‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 38 sur 141 · IV. — Les nègres occidentaux · texte numérisé non relu

IV. — Les nègres occidentaux

Les Bochimans et les Hottentots sont, comme je le disais tout à l'heure, une variété très particulière do la race nègre, à ce point qu'on les a quelquefois rapprochés des négritos de l'Afrique centrale, de ces Pygmées décrits par divers voyageurs et dont deux spécimens, les Akkas de la Nubie, ont môme été amenés en Europe. Pourtant les Hottentots, tout en étant d'assez petite taille, ne sont point de race naine, comme les Âkkas ou comme les Pygmées de Stanley ; en réalité, ils constituent une race à part, dont l'histoire est encore à faire. On ne saurait donc conclure légitimement de leur infériorité

(i) Kolbe. Voy. au Cap de Bonne Espérance (cité par Prichard in Histoire naturelle de V Homme, 304) .

6i l'évolution db l'éducation

mentale à celle des autres races colorées de TAfrique et il est nécessaire d'examiner ces dernières à part au point de vue de tout ce qui touche à Téducation et au développement mental. Mais, dans l'Afrique noire, de même que dans les autres pays sauvages, il ne saurait être question d'éducation organisée, du moins en dehors des pays musulmans et des écoles fondées par les Européens. L'éducation se fait toute seule par les jeux, par l'imitation, par les expériences fortuites et les accidents de la vie enfantine et c'est cette éducation spontanée^ que nous avons à étudier.

Chez les populations noires de l'Afrique occidentale, les femmes tiennent à honneur d'accoucher sans gémir ; « elles se croiraient déshonorées, si elles jetaient le moindre cri » (1) ; mais, tout en étant courageuses, les mères sont assez tendres ; elles aiment beaucoup leurs enfants, qu'elles allaitent longtemps, parfois jusqu'à ce qu'ils cessent de réclamer le sein (2). Comme les femmes de la plupart des pays sauvages, les négresses portent leurs jeunes enfants sur leur dos dans une écharpe, qui parfois, chez les mbondeno, par exemple, prend son point d'appui sur le front de la mère (3), et rappelle ainsi la manière dont les indigènes de l'ancien Mexique portaient les fardeaux. Divers observateurs ont remarqué la tendresse des négresses et même des nègres, sans distinction de sexe, pour leurs enfants. Chez les noirs de la Sénégambie et du Niger, dit Soleillet, le sentiment de la famille est très développé ; ils aiment et caressent leurs enfants (i). Mondière est bien plus explicite, en abondant

(1; Villoueuve. LWfriquo. t. IV. 118 (Cilé par Hovelacque dans Les \t*fjreii. :m:J).

(2) A. Hovelac(iuo, Les Xègrps, 314.

|3) Du Cliaillu. Afrique êquatoriale. 139.

(4) P. Sol(Mllpt. Voyages et déantrerles, 170, in Bibliothèque des aventures et soymjes.

CH. ui. — l'éducation chez les nègres d'afrique 65

dans le même sens : « Il y a, dit-il, chez la négresse, un véritable et profond amour pour ses enfants, qui le lui rendent bien en tendresse filiale. Dire les soins, les cajoleries, les enfantillages de ces mères, dont la figure et les ^sles semblent si peu se prêter à la chose, serait difficile. Ce sont des chansons modulées sur un rythme doux et tendre, des rires enfantins, des caresses de tous les instants (1) ». Mais cette vive affection pour les enfants semble être de courte durée, comme chez les animaux. Dès que Tenfant peut marcher, on ne s'en occupe plus guère ; toute liberté lui est laissée pour apprendre la vie à ses risques; ainsi les négrillons s'en vont loin de la case, où ils veulent, même sur le bord de la mer pour y apprendre à nager (2). La mère ne s'en embarrasse point. Elle s'est élevée elle-même de cette façon et laisse ses enfants faire comme elle. Il faut dire que cet abandon ne semble pas nuire aux enfants, qui deviennent ordinairement robustes et forts, bien plus que les enfants européens du même âge, mais sans cesse guidés et protégés. Les nègres donnent des noms à leurs enfants. A ce sujet les coutumes varient ; mais ordinairement le nom est spécial à l'enfant; ce n'est pas celui du père et il se compose quelquefois de deux parties, dont Tune rappelle le jour de la naissance et Tautre est le nom de la famille maternelle. Parfois on ne donne pas de nom avant Tâge de quatorze ans (3). Chez les Mandingues Fattribution du nom donne lieu à une cérémonie spéciale, dans laquelle l'officiant marmotte quelques phrases à l'oreille de l'enfant, lui crache trois fois au visage, prononce le nom choisi et rend l'enfant à la mère (Mungo Park) (4). Chez

(1) Mondière. Revue d'Anthropologie. 74 (1881)

(2) Bosman, Il 128.

(3) Labat. Nouvelles relations de V Afrique occidentale. II. 302. (i) Isert. Voyages en Guinée. 194.

l'évolution ke l éducation baras, c'est un griot, ud btrde ambulaiU, qui u nom et le donne (1 ).

3nce d'éducatioa intentionnelle est générale chez

nègres encore fétichistes de l'Afrique occidentale, lit toujours de règle au Dahomey, où pourtant une monarchie ayant certaines prétentions et où lation était divisée en classes. Or, dans tontes ces dahoméennes, chez les riches et chez les pauvres,

enfant était abandonné k lui-même. Un voya- ;ontc que les enfants grouillent par bandes dans les Whydah, au milieu des immondices, ou dorment ofond sommeil sur le sol nu, h cAté des troupes }urs. Les plus jeunes ne quittent pas, le jour, le curs mères, que l'on voit s'en aller k la provision ir troupes de douze, quinze, vingt, marchant à la enne, la cruche sur la tête, la pipe à la bouche, le n sur le dos, en jasant comme des pies et sans sr en rien de leurs rejetons, dont le petit corps est

en tout sens par les mouvements maternels (2). >ahomey, représentant assez bien le summnm de ion, que peut atteindre assez vite l'Africain occilivré à lui-même, l'industrie commence k se spé- ; il y a des tisserands au métier, des potiers, des as, même des bijoutiers en or et en argent: mais

et les autres sont d'une très médiocre habileté. rt du potier, qui était accaparé par les amazones, es métiers s'exerçaient sans doute de père en fils, prentissage particulier, par l'imitation et la parti- I des enfants à l'oocupation des ptres. Dans tous < sauvages, c'est ainsi que se forment les ouvriers iels ; c'est aussi pour cette raison et par une conre naturelle que se constituent, sans qu'on y pense,

Fenel, Xouveau voyage au pays des Xêgres.

■file. UBtthomé, etc. IbO, lâi.

eu. m. — l'éducation chez les nègres d'afrique 67

des classes héréditaires, des castes de métiers, comme celles dont j'aurai à signaler l'existence dans les États africains relativement civilisés.

En pays sauvage, il faut bien considérer, comme supérieures, toutes les notions ou connaissances, qui n'ayant point trait directement aux besoins nutritifs et à leur satisfaction ou aux métiers industriels, résultent, si bornées soient-elles, de spéculations intellectuelles et donnent la mesure de la portée mentale. Or, à Tétat très rudimentaire, ces notions existent chez les populations dont nous nous occupons. Ainsi la numération de ces noirs est souvent simplement quinaire ; c'est-à-dire que Ton commence par compter jusqu'à cinq, évidemment les cinq doigts d'une main; puis, pour aller au-delà, on dit 5 -f- 1, 5 + 2, 5 + 3, etc.; tel est, par exemple, le cas chez les Ouolofs. Les Mandingues, les Sousous, les Bambaras ont poussé plus loin, jusqu'à la numération digitale complète, par conséquent décimale (1). Chez les populations très adonnées au trafic, par exemple chez les Yorubas d'Abeokuta, les enfants s'amusent à compter des cauris, comme ils le voient faire à leurs parents, et la capacité arithmétique s'est développée, à tel point que dire à quelqu'un: « Tu ne sais même pas combien font neuf fois neuf » est considéré comme un propos injurieux (2).

L'art de mesurer le temps est resté très primitif. La plupart des nègres ne connaissent même pas leur âge (Bosman) et l'abstraite notion du temps qui s'écoule les préoccupe assez peu. Certains cependant, notamment les Yébous, ont une année composée de douze mois de trente jours, et même ils subdivisent chaque mois en six semaines de cinq jours (3). Mais les Mandingues de la Sénégambie ne comptent, au lieu des années, que les saisons plu-

(i) A. Hovelacque. Les Xègres. 456-457.

(2) Tylor. CiviL prim, 279.

(3) D'Avezac. Mémoires Soc. EihnoL t. II.

Is partitgenl la durée en lunes. Pour eux, les HoleHa et ils tes subdivisent d'après : successives positions de l'aslre dans le

'abstraction est une opération intellectuelle, : forces mentales des nègres, dont les lanmanquent de termes abstraits (2) ; mais, nts, ce sontd'infatigables parleurs; on peut cerveau fuit; tout leur est sujet à discusibles, à palabres (3).

ire de faiblesse intellectuelle leur est comnfants, c'est l'imprévoyance. ■Ainsi, chaque •ères apportent aux traitants de la Sénéchidcs et vendent tout ce qu'ils en possërocurcr les colillcliets, les objets de paco- :mière vue les séduisent, toujours comme Ltis, quatre mois plus tard, quand il s'agit il leur faut revenir au comptoir acheter h tant la graine qu'ils n'ont pas eu d'abord ■ver. Or, d'une année h l'autre, la leçon ne s; car, pour eux, le moment présent est ment ils commettent la même faute sans se

omprenncnt-îls nos dessins de civilisés? A cité des faits contradictoires. Le passage extrais d'une relation bien connue, tran- ;tion au moins pour le petit peuple des jour-là, pour la première fois, je montrai itatnc Lyon à Boukhaloun et, à la vue des eprésentaient les naturels du pays, il s'éi, if jura qu'il les reconnaissait: « Voici

. Hisl. univ. voy. vol. XXV. 297.

ue. Les \i-ijref, 456.

raud. Lei peuplades de la Séiicijnjnbie, 358.

CH. II!. l'éducation CHEZ LES NÈGBRS d'aFHIQUE 69

Icsclave d'un tel! Et me voilà moi-môme, disait-il; Oh! que c'est bien moi! Que c'est frappant! Loué soit Dieu pour les talents qu'il a donnés aux Anglais ! Ils sont habiles, fort habiles ». Mais continue le narrateur, je ne pus jamais parvenir à lui faire comprendre ce que signifiait un paysage. Il l'examinait et le retournait de toutes les façons sans imaginer ce dont il s'agissait. Son intelligence ne pouvait rien concevoir au-delà de la représentation d'un chameau ou d'une figure humaine (1) ».

Boukhaloun, le nègre Yébou, dont il est ici question et qui devait être un noir mahométan, d'après son invocation à Dieu, reconnaissait donc très bien dans un dessin les figures humaines et, ajoute-t-on, celles des animaux; mais le paysage dépassait sa compréhension. Or un psychologue de Tenfance, de la nôtre, M. B. Perez, a signalé la môme incapacité ou à peu près chez nos enfants d'Europe. Dans leurs essais artistiques, dit-il, les enfants ont, pour sujet de prédilection, la personne humaine et les animaux; le paysage les laisse indifférents (2) et ils n'ont pas la moindre idée de la perspective (3). Enfin il ajoute, et avec pleine raison, que nos artistes préhistoriques ont débuté de la même manière dans les arts graphiques. Concluons donc que les dessinateurs et graveurs de la préhistoire étaient des sauvages, psychiquement comparables aux nègres de l'Afrique occidentale, aux Bochimans, aux Australiens et que Tenfant européen passe par un stade que l'on peut considérer comme une récapitulation du développement mental de sa race.

Aux caractères enfantins, que l'on peut constater chez les noirs de l'Afrique, il en faut ajouter un, que j'ai déjà indiqué en passant, c'est le besoin de parler, la garrulilé.

(i) Denham et Clapperton. Hist. univ. voy, vol. XXVII, 77. — Denham. TraveUt in Africa. Vol. I.

(2) B. Perei. Vart et la poénie chez V enfant, 203.

(3) Ibid. 195.

L ÉVOUTIOS DB L ÉDLCATIOS

commun à toutes les i-aces noires de l\\frique; le cependant chez certaines populations. Lnin^ ce rapport au-dessus de tous les autres, les orateurs professionnels des Maudingues. des '. de KouranIvO, qui peuvent pérorer durant des ièrcs el avec une éloquence si bien appropriée et à l'intelligence de leurs compatriotes, qu'ils , i fixer pendant tout ce temps la mobile attonrs auditeurs (1). Chez leurs congénères, le tare des Fino est même si hautement apprécié i musiciens, les cordonniers et les forgerons, ils ïs classes aristocratiques ou du moins privilét les membres peuvent toujours, en temps de ircourir le pays sans danger et mCme couvrir eclion efficace, qui rappelle Vanaya kabyle, les noirs (2), auxquels ils s'iotéresseot.

])I. Nègres orientatix.

i je n'ai guère parlé que des Doirs de l'Afrique i et, autant que possible, des populations n'ayant

subi l'influence du mahométisme. Cette deriction est importante; car l'iotroduction de la lusulmane, m^me grossiÈremeut comprise et

modifie toujours plus ou moins profondément I et même la mentalité des noirs restés jusque tes. La distinclion entre l'occident et l'orient nt africain a aussi sa raison d'élre ; car, plaa

vers l'est, plus on rencontre des populations it aux races noires supérieures, aux races dites les. Mais ces noirs relativement supérieurs sont mitroplici des autres; plus souvent encore ils langés avec eux; ou bien, tout en étant de race

Wi,W. unir. roy. vol. iwui, 73.

CH. 111. — l'éducation chez les NÈGRBS d' AFRIQUE 71

anatomiquement plus relevée, il sont pourtant encore ti*ès peu civilisés. De sorte que, si on les examine au point de Yue de la manière dont ils élèvent les enfants ou bien à celui de leur développement menlal, on voit qu'ils se rapprochent fort des nègres de Toccident africain.

Ainsi, chez les Youanyamouézi, la femme, parvenue au terme de sa grossesse, s'en va encore accoucher, seule, dans un fourré, exactement comme une béte; en quelques heures tout est terminé et la nouvelle accouchée regagne son Tillage, en portant Tenfant nouveau-né sur son dos, dans une écharpe, à la mode africaine. Assez souvent elle rapporte en même temps une charge de bois sur sa tête pour ne pas perdre de temps (i). Si, par aventure, il est né deux jumeaux, Tun des deux doit être mis à mort; mais la mère en conserve quelque temps le souvenir, en emmaillottant une gourde, qu*elle met à dormir à côté de Tenfant épargné (2). — C'est qu'en pays sauvage, la naissance de deux jumeaux, outre qu'elle déplaît aux indigènes par son caractère anormal, est, pour la mère, une lourde charge et il est assez ordinaire qu'on en allège le poids en sacrifiant l'un des enfants. Chez les Youazaramo, autre peuplade orientale, les deux nouveau-nés sont seulement vendus ou, à défaut d'acquéi'eur, exposés dans les jungles, c'est-à-dire abandonnés aux bèlos sauvages (3).

Au contraire, dans les cas de naissance unipai*e, Tenfant est et doit être convenablement soigné. Ainsi chez ces mêmes Youazaramo, si impitoyables pour les jumeauXy la mère est obligée de sabir, en cas de mort de son nourrisson, une expiation rituelle. On Toblige i s'asseoir hors du village et là, barbouillée de graisse et de farine, elle reste en butte aux propos et aux gestes in-

(i) Burton, Voyage aux Grands Lacs. 377 (2) Burtou. Loc. cii. 277.

13} /6m/, lOo.

t. ËUCCATION

n (1). — Pourtant l'enfant, rt encore un grand danger la sait que, chez l'homme, dentaire, les incisives inféi supérieures; mais il peut ersé. Or, dans ce cas, chez lu pour maudit, est abanoias chez les noirs encore Ëjugé très répandu, puisque agent; pourtant ils ne salinsi qu'on désigne l'enfant le lui lire quelques versets ", sans doute par l'interméabstiendra de leur nuire (2;.

, l'affection instinctive pouissez développée. Ainsi les Eitits et honorent In mère . Certaines populations se eloppemcnl de leurs scntiles Dinkas, les frbres s'ennt jamais abandonnés; on les vieux parents. Au dire aient, dans l'Afrique orien- D'ordinaire, aussitôt passée e et le lils deviendraient le font les aninnaux sau- ^ènes semblent avoir gardé enir durable; car dans les lanle surprise, ils s'écrient

rs cruelles attribuées par

CH. m, — l'éducation chez les nègres d' AFRIQUE 73

Burton aux indigènes orientaux ne sont pas aussi universellement répandues que ce voyageur Taffirme; car un autre explorateur, Schweinfurth, rapporte le fait suivant, dont, il est vrai, le héros aurait été un indigène Dinka. Il s'agit d'un Dinka de Fescorte de Schweinfurth, d'un malheureux, dont les pieds étaient attaqués par le ver de Guinée : « A notre départ, raconte le voyageur, ne pouvant pas nous suivre, il dut regagner sa demeure, située sur le territoire des Ghatlas. Ses pieds étaient si gonflés qu'il pouvait à peine faire un pas et n'avançait qu'en se traînant avec une difficulté excessive ; mais l'épreuve ne fut pas longue; il vit bientôt arriver son père, qui venait à sa rencontre. Le pauvre homme, qui n'avait ni charrette, ni monture, prit son fils, un grand gaillard de six pieds de haut, et le porta sur ses épaules pendant quinze ou seize lieues». On pourrait croire qu'une exception n'infirme pas une règle et que par suite ce trait d'afl'eclion paternelle prouve peu de chose ; mais Schweinfurth ajoute que « ce fait fut regardé par tous les autres noirs de l'escorte comme la chose du monde la plus naturelle » (1).

Les noirs de l'Afrique orientale n'en sont plus à la période tout à fait primitive où les individus n'ont pas encore de nom personnel ; mais ces noms, du moins chez les Bongos, ne sont ni ceux du père, ni ceux de la mère ; ce sont des vocables infiniment variés, capricieusement choisis par les parents : tantôt le nom d'un arbre, tantôt celui d'un animal, etc. (2). D'ailleurs ces Bongos ont, relativement au traitement de leurs enfants, diverses coutumes qui leur sont particulières. Dès qu'un de leurs enfants est sevré, il ne passe plus la nuit dans la case de ses parents. Mais à ce propos, il importe de se rappeler que, chez les

(1) Schweinfurth. LoccU. I. i68.

(2) Schweinfurth. Loc, cit. I. 295.

dure plusieurs années. A cet construit une hotte spéciale et il ^ ses repas dans la case pater-

ducation donnée par les parents >iorateurs sont muets et l'on est u'à pari l'élevage de la première itionnelle est à peu près nulle, ifiques indispensables s'acquiëatioD, par les jeux ou sous le • Pour les notions plus particu-

de ces nègres orientaux, elles tt pas les notions extrêmement 1 trouvées dans l'Afrique occiumération nidimcnlaire, mais ixtraordinaire rebelles au plus an, si l'on en juge du moins par lous a été rapporté par Burton :

[e pays d'Ounyoro, essayait de se rsité des dialectes en recueillant ses tribus les noms des premiers

dit-il, que j'obtinsse un résultat ni-beure au moins de la convere, 6 mon frj-re ! Dans la langue

un, deux, trois, quatre, cinq. »

lahili et je complais sur mes eux comprendre. — Hou '. Hou !

âge, nous autres, nous disons

pas cela que je te demande ; savoir, comment tu dis « L'n».

ux, quoi ! moulons, chèvres ou i seulement un, deux, trois, dans

des Vouapoka. — Hi ! Hi ! Hi !

en. III. — l'éducation chez les nègres d'afrique 75

Qu'est-ce que rhomme blanc veut faire des Vouapoka ? » — Ainsi de suite jusqu'à ce que ma patience fût complètement à bout ; ils se mettaient alors à jaser et, comme le cheval de la légende irlandaise, une fois lâchée, leur langue ne s'arrêtait plus » (1). — Si cette conversation a été exactement recueillie, comme il est probable, elle a, pour nous, la valeur d'une expérience psychologique et atteste, chez l'interlocuteur noir, une extraordinaire impuissance d'abstraction, puisqu'il semble incapable d'employer isolément les noms de nombre, et qu'il lui faut les rattacher à des objets concrets. Enfin sa faculté d'attention est des plus débiles, puisqu'il ne parvient pas à suivre, même peu de temps, une idée très simple sans éprouver un sentiment de fatigue intellectuelle si pénible, qu'il lâche de la secouer aussitôt en battant les buissons.

D'après Burton, cette débilité intellectuelle, serait générale chez les noirs orientaux. Incapables de la moindre tension d'esprit, ces indigènes ne peuvent répondre à la plus simple question, même par oui ou par non.

Ainsi, interrogés au sujet des noms et des distances des localités les plus voisines, ils ne réussissent jamais à donner un renseignement exact ; les distances, qu'ils indiquent, ne sont pas les mêmes deux fois de suite et presque jamais ils n'énumèrent les stations dans leur ordre exact, etc, etc. (2). — Evidemment tous ces faits dénotent une grande faiblesse mentale. Autorisent-ils à en conclure l'irrémédiable infériorité de leur race ? Avant de répondre à cette grave question,, il convient de voir quels ont*été les résultats de renseignement scolaire, précisément dans cette Afrique occidentale, où se trouvent des spécimens assez inférieurs de la race noire.

(!) Burton. Loc. cit. 524-525.

(2) Ibid., Loc. ciL 33,

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