I. — Les races noires de V Afrique
Pas plus chez les nègres d'Afrique que chez ceux de la Mélanésie, il n'existe d'éducation, d'instruction, organi-
L ÉVOLL'TION DE L ÉDLCATtON
manière des contrées civilisées. Néanmoins le pi-esque toujours aux enfants les connaistiques, jugées indispensables; l'imitation fait au sortir de l'enfance, les garçons sont ordiassez bien dressés aux occupations de leui' leur pays, à l'art de chasser, de pécher, de guer- <avent même, quand l'industrie n'est pas envoro , fabriquer leurs armes, leurs bijoux, spécialeles objets qui leur appartiennent en propre me tout le reste, l'éducation est d'autant plus ire que la race est plus ioférieure.
fois j'ai eu à signaler les différences considéilant entre les diverses races noires du contiin, qu'il est inutile d'y insister en ce mooaent. tenterai de rappeler, d'une manî&re générale, eut diviser les populations noires de l'Afrique inférieurs occupant surtout la région moyenne le occidentale et en nègres supérieurs, nubiens ens, particulièrement fixés dans l'est, quoique imé dans l'Afrique moyenne et occidentale ù it le continent noir. Enfin, tout à fait & l'cxtréilionale, près du cap de Bon ne- Espérance, les urope ont rencontré des populations apparietype tout spécial, très distinct de celui des veux parler de la race Hottentote, dont l'oriencore problématique, et qui est ou était la plus les races africaines; mais elle-même se subdittentots proprement dits, déjà pasteurs, par conrtis de la sauvagerie tout à fait primitive et eu s, représentant le prototype de leur race et conanimalité. Nous avons à voir successivement CCS diverses variétés de l'homme noir entendent
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IL — Les Dochimans.
A peine peut-on parler d'éducation à propos des Bochimans ; c'est presque uniquement de Télevage, que pratiquent ces sauvages. Dès que les enfants peuvent ramper sur le sol, les parents ne s'en occupent autant dire plus. En outre ils les sacrifient avec une extrême facilité. Par exemple, si la mère vient à mourir, on enterre avec elle son enfant vivant; si les femmes d'un même homme se querellent ou se battent, celle qui est vaincue dans le conflit se venge en tuant l'enfant de l'autre. Les enfants contrefaits sont toujours mis à mort. En cas de fuite devant un ennemi, ou d'abandon parla mère, les enfants sont étouffés, étranglés ou enterrés vivants dans le sable. Cependant il n'est pas rare de voir les mères aimer leurs petits, comme le font les animaux, les soigner même et en temps de famine, se priver pour eux de leur maigre part d*aliments(l).
L'intelligence des Bochimans est extrêmement peu développée. Ainsi, en voyant les voitures du voyageur Chapman, ils croyaient que la plus grande était la mère de la plus petite, les prenant l'une et l'autre pour des êtres vivants (2). Ils ne donnent pas non plus de noms particuliers à leurs enfants, ce qui dénote un degré d'indifférence et d'inintelligence très rare, exceptionnel (3). D'autre part, leur numération est extrêmement rudimentaire; puisqu'ils ont seulement trois noms dénombre, savoir: Ta, un, Coa, deux; et quo, trois. En juxtaposant ces trois mots, ils arrivent à compter au moins jusqu'à six, mais par simple répétition. Ainsi, pour quatre, ils disent t'oa, ('oa, c'est-à-dire deux-deux; pour cinq, Voa,
(1) Moffat. Vingt-trois ans dam V Afrique australe, 41, 42, 92.
(2) Lubbock. Orig. civil, 3i.
(3) Lichtenstein. Traoels in south Africa. I. 119. II. 49.
l'évolution de l'édecation c'est-à-dire deux-deux-UD ; pour six, f'oa, t'oa^ ik-dire deux-deux-deux. Il est clair qu'avec ce umératioD on ne saurait aller bien loin, aussi nans ne peuvent-Ils exprimer que des nombres ent faibles (1).
daslrie est aussi fort rudimentaire ; elle consiste Fabriquer des petits arcs et des flèches en roseau ine pointe en os. que pourtant les Bochimans poisonner de la façon la plus dangereuse. Evi-
pour cette fabrication, un certain enseignement s aux enfants est nécessaire; mais il peut se as intention par le seul concours des enfants ou is aux occupations des adultes, même par simple
— Néanmoins ces pauvres Bocbimans de l'A- Irale, si grossiers, si voisins de l'animalité ont. s Australiens, un goût particulier pour le dessin; oin d'extériorer leurs images mentales et cou- ■ochers de figures d'animaux et d'hommes assez loique tri^s analogues à celles que nos enfants 4si à tracer. Dans l'un et l'autre cas, il se peut oin de représenter graphiquement les êtres, qui t, tienne beaucoup à l'imperfection du langage ors le dessin primitif aurait pu préexister à la s'agit là, bien entendu, d'un art qui ne s'ensei-
III, Les Hottentots.
tentots, voisins et congénères des Bocbimans, présentent encore mais notablement développés; ne se bornent plus à vivre du produit de leur ont des troupeaux de bœufs, m<^me des boeufs s uns servant de bûtes de somme, les autres émir la guerre; puisque les Ilolteotols savent aussi
son. HM. univ. wy,vol. XXIX. 158.
eu. m. — L^ÉDUCATION CHEZ LES NÈGRES d' AFRIQUE 59
fabriquer des tentes en cuir, qui rappellent beaucoup celles des Tartares ; puisqu'ils sont en outre habiles à préparer el coudre les peaux; puisque tous sont potiers et enfin puisque, par un commencement de spécialisation industrielle, ils ont des foirerons et même des artistes, des bijoutiers en ivoire (i). Néanmoins l'intelligence hottentote est très faible encore, du moins pour tout ce qui n'a pas trait à la satisfaction des besoins essentiels de la vie. Ainsi, 8*agit-il de leurs bœufs? les Hottentots ont une mémoire facile et tenace ; alors ils retiennent longtemps et fidèlement les noms des animaux composant les très nombreux attelages usités dans l'Afrique méridionale, et cela après les avoir entendus une seule fois (2) ; mais, nonobstant, ils sont d'une extrême imprévoyance, au point de consommer en un jour toutes leurs provisions sans songer à la disette qui les attend pour le lendemain (3). Comme les Bochimans, les Hoitentots n'ont que trois noms do nombre et, pour aller au-delà de trois, ils comptent sur leurs doigts, mais parviennent rarement à dépasser cinq. Leur demande-t-on à combien de jours de marche on est de tel ou tel endroit ? ils sont dans l'impossibilité de répondre. Un Hottentot Dammara, à qui l'on avait acheté deux moutons, à raison de deux rouleaux de tabac par animal, et à qui l'on avait payé ensemble toute la somme ne réussit point à comprendre et il obligea l'acheteur à payer chaque animal séparément et successivement. S'agit-il d'acheter ou de vendre un bœuf pour dix rouleaux de tabac, par exemple? alors le vendeur Dammara étend ses mains par terre, puis l'acheteur place un rouleau de tabac sur chacun des doigts étendus. Pourtant ces pauvres calculateurs s'aperçoivent ordinairement très bien qu'un bœuf a dispara de leur troupeau ; mais c'est
(!) Dictionnaire d'Ethnographie de Migne, article Hottentot.
(2) Rurchell. Hist, unie, voy, vol. xxvi. 102.
(3) Cowper llose. /6<V/., vol. xxix. 277.
N DE L ÉDIJCATtON
connaissent iadividuellement >Qr noter le temps, la durée, les I époques de sécheresse ou de m lunes les saisons météorolo- I les peuvent plus compter, àbs elui des doigts de leurs mains, ésigner certains d'entre eux par dinaire: un orage, une émigrart d'un <>lépliant tiré à lâchasse, tir s'indiquent par le cours et la
r, les Hottentots sont beaucoup limans ; car ils ont tous un nom à l'ëducation des enfants, elle es nulle. Les premiers temps de sur le dos de sa mère, où il est nrpcs en peaux, l'une qui le itre qui le soutient et l'empêche d, l'éducation pratique doit se uclle tous les enfants sont si en- «pire leurs jeux. Ainsi les petits lais dans le précédent chapitre, nces et des petits bonmeninris.
re enquête, nous verrons les iser de même à construire de glacée, imitation de celles que !s petits Peaox-Itouges s'exercer etc, etc. C'est là un fait, que - universel, et. si la plupart des )int, c'est qu'il leur ncinblc ù la
Af'rica. 132 (cité par Lubbock. Ont/, 'y. vol. xiiv. 178.
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fois trop naturel et trop insignifiant. Pourtant, en pays sauvage, ces jeux jouent certainement un grand rôle dans Téducation pratique; puisqu'ils imitent, et tous les jours, les actes et circonstances de la vie courante, de celle qui attend les enfants et est généralement fort simple. Certains jeux, usités encore par les enfants de nos pays civilisés, sont, comme Ta remarqué Tylor, des survivances de date fort ancienne (1), — Comme exemple, on peut citer le jeu de Tare, celui de la fronde, aujourd'hui simples exercices, mais qui sûrement ont eu jadis une grande importance éducatrice.
Quand les contacts entre les blancs et les Holtentots sont devenus très fréquents, les sauvages ou du moins certains d'entre eux ont reçu notre instruction scolaire et ou a pu recueillir à ce sujet quelques curieuses observations. Tout d'abord la lecture, pratiquée par les Jjlaiics» leur parut quelque chose d'incroyable ; ils ne pouvaient croire que les caractères écrits pussent se traduire en mots parlés (2). Les Hottentots Corannas commencèrent par supposer que, pour apprendre à lire, iL fallait user d'un charme secret et ils demandèrent à connaître cet art mystérieux. Quand MofTat leur enseigna les lettres, ils se mirent à les répéter au clair de la lune en criant le plus fort possible, afin, disaient-ils, de s'habituer plus \ite aux « semences » ; c'était ainsi qu'ils appelaient les lettres de l'alphabet. Enfin ils prièrent qu'on leur enseignât l'alphabet en musique et le missionnaire dut adapter aux lettres un vieil air; après quoi, les Corannas passèrent allègrement une grande partie de la nuit à chanter l'alphabet (3). Certains d'entre eux étaient doués d'une de ces mémoires phonographiques, que l'on trouve parfois chez nos idiots et l'un d'eux, après avoir entendu une
(1) Tylor. Civil, primitive, 1. 1. Ch. m. p. 83. 84.
(2) Burchell. Loc, cit., 410.
(3) MofTal. Loc cit. 379-380.