers morceaux dans les cavités au moyen d’une colle spéciale.

C’est en 1846 que fut fondé en Allemagne le premier journal dentaire sous le titre : « le Chirurgien-dentiste. » A. Forstner en fut l’éditeur; de 1847 à 1863, il fut dirigé par Cari Wilhelm Ludwig Schmedicke (1822-1863), qui fut également le premier chirurgien-dentiste qui fît des cours de dentisterie opératoire en Allemagne.

Georg Carabelli (1787-1842) a laissé des œuvres importantes, notamment sa « Revue historique de l’art dentaire », publiée en 1831, et son « Anatomie de la bouche » (1842). On lui doit des appareils de redressement et des indications précises sur la préparation des cavités.

Adolf Frôhlich (1813-1864), élève de Carabelli et chirurgien-dentiste à Vienne, collabora au livre de son maître sur l’anatomie de la bouche.

L’homme le plus éminent de cette école est Moritz Heider (1816-1866), professeur libre de dentisterie opératoire àl’Université de Vienne, à partir de 1849. Il introduisit lagalvanocaustique en thérapeutique dentaire. Il reconnut les avantages de l’or en feuilles, pour les obturations. Il a laissé un volumineux mémoire sur l’extraction. Il collabora avec Cari Wedl (1851-1891), professeur à l’Université de Vienne, à un « Atlas pathologique des dents », qui fut publié en 1869.

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