‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 127 sur 147 · IV. Leprolétariat rural · texte numérisé non relu

IV. Leprolétariat rural

De la formation des grands domaines et des gros capitaux résulta naturellement la création d'un prolétariat nom-

(1) Moreau-Christophe. Zoc. cil,, 28,

(2) Moreau-Cbrisiophe . Loc, cit., 27.

(3) Cicéron, ad, Q. frai. II, 15.

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breux et cela aussi bien à la campagne qu^à la ville. Les petits propriétaires ruranx se raréfièrent, absorbés qu'ils étaient par la grande propriété, mais beaucoup d'entre ea\ devinrent petits fermiers ou même colons. Ordinairement le grand domaine rural se divisait en deux parts ; Fane, cultivée par des esclaves, enchaînés ou non, sous les ordres d'un villicus ; Tautre mise en tenure dans les mains des petits cultivateurs libres (1). D'un troisième mode de culture naquit le colonat. Le colon était un cultivateur attaché à la glèbe, ne pouvant être vendn sans la terre, astreint à payer certaines redevances fixées une fois pour toutes, mais d'ailleurs libre de sa personne. Ce colonat se recruta de diverses manières ; ce fut un des modes de l'absorption des petits et des faibles par les grands et les forts, c'est-à-dire les riches (2). Souvent le colon était un esclave, à qui le propriétaire avait concédé, moyennant redevance, une parcelle à cultiver. On pouvait être ainsi à la fois esclave et colon. Varron conseille déjà de donner aux esclaves laborieux un coin de terre et un petit troupeau : « Ils en seront, dit-il, plus attachés au domaine » (3). D'autre part, les petits fermiers libres, vivant de père en fils sur la parcelle louée par eux, se rapprochaient peu à peu de la condition du serf de la glèbi». Des hommes libres et sans ressource ou trop petits propriétaires en vinrent à demander la faveur, d'entrer sur un domaine à titre de colons (4j. A ces deux genres de colons il faut ajouter encore les populations immigrées ou importées. Ainsi Dioclétien transporta des populations entières d'Asie eu Thrace et leur y donna des terres. De même Maximin concéda aux Francs le pays désert des Nerviens et des Trévires, etc. (5). Avec \^

(1) F. de Coulanges. Loc. cit.

(2) Viollel. Hist. du droit français, 259. (8) F. de Coulanges. Loc. cit.

(4) Mever et Ardant. Question agraire, 88.

(5) Cibrario. Economie Polit, du Moyen âge, 1. 1, 83.

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temps la situation de toutes ces espèces de colons finit par s'égaliser. A la fin du quatorzième siècle, une loi de Valen- Uoien et Gralien consacra ce changement en défendant de vendre les esclaves ruraux sans le fond, auquel ils étaient attachés (1). Les serfs étaient, depuis la fin du lll* siècle, devenus des adscripti, des serfs casés (2). Néanmoins les esclaves, les vrais, continuaient toujours à travailler auprès du colon ; mais la loi les distinguait ; souvent elle appelait le colon «libre » ;sa personne, en effet, n'était pas esclave ; sans doute il ne pouvait quitter la terre ; mais le propriétaire ne pouvait pas non plus l'en évincer; il était retenu par un lien légal, le ne^mcs colonarius{Z). Le colon romain avait le droit d'ester en justice, même contre son propriétaire. Le juge, invoqué par lui, devait s'opposer à ce qu'on augmentât sa redevance et même lui faire restituer ce qui aurait été exigé en trop (4). Le colon pouvait être propriétaire et aussi enrôlé dans l'armée ; pour lui, il existait un vrai mariage et on n'avait pas le droit de le séparer de sa femme et de ses enfants (5). Parfois le colon devenait ou restait corvéable; il devait alors au propriétaire un nombre donné de jours de travail par an. Défense était faite au propriétaire de vendre le domaine sans les colons ; de son côtéTacquéreur ne pouvait introduire de nouveaux colons. Les fils du colon lui succédaient et ils devaient se marier sur le domaine, à moins d'acheter une dispense. Le colon ne pouvait être puni par le mattre que pour certains délits spécifiés d'avance. En résumé, il n'était pas une chose possédée, un esclave ; mais seulement un prolétaire attaché au sol. — C'était parmi les colons que les propriétaires, exemptés pour

(1) Viollet. Loc. cit., 266.

(2; F. de Goulanges. Loc. cit.

(3) !bid,

(i) Ibid.

(5) Rambaud HUt, Civ.Fr, t. 1,38-39,

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eux-mêmes du service militaire, se procuraient le nombre de conscrits, qu'il leur fallait fournir aux armées, et ce nombre était proportionné àTétendue du domaine. A défaut de colons, des recruteurs procuraient les hommes nécessaires ou bien l'Etat en achetait en percevant dans ce butun impôt spécial. Le service civique des premiers âges, n'était plus qu'un souvenir (l).

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