‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 42 sur 141 · I. Soc. Tol. I. p. 79 (1809). Cave cantii · texte numérisé non relu

I. Soc. Tol. I. p. 79 (1809). Cave cantii

CH. IV. — l'éducation des nègres de race supérieure 83

fant soit élevé? alors les grand^mères la remplacent, deviennent même nourrices, si elles sont encore assez jeunes. A ce propos, Livingstone cite des faits fork curieux,. ceux où des grand'mères de quarante ans ont pu, sans accouchement nouveau, redevenir nourrices uniquement en se faisant téter par leurs petils-fils (1). Si extraordinaire qu'il nous parais^se, ce fait ne doit pas être rejeté à la légère ; nous, verrons qu'il a été aussi constaté chez les Peaux-Rougos.

Chez les Cafres, de même que dans beaucoup d*autres races belliqueuses, on pense que le plus ou moins de stoïcisme déployé par la mère durant Taccouchement peut influer sur le caractère de son rejeton, en faire un brave ou un lâche. Aussi les femmes cafres se font-elles un point d'honneur d'enfanter sans laisser échapper une plainte. Pendant le travail de la parturition, les amies de la patiente Tentourent et l'encouragent en lui disant: « Allons, ma, tu es une femme; une femme ne doit pas crier » ! La race est d'ailleurs peu sensible et les hommes ne pleurent jamais (2).

En Cafrerie, l'éducation est moins nulle, moins animale, que chez les noirs tout-à-fait inférieurs. Le nouveauné est, comme il arrive en tout pays sauvage, porté dans un sac de peau sur le dos nu de la mère et allaité pendant plusieurs années (3) ; mais plus tard on s'occupe de son éducation. Tous les jeunes enfants à peu près de même âge constituent une sorte de corporation, de classe^ et on s'efforce de les préparer aux fonctions viriles ou féminines qui les attendent. Les filles ayant pour tout vêtement des graines de citrouille et des segments de roseaux enfilés sur des cordelettes formant ceinture, s'en vont, sous la con-

(1) Livingstone. Explorations dans V Afrique australe, 143.

(2) Liviugstone. Loc. cit, 148.

(3) Motfat. Vingt-trois ans dans le sud de l'Afrique^ 317

iinmes, chercher de l'eau; en Cafrcrie, lion sociale de première importance, et 'essage particulier est nécessaire {l).En ssaie de développer leur énergie, leur uleur, par des épreuves spéciales, par aisant des brûlures sur les avanl-bras.

loter en passant, qu'eu Amérique, les ges se font un jeu de cette douloureuse

I Bangaï, les jeunes garçons sont soue stage, qui rappelle assez bien l'éduurant le Moyen âge. Tous les enfants nis autour d'un personnage, homme ibu et qui se charge de les instruire.

de ce noviciat, les familles des enfants

alimentation et même payent le prix i, en donnant pour cela une certaine lui, dans le pays, fait office de monnaie.

véritable période d'éducation, durant s gens sont soumis à une sévère discîîe à leur future fonction d'homme et de donne aussi une certaine culture intel-

l'on s'efforce d'en faire des orateurs, t volume, en étudiant l'évolution politique, chez les Cafres, le régime monar- : mitigé par des assemblées parlemenîs d'un primitif républicanisme ; que

sa colla, sorte de forum ou d'agora de parler est indispensable (2). Or la t pas fixée ; elle est en perpétuel deveon appelle les villes cafres, grands vil- ;omptant plusieurs milliers d'habitants,

c. cit. 169.

il ion politique.

eu. IV. L^ÉDUGATION DES NÈGRES DE RAGE SUPÉRIEURE 85

la langue se conserve encore intacte ; mais, dans les centres plus petits, isolés, où les parents, hommes et femmes, font souvent des absences de plusieurs semaines, les enfants, laissés à la garde de quelques vieillards, parlent comme ils peuvent, faisant bon marché de la langue des ancêtres, et ils créent, comme à plaisir, des dialectes nouveaux (1), intelligibles pour eux seuls. Il importe donc de corriger les irrégularités de leur langage, et même de leur enseigner le genre d'éloquence, qu'on estime dans leur pays. C'est là un des buts, que poursuit l'éducation collective, dont je viens de dire quelques mots. Aussi, à leur rentrée dans leur village, a-t-on soin de soumettre les jeunes garçons à une épreuve probatoire. £n public et sur un sujet donné, ils doivent soutenir une thèse et leurs parents sont très glorieux de l'art oratoire qu'ils y déploient (2).

En Cafrerie, il existe aussi une pratique, qui devient l'occasion d'un complément d'éducation et d'une véritable initiation. Cette pratique est la circoncision pour les garçons, l'excision pour les filles. A elle seule et sans autre preuve, la coutume de la circoncision chez les Cafres attesterait que la race bantou est bien originaire de l'Ethiopie et a dû, à une époque fort reculée, frayer directement ou non avec l'Egypte. Dans l'opinion des Cafres, la circoncision, qui se pratique entre les âges de huit à quatorze ans, est comme une seconde naissance, la naissance sociale ; avant de l'avoir subie, on ne compte point dans la cité, à ce point que les garçons, nés avant la circoncision de leurs parents, ne peuvent hériter du pouvoir royal. C'est seulement après la circoncision que le jeune homme a le droit de porter le bouclier, la lance, le jave-

(i) MofTat, Loc. cit, 8.

(2) Liviiigstone. IjOC. cit.

86 L ÉYOLITIOW DE l'ÉDI-CATION

lot et de se frotter de graisse : il est alors devenu qd

{guerrier (1).

~ ' " nonie de l'excision équivaut

on des jeunes hommes: elle e sortie de l'enfance. C'est au -itueDe, que les matrones ioidevoirsde femmes et leur enpassivement aux maris, leurs ns durent plusieurs semaines IX,- de chants et de danses, multiples ; mais le plus es- , c'est la malernilé, et nous l'honore en accouchant sans pour essayer la force d'endu- -on soin, durant la période do leur faire tenir dans les table, une barre de ferchaud.

e les épreuves do l'iniLialion :ipales occupations réservées palions sont nombreuses et ■ors do la guerre ut dcj soins vendiquent avec orgueil, en tiers réputés plus nobles, par >t de corroyeur, tous les traie lot des femmes. Ce sont ce sont elles qui construisent limes consentent-ils à couper charpente ; mais les femmes Lcr les pitces de bois à pied it chercher à une distance de nt ofHce de charpentier, etasuises pour édifier une grande ■t ouvert, par où s'échappe la

eu. IV. L*ÉDLCATION DES KÈGRSS DE RACB SUPÉRIEURE 87

famée et pénètre le jour, est à une hauteur de six mètres environ. Elles édifient aussi les clôtures, vont chercher le combaslible nécessaire, enfin élèvent les enfants. Il est certain que ces soins, ces métiers divers exigent un apprentissage, que les jeunes filles font peu à peu, d'ellesmémeSf en aidant leurs mères (1).

La circoncision des jeunes garçons est aussi pour eux, roccasion d'épreuves spéciales. Les adolescents de quatorze à quinze ans se réunissent d'abord dans Tenceinte de la koila, du forum cafrc ; là, ils se mettent entièrement nus en face des hommes faits, qui dansent selon les rites et se rangent à la file, en tenant à la main des baguettes flexibles. On pose alors aux jeunes récipiendaires une série de questions : Défendront-ils courageusement leur chef d'abord, puis la tribu, puis le bétail ? A chaque réponse affirmative et pour éprouver Tendurance des candidats, les hommes les cinglent d'un coup de baguette. A la fin de l'épreuve le dos des garçons est tout zébré de longues entailles.

Dans certaines tribus, la cérémonie de la circoncision est précédée d'une sorte d'éducation civique et monarchique. Ainsi, chaque année, la classe des jeunes gens de dix à quinze ans est tout entière désignée pour accompagner spécialement l'un des fils du chef; et chacun de ces groupes annuels forme une association durable, ayant ses règlements particuliers, fortement empreints d'un caractère communautaire ; ainsi aucun dos niolé" kanès (camarades) ne doit manger seul, quand un ou plusieurs de ses compagnons sont dans le voisinage. Les règlements de la compagnie sont obligatoires ; qui les transgresse peut être battu par ses camarades. — Lors de leur initiation, dont la circoncision est le point capital, tous ces jeunes garçons, déjà préparés par leur noviciat,

(1) MolTat. Zoc. cit, 1S9.

an DE l'éducation forêt où lis habitent des huttes LÏIs séjournent un certain temps, mes mûrs leur apprennent les les initient à leurs devoirs de finesses de la politique cafrc.

ville, où un prix est décerné au

eux.

mémorable, les jeunes gens, qui us que pour des enfants (Basi- 1 dignité d'hommes [banana] et kotla. Plus tard il leur suffira de :pIoit cynégétique, par exemple, pour ôtre autorisés à prendre des citoyens achevés (i).

, il y a lieu de signaler dans ces luse ressemblance avec celles de

constitution de toute une géné-

un groupe de féaulx compagnons al, rappelle très exactement un !enne, qui n'est pas sans nous 3ua le lisons dans Diodore. Cet un effet que Sésoosis, pfere de ous les enfants mâles, nés dans

que son fils, et les lit élever millier plus tard, pour son auguste armée inslruite et dévouée (2). Il ue la coïncidence soit purement ir pour une preuve de plus à l'aps, qui, à l'origine de l'antique eut en unir la population avec

modérément nombreuses, l'édu-

CH. IV. — l'éducation des nègres de race supérieure 89

cation virile se lermine avec les épreuves du noviciat; mais il n*en est pas toujours ainsi dans les monarchies de quelque importance. Ainsi le roi Mossélékatsi, guerrier avant tout, conquérant et despote, qui s'était couvert de gloire, en ravageant toute la contrée à la tète d'une sorte d'armée permanente, avait soin de donner à ses recrues, qui souvent étaient des captifs, une instruction militaire; il les faisait dresser à sa tactique victorieuse (1) avant de les mener au combat.

IL — Les Massai, etc.

Que les populations cafres de l'Afrique méridionale soient congénères de celles de l'Ethiopie, on ne le saurait contester; mais des tribus de même race occupent, sous des noms divers, toute l'Afrique orientale, de l'Ethiopie à la Cafrerie proprement dite. Nous ne les saurions passer toutes en revue; il en est d'ailleurs, comme celles qui sont riveraines des grands lacs ou Nyanzas de l'Afrique orientale, au sujet desquelles un supplément d information est encore nécessaire. Je me bornerai donc à parler, à titre de spécimens, de certaines populations habitant près des Alpes africaines, entre le Kilimandjaro et le Kénia, parce que, relativement au noviciat des jeunes gens, ces populations ont des coutumes analogues à celles des Cafres. Ces tribus éthiopiennes, échelonnées sur un espace situé entre le troisième degré au-dessous de Téquateur et le premier degré au-dessus, sont de belle race et elles mènent une existence à la fois pastorale et agricole, comme le font les Cafres. Souvent elles sont même très habiles en agriculture. Leurs champs, dont la culture est le lot des femmes, toujours comme en Cafrerie, sont cultivés avec le plus grand soin. Sur le flanc des mon-

(1) Moffat, Loc. cit., 345.

90 l'évolution de l'éucution

lagnes, pas un pouce de terrain utilisable n'est laissé eo friclie. On y cultive les bananes, les patates douces, le manioc, la canne à sucre. Les procédés d'irrigation employés pour fertiliser les champs sont dignes d'admiration. Pas une goutte d'eau, qui ne soit captée et dirigée ' . .-. ■ ""ciels passant d'une roche à

pe de bananier, etc. etc. (1 ).

is, nous pouvons à pen près î, du moins celle des gar- L'allaitement est prolongé; il dure deux années; mais, ic à mordiller et sucer aux crue et très dure, ce qui a k'ant leurs deuls mal lixées [i il existe une caste arislo- , on ne s'occupe guère que qui avant tout doivent être ts gai'çons préludent-ils à et s'exerçanl avec des arcs à leur taille (3}. Devenus 1 maniement de la lance, en lîlopes (i), A un âge, que on enlève aux enfants les ircs (')); mais, comme en ration, la circoncision, qui itre de guerriers. Elle s'ac- , d'un eniraincment, assez vons vu en usage cliez les I bissent-elles, elles aussi, ition correspondante? IVous

CH. IV. — l'éducation des nègrbs de race supérieure 91

ne savons; mais« lors des fêtes de la circoncision, on les envoie avec les jeunes gens de Tautre sexe dans un kraal éloigné, où tous, garçons et filles, passent un temps assez long loin du reste de la tribu, et où les libres amours sont autorisées (1). Pendant ce temps, le bétail appartenant aux jeunes nobles et qu'ils ont emmené pour leur subsistance^ est soigné par des serfs (2).

Ce temps de retraite est employé à compléter Téducation des jeunes hommes ; ils s'y rompent aux exercices militaires et se perfectionnent dans les danses compliquées, laborieuses et accompagnées de chants, que tout homme de leur pays doit connaître; car elles jouent un rôle important dans la vie sociale. Par exemple, on no s^abouche pas avec une caravane étrangère sans exécuter d*abord une sorte de ballet fort difficile (3).

Pendant la durée de ces exercices, les jeunes gens sont astreints à un régime spécial. Pour les rendre plus forts et plus hardis, on les soumet à une diète uniquement Carnivore, mais qui, sous peine de disqualification, de perte de caste, doit consister seulement en viande de bœuf, do mouton ou de chèvre. En outre, avant de tuer un bœuf, les jeunes candidats à la virilité sociale lui ouvrent une veine et boivent son sang tout chaud. Défense est faito de mêler la viande au lait et aussi de la manger dans le kraal même (4).

Pour achever d'aguerrir la classe des jeunes gens soumis à cet entraînement, la période d'initiation se clôt par une expédition, une razzia de bétail chez les voisins ; mais, avant d'y procéder, on s'y prépare par des cérémonies religieuses, ayant pour but de se concilier les dieux (5).

(4) Thompson, Loc, cit., 279 282.

(2) Ibid, 279.

(:j) Ibid, 490-283.

f4} Ibid. 282.

(5) Ibid. 283.

Page 1