IV. VévoliUioii de l'esclavage en Mélanésie
Après la rapide excursion, que nous venons de faire dans les sociétés mélanésiennes, nous sommes en mesure de retracer à grands traits l'évolution de leur esclavage, à partir de ses origines mêmes. Les peuplades de la Mélanésie sont, dans leur ensemble, au dernier rang de la hiérarchie actuelle des races humaines. Parmi elles, il n'existe pas de type relativement supérieur, comparable, par exemple, au Nubien de l'Afrique. Cependant leurs civilisations diverses, quoique très rudimentaires, sont connexes. Dans le lointain de la préhistoire, les Australiens et les Papous ont dû avoir une commune origine. Les différences physiques, d'ailleurs secondaires, sont sans doute imputables, pour une part, à •certains mélanges dont tout souvenir est évanoui ; pour une autre part, à la ségrégation dans les divers habitats continentaux et insulaires. Australiens et Papous ont toujours vécu en dehors des grands courants civilisateurs et séparés même les uns des autres. Chaque groupe a évolué, très lentement et à sa manière ; la plupart des archipels papous se sont ignorés mutuellement et, seuls, de rares émigrants polynésiens les ont parfois initiés à certains progrès.
Les Australiens ont été, plus encore, abandonnés à euxmêmes. Leurs petits groupes, disséminés à la surface d'un continent aussi vaste qu'ingrat, ont difficilement lutté pour l'existence et avec de bien pauvres armes. S'ils ont pu subsister, c'est en faisant un faisceau de leurs faiblesses indi-
;i^. Codringlon, The Melanesians, etc. p. Si6.