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CH. XIII. — L*ÉDUCATION CHEZ LES JUIFS ET LES CHALDÉENS

honorer quand même leur père et leur mère, si du moins ils voulaient vivre longtemps (1).

Mais on désirait beaucoup d'enfants; le Malthusianisme

éUiit inconnu des Hébreux ; à leurs yeux, jamais une

famille n'était trop grande ; son accroissement était

une récompense d'en haut. Le livre de Job promet au

juste une postérité nombreuse, « comme Therbe de la

terre » (2). Les Psaumes parlent dans le même sens:

M Voyez; c'est un hérilage dlahveh que les fils — et

c'est sa récompense que le fruit du ventre; — comme les

flèches dans la main du guerrier, — ainsi les fils de la

jeunesse » (3). — « Tu es florissant et chargé de

bonheur! — ïa femme est, comme une vierge abondante

en fruits — au dedans de ta maison, — et tes fils, comme

des plants d'oliviers — ù l'entour de ta table ! » (4).

Quel enseignement les parents donnaient-ils à ces nombreux enfants; car il n'y avait de gouverneurs et de gouvernantes que dans la classe supérieure? (5). Les garçons accompagnaient leur père aux champs, l'aidaient dans ses travaux et faisaient ainsi leur apprentissage rural (6). Les jeunes filles étaient dressées par leur mère aux occupations d'intérieur; elles apprenaient d'elle à liler la laine, à tisser des étofl*es, à confectionner des vêtements, à cuisiner (7). On enseignait en outre aux enfants la musique et la danse, la lecture et récriture (8) ; mais le principal objet de l'éducation familiale, celui que la Bible recommande par dessus tout, c'est renseignement

,1) Exode. XX. 12.

(2) Job. V. 23.

(3) Psaumes, CXXVII. 3.

(4) Psaumes. C\\\[\\.:i. (Tiad. LedrainV

(5) Jos. Simon. Loc. cit. 12.

(6) II. Rois. IV. 18.

(7) Exode. XXV. 2:». — I. Samuel. lî. 10. — II. Samuel. XIII. B. II. Ilois. IV. i8. — Proverbes. XXXI. 13, 19.

(8) Jos. Simon. 13.

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religieux; celui du dogme de funité de Dieu est même obligatoire : « Écoute, ô Israël ; lahveh, notre Elobim, est l'unique lahveh; aime-le de tout ton cœur, de toute ton âme et de toules tes forces. Ce que je te prescris aujourd'hui, que cela soit sur ton cœur; inculque-le à les fils et en devise souvent, soit que tu séjournes chez toi ou que tu parcoures le chemin, soit que tu te couches ou que tu te lèves, etc. » (1). Les vieilles légendes i:a ionales : la sortie d*Ëgyptc, la proclamation de la Loi et les miracles, qui raccompagnèrent, tout cela doit Otrc appris aux enfants et leur inculquer la crainte de TElernel (2). Et ces enseignements tenus pour primordiaux, il convient de les donner de 1res bonne heure « Instruis le jeune enfant à Tenlrée de son chemin ; — car, même devenu vieux, il ne déviera pas » (3).

L'enseignement moral se donnait oralement par sentences, allégories, paraboles (4) ; aussi par exhortation. Les Proverbes nous en fournissent des spécimens: « Le commencement de la sagesse, c'esl : « A^chète sapience, — et par dessus tout acquiers finesse » (5). — « Bois Teau de ton puits et Tonde de ton réservoir. -^ Prends ta joie en la femme de ta jeunesse, — biche des amours, gazelle de la grâce. — Qu'en tout temps ses mamelles le donnent largement à boire! ». « Pourquoi donc, ô mon fils, seraistu ravi de l'étrangère et embrasserais-tu le sein de la foraine? » etc. etc. (6).

Durant toute la période biblique, il n'y eut pas d'écoles en Judée et Téducation domestique, à la fois pratique et morale, mais principalement religieuse, dut suffire à

(1) Deuiêrononie. VI. 7, etc. (Ledrain).

(2) Deuférotwme XXXI. 19. — 10-13. (Tr. Ledrain).

(3) Proverbes. XXIÏ. 6.

(4) Proverbes, I. 4, 8.

(5) Proverbes, IV. 4-6.

(6) Proverbes. X.passim, (Tr. Ledrain).

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ioui. Il est vraisemblable que la lecture s'enseignait plus ou moins à tout le monde; car il fallait lire la Ribic ; mais la chose est plus douteuse pourTécriture, puisqu'il y avait en Judée des scribes de profession, portant leur écritoirc attachée à la ceinture (1) et écrivant tantôt sur des tablettes de bois, tantôt sur des peaux, de la toile, des feuilles de palmier. Cette instruction sommaire suffit à Israël jusqu'à son retour de la captivité. Plus tard commença et se développa Tinstruction scolaire, dont j'ai maintenant à parler, l'instruction dite thalmudiqne (2).

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