CH. IV. L^ÉDCCATION DES NÈGRES DE RACE SUPÉRIEURE
à qui uii missionnaire avait appris Talphabet, travailla, toute seule, avec une application héroïque et en arriva à pouvoir lire les Saintes Écritures (1). Or c'était uniquement pour pouvoir comprendre ce livre magique qu'elle avait fait tant d'efforts. Certainement elle n'aurait pas montré une telle ardeur pour déchiffrer un traité d'arithmétique. La morale à tirer de ces faits est que, pour surmonter l'antipathie qui les éloigne de toute étude abstraite, de tout effort d'attention, les natures primitives ou incultes encore, les sauvages et les enfants, ont besoin d'être poussés par des mobiles moraux, appropriés à leur organisation mentale.
D'ailleurs les Cafres, auxquels il nous faut revenir, possédaient certaines aptitudes infantiles, qui favorisent beaucoup la tâche des missionnaires, savoir: de la tendance à imiter et parfois une mémoire phonographique. J*ai ailleurs mentionné, en passant, un curieux fait de ce genre rapporté par Moffat, celui d'un Gafre, qui, après avoir entendu une seule fois un sermon de missionnaire, le répéta textuellement, en copiant exactement les intonations et reproduisant les gestes; même il parlait de i'éternité en homme pénétré de son sujet (2).
Aussi, malgré l'extrême froideur avec laquelle les Cafres avaient accueilli les premières tentatives d'évangélisation, ils finirent peu à peu par se laisser catéchiser, du moins certains d'entre eux et avec un tel succès, que l'on en vit ouvrir , d'eux-mêmes , dans leur tribu , des écoles à l'imitation de celles des missionnaires (1837).