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LES ÉCOLES SUISSES

Il existe actuellement en Suisse deux Écoles Dentaires : celle de Genève et celle de Zurich.

L’École Dentaire de Genève, 16, rue de Lausanne, fait par-

tie des établissements d’enseignement du département de l’Instruction publique. Elle a été fondée en 1881.

M. le Professeur Laskowski, qui fut pendant de longues années secrétaire de la Faculté de médecine et qui, par ce fait, se trouva d’office président de tous les jurys d’examens de dentistes, fut un des premiers à former le projet d’organiser un enseignement spécial pour les candidats dentistes (1).

Jusqu’alors ces candidats apprenaient l’art dentaire proprement dit chez un dentiste et suivaient les cours de physiologie, d’anatomie et de clinique chirurgicale de l’Université.

Ce fut donc sur l’initiative de M. le Professeur Laskowski que, de concert avec M. Carteret, alors président du département de l’Instruction publique, ainsi qu’avec le concours de MM. les D'"' Redard et Vincent, tous deux députés, la question de l’École Dentaire de Genève fut soulevée. Ils résolurent de consulter à ce sujet les principaux médecins dentistes de Genève et efiectivement une commission consultative fut réunie une première fois le 9 mai 1881. Les membres de cette réunion approuvèrent le plan projeté, ce qui permit aux initiateurs d’aller de l’avant. C’est ainsi qu’au cours de la séance du grand Conseil de la République et canton de Genève, tenue le 2o juin 1881, le président de ceconseil donna lecture de la lettre suivante :

«Le chancelier d’État de la République et canton de Genève à M. le Président du grand Conseil de Genève.

« Monsieur le Président,

« Le Conseil d’État me charge de vous informer qu’il désire ajouter aux propositions de la présente session ordinaire un projet de loi portant création de l’École de l’art dentaire à l’Université de Genève. Ce projet sera incessamment distri-

(1) Renseignements fournis par M. Thioly-Regabd, de Genève.

bué à MM. les députés et peut-être mis à l’ordre du jour de la prochaine séance du grand Conseil.

« Le Chancelier : E. Patru. -ü

Dans la séance du grand Conseil du 29 juin 1881, M. le conseiller d’État A. Carteret donne lecture du projet de loi instituant une École d’art dentaire à l’Université- de Genève. Ce projet est accompagné d’un rapport substantiel démontrant l’utilité et la nécessité d’une telle École, qui sera pour ainsi dire greffée sur la Faculté des sciences et la Faculté de médecine, le fonctionnement de ces deux Facultés rendant l’enseignement de l’art dentaire extrêmement facile.

Ce projet de loi résumait les détails de l’organisation de l’École, son fonctionnement spécifiait la direction scientifique et la nomination des professeurs. Il est alors, sur la décision de l’Assemblée, renvoyé à une commission chargée de l’examiner. Cette commission, sur le choix du Président, est composée de MM. Carteret, Raoul Pictet, D*" Vaügher-Mast.

Dans la séance du grand Conseil du 6 juillet 1881, M. le Dr Vincent, rapporteur de la commission sur le projet de loi portant la création d’une Ecole d’art dentaire à l’Université de Genève, lit un rapport concluant en faveur de cette création.

Le projet de loi est alors adopté au et au 2® débat par les députés.

C’est dans l’assemblée du grand Conseil du 7 juillet 1881 qu’eut lieu le 3® débat et que le projet de loi fut définitivement voté, après une observation de M. Carteret, appelant l’attention des députés sur ce fait que l’École Dentaire ne fera pas positivement partie de l’Université de Genève.

L’ouverture de l’École eut lieu le 2 novembre 1881, avec le concours des professeurs suivants :

MM. le professeur Redard pour la clinique dentaire; D'' Marcelin, obturation et prothèse; Weber, thérapeutique et matière médicale; Longüet(I), démonstrateur de mécanique dentaire.

Pour être admis à cette École, il faut sortir de la section classique ou moderne du lycée de Genève et être pourvu du certificat de maturité, ou bien subir avec succès des examens sur le programme d’une des sections de ce lycée ou prouver par des diplômes ou certificats le même degré d’instruction.

Les élèves sont appelés à passer :1‘^ l’examen propédeuti. que ; ' 2 ° l’examen professionnel donnant droit au diplôme de médecin-chirurgien-dentiste de l’École Dentaire de Genève.

Lel®*" est divisé en 2 parties : 1® scientifique et oral, comprenant : ^physique, chimie, botanique, zoologie et anatomie comparée; 2® médicale (oral) comprenant: anatomie, histologie, physiologie. 11 se passe à la fin du 4® semestre.

Le second se divise en 3 parties : une pratique avec examen écrit, une orale et une thèse. Il se passe à la fin du 2® semestre.

Les cours de 1''® année comprennent la physique expérimentale, la chimie organique et inorganique, la botanique médicale et pharmaceutique, la physiologie botanique, la zoologie et l’anatomie comparée des vertébrés et des invertébrés, l’anatomie normale, des travaux [au laboratoire de chimie analytique.

2® année : Histologie normale, stomatologie, anatomie normale et pathologique de la cavité buccale et de l’appareil dentaire, embryologie, anatomie normale, physiologie, laboratoires d’anatomie, d’embryologie et d’histologie normale, clinique et policlinique chirurgicales.

3® année : Anatomie et physiologie pathologiques générales, pathologie chirurgicale générale, clinique et policlinique chirurgicales, prothèse, physique, chimie, mécanique et métallurgie appliquées à l’art dentaire, clinique dentaire,

(1) Ex-élève de l’Ecole Dentaire de Paris.

pathologie et thérapeutique des maladies de la bouche, hygiène et matière médicale en rapport avec l’art dentaire, conférences et répétitions, prothèse dentaire et buccale, obturation et aurification. Le Conseil fédéral a reconnu la dentisterie comme une partie intégrante de la médecine et l’a comprise dans le règlement du 19 mars 1888. Ce règlement contient les dispositions imposées aux étudiants en dentisterie’aussi bien relativement à leur instruction préliminaire qu’à leur instruction professionnelle.

Une nouvelle édition de ce règlement, en date du 11 décembre 1899, impose aux personnes qui veulent exercer l’art dentaire un examen devant une commission composée de professeurs des écoles supérieures et de praticiens patentés et contrôlée par le directeur des examens. Cet examen se divise en trois parties :

а) Sciences naturelles;

б) Anatomie et physiologie;

c) Partie professionnelle;

Pour être admis à la U® partio, il faut produire un certificat de maturité délivré après un examen, des certificats constatant que le candidat a suivi des cours théoriques de physique, chimie inorganique et organique, botanique, zoologie, anatomie comparée et qu’il a fait dans un laboratoire des exercices pratiques d’analyse qualitative et quantitative. Cette partie est orale et porte sur la physique, la chimie organique et inorganique, la botanique, la zoologie et l’anatomie comparée.

Pour être admis à la deuxième partie, le candidat doit avoir subi la première avec succès, avoir suivi des cours théoriques d’anatomie, d’histologie, d’embryologie, de physiologie et des cours pratiques de dissection des muscles, des vaisseaux et des nerfs de la tête et du cou et fait des travaux pratiques de microscopie. Cette partie est orale et porte sur l’anatomie, l’histologie et la physiologie.

Godon 9

Pour être admis à la 3® partie, le candidat doit avoir : a) subi la 2® avec succès ; ô) suivi des cours théoriques de pathologie générale et d’anatomie pathologique, de chirurgie générale, de pathologie et de thérapeutique spéciales de la cavité buccale; c) fréquenté un an les cliniques chirurgicale et dentaire ; d) exécuté des travaux pratiques de prothèse dentaire et des opérations dentaires, principalement l’obturation, pendant 18 mois. Les connaissances 6 et c peuvent être acquises dans une école spéciale reconnue par le comité directeur ou dans une Université de l’État ; les connaissances dans l’atelier d’un dentiste patenté.

Cette 3® partie se subdivise en deux : partie pratique, partie orale.

La partie pratique comprend : 1® un travail écrit sur deux sujets tirés au sort portant sur l’art dentaire; 2® l’examen d’une ou de deux personnes atteintes d’affections de la bouche (opération facultative, séance tenante); 3® deux obturations dont uneauriGcation; 4° exécution et pose d’une pièce de prothèse.

La partie orale comprend l’anatomie pathologique spéciale de la cavité buccale et de l’appareil de la mastication, l’hygiène de la bouche et le traitement des maladies de la bouche, y compris la matière médicale et l’anesthésie.

L’École Dentaire de Zurich, fondée par le gouvernement du canton du même nom en 1895, donne aux étudiants l’instruction dentaire avec l’aide de la Faculté de médecine à laquelle elle est rattachée (1).

Jusqu’en 1862, l’étudiant en dentisterie n’avait d’autre ressource que l’apprentissage pendant 2 ou 3 ans chez un dentiste. A cette époque, M. Billeter commença à faire des cours libres de dentisterie à l’Université de Zurich, à ses frais. Au début, ses cours étaient suivis principalement par des médecins. En 1885, il fut nommé professeur de dentisterie.

(1) Renseignements fournis par M. le Professeur Billeter.

Peu à peu, les médecins furent remplacés par de véritables étudiants en dentisterie. En 1895, on lui attribuait, dans les bâtiments de la nouvelle policlinique de TUniversité, deux vastes salles dans lesquelles il installait une policlinique dentaire. Un certain nombre de ses confrères se joignirent alors, à lui pour offrir leur concours au gouvernement afin de transformer cette policlinique en École Dentaire et de la diriger à leurs frais pondant 3 ans, en adaptant le programme aux exigences de l’examen dentaire fédéral. Le gouvernement accepta. Le nombre des élèves, qui était de 4 en 1895, s’est élevé à 12 en 1899.

Le 7 avril 1898, l’École était reconnue comme Institut auxiliaire de la Faculté de médecine de l’Université de Zurich. Le D’’ BiLLETERen était nommé directeur et ses collègues professeurs.

Les matières enseignées à cette École peuvent être apprises en 8 semestres et comprennent à peu près le môme programme que celui de l'École de Genève.

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