C. L"Êi-c«-iTiox A Athènes
L — Le? fhlosophes el les lois,
A..-i^-f- rAthr~*< historique, était trop inlelligenle Zr-iT : .^: î*!r.î-rr à la seule préoccupation guerrière, Kz^ii rzr^ I-* î: Sparte, cité à l'esprit borné, mais qui * f :i 1.: .ria •^i«? plc^ intrépidement son système pédar:,p- rie i Ii f:Î5 efScace el grossier. Cependant, en :i--:r.e. ■:- ir f-e-^sail aussi à Athènes la doctrine du droit ai->:'.- z»rir î E.at de disposer des citoyens au mieux de ÎTLS. T:ut î* tnilê des Lois de Platon repose sur i-f-e^ f c iamentale et Aristole, l'élève et le rival f*. n-?:ix i-? P-it.-a, n'a pas d'autre doctrine générale. — Arls, !* ^*vA c-^, cc-mme à Sparte, il soit interdit d'élfv:r :.:i: nr-iv^aa-né afiîîgé d'une difformité ou d'une Ln::- rttv^I a c:rç-aitale. Pour atteindre ce but, Texposiî;:a. c'-est-à-ti.re TaKind.^n des enfants, lui semble un K^a rrx-'t^i-\ Si les usages, dit-il, s'y opposent, il faudra, ojî rfsrrvlaîr^ les naissances, ou même faire avorter les î,?:u:v.t> avir.î q le 1 enfant ail donné aucun signe de vie, vv ^.:t V'»u, dire sans d.^ule avant qu'il ait fait des mouvoru.viîs iaîra-utênns appréciables (1). Si, continue-t-il, le I. cis'Ateur a ce droit de sélection, il aura, à plus forte mis-n* celui do réglementer les mariages, de déterminer quelles qjalitês seront exigibles de la part des gens vou-
yV /*.;•/ V'.r. I.iv. VII. Cil. XIV. par. 8.
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lant s'unir conjugalement. La loi devra même déterminer l'âge convenable pour avoir des enfants ; car, chez rhomme, comme chez l'animal, les progéniteurs trop jeunes ont des enfants souvent faibles, de petite taille et de sexe féminin. La mortalité des mères trop jeunes est aussi considérable (1). G'esl ce que l'oracle consulté fit un jour comprendre aux Trézéniens lui demandant pourquoi leurs jeunes mères mouraient en si grand nombre : « Vous ne considérez, dit l'oracle, que l'époque des ensemencements, point celle de la récolte » (2).
A ce législateur disposant d'une si grande autorité, on n'ira jamais contester le droit de régler l'éducation des enfants et le programme pédagogique. Qu'on n'essaie point, dit Aristote, de faire de l'instruction un simple amusement ; s'instruire, ce n'est pas s'amuser et tonjours un peu de peine accompagne l'étude (3). Mais Aristote ne veut pas d'un enseignement trop étroit, comparable à celui de Sparte, par exemple. Suivant lui, Tinstruction à donner aux jeunes gens doit aller au-delù, du nécessaire, môme au-delà de l'utile ; ij faut qu'elle soit en même temps libérale, belle, honorable. Ainsi la connaissance des lettres est bonne, quoiqu'elle ne soit pas d'une utilité directe. Il en est de même du dessin, qui doime une idée plus exacte de la beauté des formes et des corps (4). Mais jamais d'arts mécaniques, de travaux salariés; ils altèrent la beauté physique et oppriment la pensée (3). Que l'on se garde de viser à donner aux jeunes gens une constitution trop athlétique ; cela dégrade le corps et vicie son développement (6). Quatre matières
{{) Politique. L. VU. Ch. XIV. parag. 14.
(2) Ibid. Liv. VII. ch. I.
(3) Ibid, Liv. VIll. Ch. IV. parag. 4. (4» Ibid. Liv. VIII. Ch. III.
(5) Ibid. Liv. VIII Ch. II. parag. 1.
(6) Ibid. Ch. III. parag. 2.
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sont à enseigner : la gymnastique, qui fortifie le courage^ les lettres, la grammaire et la peinture, qui sont utiles dans la vie ; la musique, mais à la condition de n^en point faire un objet d'amusement (1). Sans doute ce sont là do simples vues émises par un philosophe; mais, pour une bonne part, elles reflètent Topinion générale de la Grèce et môme la réalité des faits. Non qu'il existât à Athènes rien d'analogue à l'éducation en usage à Sparte, c'est-àdire à la mainmise despotique de l'État sur renseignement de la jeunesse ; néanmoins la cité de Minerve était bien loin de se désintéresser de Téducation. Ainsi les lois de Solon voulaient, que les jeunes gens fussent instruits dans les exercices du corps et dans ceux de l'esprit, c'est-à-dire dans la gjinnastique et ce qu'on appelait la musique (2). Pisistrale et ses fils eux-mêmes s'occupèrent d'instruire et de moraliser leurs concitoyens. L'un des fils de Pisistrale, Hipparque, fit apporter à Athènes les poèmes dllomère, que des rhapsodes récitaient dans leur ordre logique aux Panathénées; le même Hipparque retenait près de lui Simonide de Céos. Pour instruire les gens des campagnes, il fit placer, le long des routes conduisant aux démos de la ville, des Hermès, des bornes, sur lesquelles on avait gravé des maximes mises en vers. Ces maximes éducatrices étaient brèves et sentencieuses: « Marche dans des pensées de justice » ; « Ne trompe pas ton ami », etc. (3). De même Périclès organisa aux Panathénées des concours de musique et créa une caisse pour donner au peuple des spectacles gratuits (4). Or, à Athènes, le théâtre était considéré comme un moven d'éducation et il en était de même de la musique, qui ne se détacha des chants, des odes et des hymnes qu'au
(i) Politique, Livre VIII. Ch. U. parag. 3.
(2) Platon. Criion.
(3) Platon. Hipparqwi,
(4) Paul Girard. Education athénienne, latroduction 11.
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temps d'Aristophane. — D'autre part, qaoique la cité d'Athènes n'eût pas jugé à propos dïnstituer des écoles publiques et dMmposer un programme scolaire, elle arait édicté diverses lois sur Téducation.
D'abord les parents pauvres étaient obligés de faire apprendre un métier à leurs enfants; sinon ceux-^ci ne leur devaient aucun appui dans leur vieillesse (1). D'une manière générale et dès une époque très ancienne, TAréopage pouvait sévir contre les parents, qui n'auraient pas donné d'éducation à leurs enfants (2). Sans doute l'éducation des enfants pauvres devait être très sommaire ; cependant des gj'SLmmatistes leur apprenaient à lire, écrire et compter. Les écoles libres étaient fort nombreuses à Athènes et suffisaient aux besoins de la population. Dans ces écoles, on faisait copier et apprendre aux enfants des anthologies poétiques (3). Toute une réglementation était imposée aux écoles publiques ; mais elle visait surtout la décence. Excepté le fils, le frère et le gendre du maître, personne ne devait pénétrer dans l'école, quand les enfants l'occupaient. La loi allait même jusqu'à fixer Tàge et le nombre des élèves, que pouvait accepter chaque professeur. Les pédagogues étaient surveillés; les pœdonomes et les chorèges devaient avoir dépassé la quarantaine (4). Les palestres, dont je parlerai bientôt, et où s'exerçaient les jeunes gens de condition libre, étaient interdites aux esclaves; du moins elles le furent longtemps (5). Dix magistrats élus, un dans chaqiie tribu, les 'sophronistes^ étaient chargés de veiller sur la conduite des jeunes gens et touchaient,
(1) Plutarque. Solon. 22.
(2) Schœmann. Loc. cit. I. 572.
(3) Ibid.
(4) P. Girard. Isc, cit. 39.
(5) Ibid. 40-41.
comme honoraires, une drachme par jour (i). Au-dessus des Sophronisles , TAréopagc exerçait une semblable mission et, comme eux, s'efforçait de sauvegarder la moralité des jeunes gens , c'est-à-dire ce dont se souciaient particulièrement les pouvoirs publics (2). Il semble qu'à Athènes Tinstruction proprement dite ait souvent élé placée sous la surveillance des chefs militaires élus, des stratèges ; puisqu'on en vit faire instruire les enfants de tout un déme ou faire passer soit aux enfants, soit aux éphèbes, des examens de littérature, de musique^ de rhétorique, de géométrie (3).
L'État athénien laissait donc les particuliers libres d'élever leurs enfants à leur gré et suivant leurs ressources ; il veillait seulement à ce qu'ils le fussent et à la sauvegarde de la moralité. Pour une seule catégorie d'enfants la Cité se substituaitaux parents et se chargeait des devoirs qu'ils n'avaient pu remplir: ces pupilles, adoptés par la Cité, étaient les fils des citoyens morts en combattant pour la patrie. En cela, plusieurs autres Cités se conduisaient comme Athènes et, dans ces petites républiques de la Grèce, la solidarité civique était trop grande pour que, de manière ou d'autre, un pareil devoir ne fût pas rempli (i\ A Athènes, on allait plus loin qu'ailleurs et le premier magistrat de la République, l'archonte, était le tuteur général de tous les orphelins; il avait mission de les défendre contre les injustices et les outrages, de veiller sur eux: ils étaient sous sa protection spéciale (5).
La cité de Minerve avait donc traduit en lois et en faits les maximes des philosophes sur l'éducation et elle l'avait
;r Paul Girard. Loc. cii. 43, ['!) Ibid. 49.
13 Ibid. 52-53.
(4. Arislole, Politique. II. Ch. v. parag. 4. ,5' Démosthènes. Coniè*e Macariaios. 75. ^Glé par P. Girard. Loc. W/. 32^
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SU faire sans tyranniser personne, sans imposer ni des doctrines d'État, ni un système d'éducation uniforme, c^esl-à-dire propre à décourager toute initiative et à paralyser tout progrès pédagogique : en cela, comme en tant d'autres choses, elle avait fait preuve d'intelligence.