CHAPITRE IV
Durée des études L’âge d’admission dans les écoles
On s’est préoccupé, au congrès, de l’âge auquel un chirurgien-dentiste pourrait être admis à pratiquer; nous y reviendrons au sujet du diplôme.
Mais une question liée à celle-là est évidemment celle d’un âge minimum à fixer pour l’entrée dans les écoles dentaires. Actuellement, des jeunes gens bien doués peuvent obtenir à lo ou 16 ans les certificats réclamés pour entrer dans les écoles. Il y a des inconvénients à leur confier à cet âge le traitement des malades des Dispensaires attachés aux écoles. D’un autre côté, on ne saurait retarder beaucoup l’entrée dans les écoles en France à cause du service militaire, car les étudiants dentistes ne bénéficient jusqu’à présent d’aucune réduction, autrement on favoriserait les étrangers au détriment des Français, comme cela allait se produire avec un projet de décret, que l’administration voulait présenter à l’approbation du Conseil supérieur de l’Instruction publique et que nous avons réussi à lui persuader d’abandonner.
Donc, il y a nécessité de fixer un âge minimum pour commencer les études dentaires, et, en tenant compte des nécessités du service militaire, cet âge devrait être fixé à 17 ans.
On a vu, par ce qui précède, que le temps compris entre le moment où l’étudiant aura obtenu le certificat d’études nécessaire pour entrera l’école, 15 ou 16 ans par exemple, et l’âge
minimum d’entrée, pourrait être employé utilement par le stage dans le laboratoire de prothèse d’un dentiste, d’une école de technologie, ou d’une école professionnelle. Nous avons indiqué que l’école aurait l’avantage de compléter les travaux pratiques par des cours théoriques et pratiques sur la physique la chimie et l’histoire naturelle (botanique et zoologie), nécessaires aux étudiants chirurgiens-dentistes : une sorte de P. C. N., réduit à une heure ou deux par jour, comme nous le disions déjà plus haut. Cet enseignement scientifique, qui formerait ainsi une transition entre les études du collège elles études spéciales de l’Ecole, remplirait utilement l’année que la limite d’âge fixée à 17 ans aurait laissée libre.
On donnerait ainsi satisfaction, dans la mesure du possible, à ceux qui demandent que l’enseignement dentaire ne se termine pas avant l’âge de 21 ans.
L’opinion générale de tous ceux qui s’occupent d’enseignement dentaire est qu’une scolarité de 3 années est trop courte pour embrasser actuellement le programme des études imposé à l’étudiant. Cela est reconnu en Amérique et encore plus en France, par suite de l’extension des études médicales avec les nouveaux examens.
Quelques praticiens réclament fi années (1). 11 nous semble que si l’on portait la scolarité à 4 ans, cela serait suffisant actuellement.
Comme le fait justement remarquer notre ami Lo.nguet (2), il ne faut pas hérisser l’entrée de la profession de dentiste de difficultés telles qu’elles empêchent le nombre des dentistes de s’accroître en raison des besoins de la population. Il ne faut pas non plus, en augmentant outre mesure le temps
(1) Richard-Chauvin.
(2) Longuet, l'Odontologie, nov. 1900.
nécessaire pour ces études, les rendre si coûteuses qu’élles obligent ensuite l’heureux titulaire du précièux parchemin à réclamer du public des honoraires trop élevés.
On aura beau faire, à la sortie des écoles dentaires, ses études terminées, le jeune chirurgien-dentiste sera toujours dans la situation du jeune médecin au sortir des écoles de médecine, du jeune avocat au sortir des écoles de droit, etc., c’est-à-dire un praticien encore inexpérimenté danslapratiqne de son art, et ayant besoin du temps et de l’expérience pour se trouver à la hauteur de sa fonction; c’est pour cela qu’avant de pratiquer pour leur comptele jeune médecin,le jeune pharmacien, le jeune avocat, le jeune chirurgien-dentiste, malgré leur diplôme en poche, vont servir souvent comme assistants chez un maître pendant quelques années. L’école spéciale ne peut avoir qu’une prétention, c’est de mettre son diplômé à même d’accomplir ce stage d’expérience que le D*" X... voulait récemment rendre obligatoire pour les jeunes médecins, et qui existe déjà en partie pour les favorisés d’entre eux avec l’internat dans les hôpitaux.
Mais nous nous éloignons de la question.
L’augmentation, d’une année, des études à l’école dentaire' permettrait de consacrer dans l’enseignement pratique, la première année tout entière, aux travaux de laboratoire, de prothèse et de dentisterie opératoire, comme c’est le cas dans beaucoup d’écoles dentaires des États-Unis.