IV. — Les petites monarchies fétichistes de V Afrique
tropicale.
Les populations noires, de race supérieure, celles que
(1} Moffat, Loc, cil, 24.
(2) Ibid. 378.
CH. IV. — l'éougatiok des nègres de race supérieure 99
le caractère enfantin, propre à tous les primitifs. Ainsi le capilam^Speke lui ayant demandé quels objets les Auglais devraient lui apporter à l'avenir pour lui être agréables, il réclama : une certaine étoffe brodée d'or et d'argent, mais surtout des jouets d'enfants, des marionnettes, de&^ boites à surprise, des soldats de plomb, des poupées, des modèles d'animaux, etc. A ses yeux, la merveille des merveilles était un coucou américain, inséré dans le ventre d'une figure d'homme, dont les yeux étaient mis en mouvement par le balancier de la pendule (1). Dans l'Ouganda, Tune des femmes du roi MHésa éprouva une grande frayeur, en voyant la montre du capitaine Speke et elle déclara que ce devait ôU'e le loubari, c'est-à-dire l'une des principales divinités du pays. Il est à remarquer que cea grands enfants étaient très amateurs de beaux discours, même d'éloquence fleurie. Speke s'efforçait toujours de leur parler un langage figuré, qu'ils admiraient fort : » Il parle bien, l'homme blanc! » disaient-ils (2). Depuis lors les missionnaires européens ont catéchisé ces populalations naïves et attardées, mais sûrement très civilisàbles. Nul doute qu'ils n'aient fondé, parmi elles, des écoles chrétiennes; mais ils les ont en même temps dressées aux guerres religieuses. On peut dire que le gain ne compense pas le dommage.
Dans ces petits royaumes nègres, il n'existait rien qui ressemblât à nos écoles. Il en était de même à l'autre bout de l'Afrique tropicale, au Dahomey, avant que la récente conquête française eût détruit ce petit Etat, très comparable à.celui de l'Ouganda par l'organisation politique et même par la race; car sa population avait reçu des appoints d'immigrants éthiopiens. Là non plus, on ne connaissait pas les écoles, et pourtant on pratiquait divel-
(1) Speke. Sources du Nil, etc., 199.
(2) Ibid. 270.
DE l'ÉDIC^TION ' '
Ainsi te titulaire de chaque > de lui son futur successeur, mit son noviciat (l); maison t l'art militaire, si cher aux loient petits ou grands, blancs constituant l'élite de l'armée les aux exercices militaires les :emps on les dressait aux verla faim, la soif, la souffrance, txemple.àdes assauts factices, lieds et jambes nus, des fossés les terribles épines du bomtnt allÈgiement, à l'envi l'une lit dure. Sparte n'en deman- :ens.
ns de l'Afrique équatorialc.
des petites monarchies musul* s reste & examiner, traverse à illantdu pays des Mandingues.
t. Dans tous ces Etats, le sang t par de nombreux croisements avec les Berbères. En outre, tcaine, les Ethiopiens ont, de imé, le fond de la population nftme relativement supérieur.
t élevé par le métissage avec rtout dans la région, du moins évalu, les indigènes sont décirie primitive; ils ne sont plus
'éducation? Sûrement ils ont
CH. IV. — l'éducation des kègres de race supérieure 101
cpuservé le premier mode d'éducation, le dressage presque inconscient des enfants par l'imitation spontanée, par les jeux, par l'exemple des parents, parla participation à leurs travaux et occupations.
Il faut aussi y ajouter renseignement professionnel ; car tous ces pays sont industriels, ont des teinturiers, des tisserands, des forgerons, des corroyeurs et mégissiers, des bijoutiers: tous arts et métiers qu'il est nécessaire d'apprendre. Chez les Bambaras, les forgerons constituent même une caste aristocratique (1); chez les Mandingues, de grands privilèges sont accordés aux cordonniers, aux forgerons, enfin aux professions artistiques, aux musiciens et aux orateurs.
Mais, dans toutes ces monarchies musulmanes, on trouve un enseignement spécialement intellectuel, de vraies écoles. Je me hâte de dire, que ces écoles sont avant tout théologiques et fondées dans le but d'enseigner le Koran et sa doctrine. Les leçons sont données ordinairement par des marabouts et dans la mosquée, quand il en existe une. Chez les Mandingues, les professeurs de Koran jouissent d'une extrême considération et viennent en dignité immédiatement après les personnages royaux. Quoique fort- longue, puisqu'elle dure trois ou quatre ans, cette éducation pieuse ne va guère loin ; elle se borne à apprendre aux élèves ^ lire, mais seulement quelques passages du Koran, au plus à les écrire, enfin à réciter des prières. Pendant la durée de leurs études, les jeunes gens restent près du maître et lui servent de domestiques (2).
Dans le Bondou, où presque toutes les villes ont des écoles de ce genre, les mœurs des écoliers rappellent fort celles de notre Moyen âge. Les élèves sont, pour le maître, de véritables serviteurs, qu'il emploie aux travaux les
(1) Laing. ffist. univ^ voy. vol. XXVUI. 46.
(2) Laing. Loc. cit. et Mungo-Park. Hist. univ. voy* vol. XXV. n6.
rOLlTlON DE I. ÉDUCATION
'i! envoie entre les heures des classes, à son profit (1).
frique tropicale sont, comme nons le igues k celles que l'on rencontre dans ilmans plus civilisés, soit de l'Afrique t de l'Asie et de la Turquie d'Europe, les enfants vont à l'école, deux heures e au point du jour et une autre heure, lu soleil. Ils prennent leur leçon d'Arabe haute voix. Le maître exige que le verppris par cœur avant d'avoir été effacé el il est écrit. Quand il s'agit de remplaautre, le maître lave le tableau, et l'eau, opération, est pieusement bue par les t soit de se sanctilîer, soit de s'assimiler, I mot, les paroles sacrées (2), soit de lies; car, dans diverses contrées afriines, cette absurde pratique s'emploie rapeutique.
si, dans les grands centres africains, à ton, la superstition est aussi inintelliibouctoii, les écoles, toujours annexées nt un peu plus savantes; il y existe : dans tes villes franchement arabes, irimaire et un enseignement supérieur ; issède des collections de manuscrits.
, l'iaslruction élémentaire est assez )ouctou pour que la plupart des baU' ou moins bien lire et écrire (3). Les , y sont fort honorés el il arrive même s accompagnent leur professeur en ;aravane avec lui, puis, le soir, au