‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 51 sur 141 · IX, 83 [Troisième voyage · texte numérisé non relu

IX, 83 [Troisième voyage

yiiéxieiis, t. IV, 307. a., I, 411.

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tisooe entiferemeDt simple : en haut, une caste aristocratique dont les membres, inégalement apanages, étaient reliés les uns aux autres par une hiérarchie de suzeraineti^s et de vasselages ; au-dessous une caste servîle. Aneune classe moyenne ne s'interposait entre ces castes. On naissait et on mourait dans sa caste, même dsns sa classe. Aussi les prêtres formaient-ils leurs enfants pour lenr succéder.. Ainsi, à la Nouveile-Zélande, un prêtre, qui avait la pri^tenlion de commander aux flots, comme le Neptune antique, préparait son lila à remplir apr^s lui cette importante fonction (1). Mais les prêtres eux-mêmes appartenaient à l'arislocratic. Il en était sans doute de même des bardes, des hftrépo; pourtant ce point n'a pas encore été suffisamment éclatrci. Quoi qu'il en soit, il est certain que les bardes polynésiens formaient une sous-' caste héréditaire, conservant le dépôt des antiques traditions et ayant le monopole de ta poésie. Cependant une qualité maîtresse était indispensable pour remplir dignement la fonction de haTépo; avant tout' il fallait être doué d'une mémoire excellente; car il arrivait aux bardes polynésiens de chanter leurs antiques légendes sans interruption pendant des nuits entières. On s'exerçait à ces tours de force de père en fils et nul doute que, par cet entraînement soutenu, la mémoire ne se fortifiât de génération en génération. Pourtant tous les enfants des hsrepo n'étaient pas également doués sous ce rapport, quoiqu'on les exerçât dès la première enfance ; aussi choisissait-on le plus apte pour succéder à son père. TrèS' médiocres psychologues, les Polynésiens regardaient la mémoire comme un don gratuit des dieux, mais sans pour cela renoncer & développer par l'exercice cette pré-, cicuse faculté. Dans leur naïve ignorance, ils avaient imaginé un moyen très simple pour meubler sans e

(1) Dumonl d'Urville, Loc. cil. [Piices juslillcatives), II, 25.

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d»- glorilier les exploits des ebefs, de Tanler ) 'l'e<iprit ou de corps, de chauler aa^ les imour, etc. Omk racoote qu'on joar. assisse, il fut le sujet des cbaots improvisés ■('2,, Kn homme, ces distractions à la fois 1 ifitfdU-cluelles ne sont pas d'une nce ipi<l(! ; auHsi li-s Polynésiens, surtoal ceux le-/<- lundi-, mirent-ils de l'empressemeot à civîlimitioD européenne.

'olijniisianit et la civilisation européenne, vvn niiMHionnaircs anglais à la Nouvelleit, /an-, l'if , i, I, SUfi.

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X^ lande nous ont donné de curieux renseignements sur la manière dont les cfaefs accueillirent la civilisation d^darope. Ce fut avec beaucoup d'empressement. L'in- <iu.strie des blancs les frappa d'admiration et ils désirèrent aussitôt se l'approprier. La, plupart d'entre eux prena^ient un vif intérêt aux nouveautés, qu'on leur montrait; leor curiosité était même intelligente et sans cesse ils questionnaient et requesliimnaient jusqu'à ce qu'ils ^fussent compris les réponses (1); car les Néo-Zélandais, les MaoriSy n'avaient pas. à beaucoup près, la légèreté des Taïtiens; jamais ils ne répondaient à la légère; toujours ils tâchaient d'abord de deviner le motif de la question qui leur était faite. Marsden rapporte qu'il les intéressait aisément en leur parlant de sujets, que l'on pourrait appeler scientifiques (2).

A l'envi les uns des autres, ils lui demandaient des haches, des boches, des pioches, et ils montraient leurs mains, qu'ils avaient écorchées en creusant des rigoles pour arroser leurs champs de patates (3). Ceux que l'on emmenait à la Nouvelle Galles du Sud, visitaient incessamment les ateliers, les fermes, observaient attentivement le fonctionnement des charrues, elc; tous demandaient des pommes de terre, du blé pour semences (4). Mais, comme les seules plantes alimentaires qu'ils connussent étaient les fougères à racines comestibles et leurs patates, ils crurent d'abord que les grains de blé poussaient sous la terre, et après avoir semé un champ, ils brûlèrent avant 1 époque de la maturité, toute la future moisson, parce qu'en examinant la racine des plantes, ils ji'y avaient pas trouvé trace de grains de blé (5).

(!) NeW'Zmlandnrs, 379-384, (London, 1830).

(2) yen^Zealanders, 377.

(3) Dumont d'rrville. Loc. cit., II, 317.

(4) Ihid, 127-128.

(5) Ibid. 131.

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lï |>r(-mt<Te éfrtie 6rî wi i i [■■■iii fat jt l>tlf,, avec .iZ pdfaDU: ea ortotr». il 7 P>i janvi<T 1817. od ca comptait 7ft. Les li'oril i-ti nomhrif double des çarçoa«. pois (t'-ij pr'-s <'f:al. Les élèTcs étaient âgés de- *■ (:t,i,ili\i'>ii '■o'.iale très diverse. On comp- •''•(il or|(li''lins. six esclaves pris à la goeire- '^^•i\tii-i,i [louvairml être de race noble, plu-

f.Ui-i:-,. lUiitt l'un fut en état de devenir n- au IkjiiI de quelques mois. Tons appre- '■ fiKMliïmcnt, au moins aussi bien que les I. IIh arlojitJTent aussi des jeux earopéens:

lit trtu[iie (ij. Plusieurs firent de rapides.

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progrès dans la lecture de leur langue. Le difficile fut de leur faire comprendre que renseignement scolaire avait pour but de leur être utile. S'ils fréquentaient Técole, c'était pour être agréable aux missionnaires et ils attendaient quelque chose en retour de leur complaisance; à tout le moins entendaient-ils être nourris et bien nourris; sans cela, on ne les voyait à Técole que très irrégulièrement. On dut leur distribuer, chaque jour et à chacun, une poignée de patates et, durant les premiers mois, se borner à des exercices de chant et de danse, qu'ils aimaient passionnément (1). Ce ne fut pas non plus sans peine qu'ils se plièrent à la discipline scolaire : « Pendant qu'un enfant récitait sa leçon, dit M. Kendall, fondateur de Vécole, un de ses camarades jouait avec mon pied, un troisième m'enlevait mon chapeau, un autre, mon livre; mais tout cela gentiment, sans malice » (2).

Les femmes, prises en service dans la maison des missionnaires, étaient tout aussi indisciplinables et particulièrement celles qui étaient de race aristocratique, les rangatiras ; celles-là ne supportaient ni contrainte, ni réprimande; même les femmes de race servile, les koukis, riaient sans gêne au nez de leur maîtresse (3).

Peu à peu les écoles se multiplièrent et il s'en fonda dans tous les archipels polynésiens; mais il arriva trop souvent qu'elles furent dirigées par des missionnaires bornés, fanatiques, préoccupés surtout de faire de leurs élèves des catholiques ou des méthodistes. A Taïli, l'école était remplie de jeunes gens et de jeunes filles, qui, tous ensemble et sur un ton nasillard, répétaient machinalement des réponses aux questions du catéchisme (4). Quand Taïli était indépendante et vierge d^iufluences

(1) NetV'Zealanders, 391

(2) New-Zealanders, 392.

13) Ihid, 393.

(4) Mœrenhout. Loc. cit, t. I. 219.

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européennes, on y vivait surtout pour l'amour et le plaisir; l'île méritait tout & fait le nom de Nouvelle- " "' lui donnèrent les Français; mais tout

le gouvernement des missionnaires. Les es, même dans ce qu'elles avaient de plus it impitoyablement proscrites. Les chants, ûte indigène, les opéras-ballets, les repréiques furent interdits. Tout divertisscmeDi bmme un péché et en même temps comme né et puni. Un voyageur raconte qu'on le, ayant reçu un présent, se mit à chanter ;es compagnons, épouvantés, lui imposëssitût, de peur que les missionnaires ne 1), On connaît les résultats de cette tyrani;rémentée de guerres religieuses. Non seuiens oublièrent leurs arts indigènes, leur >nale ; ils se déshabituèrent même de leurs B leur agriculture. Leurs belles pirogues, iide admirait, disparurent; ils ne cuUivè- I contentèrent de se nourrir des fruits de |ui poussait spontanément dans l'ile ; surent de chanter et de danser, mais en rerirent à s'enivrer. Ëufin la population se avec la rapidité que l'on sait (2).

der d'ailleurs d'exagérer le succès de l'cnalaire en Polynésie. Au jugement d'un Iles Sandwich, les insulaires paraissaient ielligence très vive, mais seulement pour émentaire ; ils pensaient à peine et les con- 'ils acquéraient, étaient surtout mnémoa même constaté, en Polynésie comme

ist. unie. vny. (Deuxième voyage), vol. XVil. 21)9,

)c. cit. 298.

é par H . Spencer in Principes de psychologie. 384.

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ailleurs, des exemples de rechutes en sauvagerie après

une éducation européenne en apparence complète. Tel fut

le cas, par exemple, pour ce Taïtien, que MM. Nicholas et

Marsden rencontrèrent au Cap nord de la Nouvelle-Zélande,

ea 1815. Né à Taïti, cet indigène avait été amené à Port

Jackson, à l'&ge de onze ou douze ans. Là il fut élevé,

pendant des années, dans une famille anglaise, où, traité

avec une grande bonté, envoyé à l'école, il apprit à très

bien lire et écrire, à parler Anglais avec une grande

facilité. En toute chose, il semblait doux et obéissant ;

pourtant il ne cessait d'être hanté par les souvenirs de

son enfance, si bien qu'un jour il quitta la maison de son

protecteur pour s'en aller en Nouvelle-Zélande (1) et y

reprendre l'existence habituelle de sa race.

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