‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 42 sur 147 · DE L^ESCLAVAGE EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

DE L^ESCLAVAGE EN AFRIQUE

leurs voisins et rivaux, les Holtentots, qui toujours sont, les uns pour les autres, charitables et hospitaliers. (1)

Dans les parties de chasse, les balalas se nourrissent des rognures et des reliefs du festin ; exactement, comme les chiens des riches, avec lesquels d'ailleurs ils quêtent le gibier. Beaucoup d'entre eux s'attachent, comme infimes serviteurs, à tel ou tel chef.Ils ne possèdent rien en propre et n'ont même pas la possibilité de posséder quelque chose. Dans les razzias entreprises par leurs maîtres, tout ce qu ils peuvent voler doit être remis au supérieur, qui leur en abandonne une portion, s'il le juge convenable. Des coutumes somptuaires leur interdisent en outre de se couvrir avec des manteaux de peaux de cheval et en général de se servir des pelleteries dont les riches font usage (2). A la moindre velléité de résistance aux caprices des riches, ceux-ci les tuent tout simplement (3). Cependant, quand un riche a permis à un balala de s'attacher à sa maison, à ^cotla^ il ne lui refuse pas une certaine protection, alors que le pauvre balala vient l'implorer (4).

C'est sûrement parmi ces sortes de clients absolument abandonnés et méprisés, qee Ton choisit les victimes humaines, celles que l'on sacrifie à la mort des chefs ou pour une raison quelconque. Ainsi un chef des Cafres Tèbèlès tua un homme parce qu'il avait besoin de certaines parties de son corps pour fabriquer un charme (5). Quand il arrivait au ministre Moffat, premier évangéliseur des Cafres, de montrer quelque compassion à ces parms, les Béchuanas riches se moquaient de sa bêtise : « Comment, disaient-ils.

(J) Burchell, Hist. univ. voy., vol. XXVI, 475. (2) Campbell, HisL univ. voy.y vol. XXIX, 330. ^3) Moffat, loc. cit., 6, 7.

4) Moffat, loc. cit., 248. — Livingstonc, Explor. dans VAfr australe. Edit. in-12, p. 16.

(5) Livingstone, loc. cit. 89.

pauvait-il s'intéressera de pareils chiens? ». De leur côté les balalas ne se scandalisaient nullement de la dureté de leurs maîtres et seigneurs. « Ils se disaient seulement, que leur sort était d'être traités de cette manière et que c'était là un événement malheureux, comme il arrive quand un lion tue un homme » (1).

Dans bien des pays, chez bien dès races, nous verrons ainsi l'esclavage émousser, atrophier le sentiment de la justice aussi bien chez les esclaves que chez leurs maîtres. Même en dehors de l'esclavage proprement dit, cette dégénérescence morale est partout Tordinaire effet de l'oppression et de la servitude longtemps continuées. — Mais la tyrannie qui pèse sur les balalas cafres n'est pas encore do l'esclavage organisé; aussi, dans les tribus Bantous, les travaux domestiques et industriels sont surtout le lot des femmes.

En effet la femme cafre s'acquitte de la plupart des fonctions ou labeurs dévolus aux esclaves ou aux animaux domestiques dans les sociétés, dont Torganisation est plus complexe. Très rarement voit-on ensemble en dehors des villages cafres les hommes et les femmes ; d'ailleurs la chasse et la guerre absorbent une grande part de la vie des hommes. Pourtant certaines occupations paisibles sont aussi leur partage. Ainsi ce sont eux, qui cousent les vêtements, de peau ordinairement, même les vêtements des femmes ; ce sont eux qui fabriquent les haches et les couteaux, eux encore, qui mènent paître les troupeaux, qui traient les vaches. En résumé, tout ce qui a rapport au bétail et aux armes est de leur ressort. S'ils cousent les vêlements de peaux, c'est que la plupart des peaux employées sont des peaux de bœuf et que tout ce qui touche à la vie pastorale est réputé noble, sans doute parce que ce genre d'existence a précédé de beaucoup l'agriculture.

(1) Moffal, loc, cit., 243, 2il.

DE l'esclavage en AFRIQUE 57

Tous les autres travaux sont imposés aux femmes et jamais les hommes ne leur viennent en aide, quelque pénibles que puissent être leurs occupations (1); La femme cafre est littéralement le bœuf de son mari : « Je l'ai achetée, disait un jour un Cafre au voyageur Schouter, elle doit donc travailler (2). » Ce sont les femmes, qui approvisionnent la famille d'eau et de bois ; elles, qui font la cuisine ; elles encore, qui construisent les maisons (3). En outre les femmes cafres façonnent la poterie en usage dans leurs tribus et même, quand elles voyagent, elles ont soin d'emporter à cet effet une provision de terre glaise. Ce sont elles aussi, qui tressent les paniers, les ouvrages en vannerie (4). Mais la plus pénible de leurs occupations est le travail des champs. Aucune femme cafre n'est exemptée de ce travail, pas même la femme du chef de la tribu. En chantant, pour s'animer h la lâche, les femmes frappent le sol en mesure (3) ; mais leur bêche primitive ne fouille pas bien profondément la terïe ; elle ne pénètre qu'à quelques pouc(»s seulement. Dans ce sol, remué que bien que mal, elles sèment le mil africain, le sorgho, en ayant soin d'effectuer leur travail au moment' des pluies, durant les mois d'août ou de septembre (6). Plus tard elles récoltent le grain et le battent (7). Les hommes les regardent faire h moins qu'ils ne préfèrent dormir ou s'amuser entre eux à des conversations cyniques (8).

Etant donnée celte utilisation intensive de la femme, il est

(1) Burcheîl, Ilist. univ. voij., vol. XXVI, ^j85.

(2) H. Spencer, II, 284.

(3) Burchell, loc. cit. 459, 485. — Thompson, Hist. univ. voy^ vol. XXIX, 52.

(4) Levaillant, Hist. univ. voy., vol. XXIV, 202.

(5) Campbell, Hist. U7iiv. voy,, vol. XXIX, 3.%. (G) Burchell, Hist. univ. voy., vol. XXVI, 492.

(7) Thompson, Hist. univ, voy., vol. XXIX, 52.

(8) Ibid., 120.

tj8 l'évolution de l'esclavage

fort avantageux pour les hommes dVn avoir autant que possible ; c'est ce que font les riches; mais il en résulte une raréfaction delà marchandise féminine et bien des jeunes gens s'en procurent difficilement; aussi les femmes sont- elles fort recherchées et les hommes les retiennent dès leur enfance (1) : la vieille fille est inconnue en Cafrerie. — Une fois mariée, ou plutôt achetée, la femme occupe dans la famille cafre un rang des plus humbles. Les fils ne s'en soucient en aucune façon ; au contraire ils soignent leur père, parce qu'il est le propriétaire des troupeaux, dont ils espèrent hériter (2). — Ordinairement il est interdit aux femmes de pénétrer dans laco//a,dans le forum cafre, oîi ont lieu les délibérations des hommes. Il est pourtant des exceptions, qui sont sans doute des survivances datant d un âge lointain, de Tàge du clan républicain. Ainsi, chez les Cafres Tébèlès. les femmes assistent aux débats parlementaires, sourient aux orateurs, les encouragent, les applaudissent (3). Il en est de même chez les Balondas où même les femmes peuvent faire cesser un combat en s'interposant entre les deux partis (4) ; mais ces exceptions n'infirment pas la règle, qui est la servitude, l'esclavage des femmes.

En remontant vers le nord, dans la région du Zcimbèze, occupée par des populations parentes des tribus Bantous de la Cafrerie méridionale, la servitude féminine est la même Livingstone a vu dans cette région les femmes Iravaillerla terre et broyerle grain avec un mouUn embryonnaire composé iFune pierre concave immobile et d'un broyeur aussi en pierre mais convexe d'un côté ; ce broyeur se tient à deux mains, comme nos boulangers tiennent leur rouleau à pétrin (3).

(1) Campbell, loc. cit., 357.

(-1) Wake, Evolution ofmorality, I, 429.

(3) Livingslone, Explorations dans V Afrique austî'Ule (édit. in- 12), 32.

(4) Giraud-Teulon, Origines du mariage^ 213.

(5) Livingstone, loc. cit., 323, 327.

DE l'esclavage EN AaRIQLE 5Î)

Mais dans celte région, les négriers portugais ont déjà introduit le commerce d«*.s esclaves et sous sa forme la plus brutale. Aussi les chefs font-ils sans cesse des razzias pour se procurer de la marchandisehumaine et la vendre; sur son chemin le voyageur rencontre de temps en temps de ces longues chaînes de captifs, dont j'aurai bientôt à reparler; car nous en avons fini avec l'Afrique relativement libre. La zone tropicale, où il nous faut maintenant pénétrer, est par excellenceune zone servile. On y trouve l'esclavage institué depuis un temps immémorial, passé dans les mœurs et nous allons pouvoir Vy contempler dans toute son horreur.

III. — L'esclavage da^is les tribus sauvages de l'A friqite tropicale.

Au point de vue sociologique, la vaste zone servile de l'Afrique tropicale est loin d'être partout identique. Elle comprend des tribus obéissant toutes à des chefs monarchiques, mais très sauvages encore, et des petits royaumes, notablement plus civilisés, dont certains sont encore fétichistes, tandis que d'autres professent un Mahoinétisme mitigé et misa la portée de populations inférieures. Mais partout l'esclavage est en vigueur ; seulement le sort de l'esclave est plus ou moins affreux suivant que la civilisation est plus ou moins primitive. Pour rester fidèle à la méthode évolutive qui est notre guide dans ces études, nous commencerons notre examen de la zone servile par les tribus les plus sauvages.

A. — C'est dans la région africaine, située autour du golfe de Guinée, depuis Tembouchure du Niger jusqu'à celle du Congo, que vivent encore les peuplades nègres les plus incultes. La civilisation très relative de l'Islam africain ne les a pas encore atteintes et, sur le littoral, les

60 l' ÉVOLUTION Dfc i/eSCLAVAGE

navires européens ne leur ont apporté que des causes de démoralisation et de dégradation : l'ivrognerie, la syphilis, la traite. — Pour les Africains, plus ou moins mal convertis au Mahométisme, les prisonniers de guerre sont seulement des objets de trafic ou de plaisir, ce qui est déjà assez inhumain ; mais pour les peuplades encore fétichistes, du moins pour certaines d'entre elles, ils constituent aussi du gibier, une ressource alimentaire (1). Sur la rive septentrionale du Benoué, les razzias, ayant pour objet la chasse à Tesclave, ont presque dépeuplé la région. Ces razziassont particulièrement Toeuvre des nègresMitchis, qui font encore la guerre de la façon la plus primitive. Vis-à-vis de leurs voisins, ils sont étrangers à tout sentiment d'humanité et leurs prisonniers sont ordinairement mangés, mais après avoir été torturés . Pour les Mitchis, manger de Thomme est un régal exquis ; leur expérience à ce sujet est grande et ils savent distinguer les bons morceaux. Les mains et les pieds, par exemple, sont les parties les plus estimées, aussi sont-ils le partage des chefs. Pourtant ces populations cannibales n'habitent pas très loin de la côte et, dans certains points môme, à Bouny par exemple, elles sont en contact fréquent avec les Européens (2). Ce contact ne les a pointcivilisées,mais Tin térêt commence à brider leur férocité; tous les prisonniers des Mitchis ne sont pas mangés et. dans cette région même, toutes les tribus ne sont pas cannibales. Beaucoup de captifs sont vendus ou troqués ; car on craint de garder les hommes capturés dans le voisinage, et Ton se hâte de les échanger , contre d'autres esclaves ayant une origine lointaine.

Il en résulte un incessant commerce de marchandise humaine ; à travers les sentiers à peine praticables de la forêt, des caravanes d'esclaves vont et viennent, se traînent

(1) E. Viard, Aie Bas-Niger, 200.

(2) Ed. Viard, Au Bas-Niger, 205.

DK l'esclavage EN AFRIQUE 61

plutôt, car on se sert, des captifs comme de bêtes de somme elon les oblige à porter sur leurtiHe des charges énormes. En même temps, on ne leur fournil qu une alimentation des plus insuffisantes ; or, le voyage de ces tristes caravanes dure des semaines, parfois des mois, aussi les malades, les exténués sont-ils fort nombreux . Les conducteurs de caravane s'en débarrassent par un procédé des plus simples, en les assommant (1).

Loin du littoral, le cannibalisme est plus commun encore que dans les districts plus ou moins fréquentés par les navires d'Europe et d'Amérique. Néanmoins on a partout Tidée el la pratique de l'esclavage, mais, règle générale, les esclaves sont d'autant moins nombreux que les peuplades sont plus adonnées au cannibalisme ; par la raison fort simple qu'il est impossible de réduire en servitude les gens que Ton a dévorés. Aussi les Fans du Gabon, célèbres pour leur passion anthropophagique, ont très peu d'esclaves. Les Apingis ont aussi des esclaves, mais ils paraissent les considérer, comme des animaux de boucherie, comme une vivante réserve alimentaire. Ainsi un roi des Apingis, fil cadeau à Du Chaillu d'un esclave, afin que le voyageur le mangeât. Comme ce dernier s'y refusait, le donateur lui dit : « Si vous ne mangez pas vos esclaves, à quoi donc vous serventils ? »(2).

Pourtant les esclaves ont encore une autre utilité, celle de fournir les victimes funéraires destinées à accompagner soit le maître, soit le chef décédé dans la vie future où il est convenable que leur train de maison soit calqué sur la situation occupée par eux dans la vie terrestre. A Sierra Leone, c'était la coutume d'étrangler une foule d'esclaves sur la tombe des personnages de quelque distinction. Au Gabon, l'inhumation d'un chef n'allait pas sans le sacri-

(i) E. Viard, Au Bas-Niger, 201.

(2) Du Chaillu, Afrique équatoriale, 493.

fice d'un nombre plus ou moins grand d'esclaves, parfois d'une soixantaine, chiffre considérable pour ces petites tribus. Au Congo, on avait l'attention d'enterrer quelques esclaves sous la sépulture même du maître, afin qu'ils fussent aussi bien placés que possible pour recevoir ses ordres (1). Parfois, et par simple ferveur monarchique, des jeunes filles se disputaient l'honneur d'être enterrées, vivantes, à côté du cadavre du maître et, à Tenvi les unes des autres, elles sautaient dans la fosse. (2)

Sur une plus large échelle, les mêmes coutumes se retrouvent dans les petites monarchies encore fétichistes de l'Afrique tropicale

Les rois de l'Achanti et du Dahomey, ^ont les instincts étaient si sanguinaires et qui versaient le sang humain, surtout le sang servile, comme de l'eau, n'ont fait qu'exagérer des pratiques féroces en vigueur chez presque tous les noirs £ifricains non encore musulmans .

Mais ce gaspillage désordonné [de la vie des captifs indique nécessairement que le travail agricole, industriel ou domestique n'est pas exécuté uniquement par des esclaves et en effet, surtout chez les populations du Gabon et de son hinterlandy pour employer une expression à la mode, chez celles du Congo également et un peu partout dans le monde nègre, la condition des femmes non esclaves est si humble, si dure, qu'elle équivaut à la servitude.

Dans la région gabonnaise, les hommes ont le travail en mépris et en horreur ; aussi l'imposent-ils à peu près également à leurs femmes et à leurs esclaves (3).

Partout, dans la région, les femmes cultivent la terre avec les esclaves et comnae eux (4). D'ailleurs femmes et

(1) P. Barret, Afrique occidentale, II, 190, 191.

(2) H. Spencer, Sociologie, I, 265.

(3) Laffîtte, Le Dahomey 96.

(4) Du Ghaillu, Afrique équatoriale, 19.

DE l'esclavage EN AFRIQUE 63

esclaves s'achètent également. Pourtant les femmes sont d'une utilité plus grande que les simples esclaves, car elles créent des alliances utiles et, dans ces régions, il nVst pas d'amis plus sûrs que les beaux-pères (1). Un homme est d'autant mieux posé, a d'autant plus d'influence qu'il possède plus de femmes ; elles procurent du crédit à leurs époux, servent à leurs plaisirs, flattent leur orgueil et leur permettent d'être paresseux avec délices. Pendant que les hommes se couchent autour de leurs feux soit pour bavarder, soit pour dormir, les femmes mettent le camp ou la case en état, font la cuisine, vont avec leurs enfants chercher du bois et sont habituellement rendues de fatigues (2).

S'agit-il de se procurer du bois rouge pour le commerce, hommes et femmes vont en chercher dans la forêt ; mais les premiers se bornent à abattre les arbres et à les débiter ea bûches; aux femmes est réservée la plus lourde partie de la tâche, celle de transporter ces bûches, à des distances de six à sept milles et plus, par d'épouvantables sentiers (3).

En résumé, ces pauvres êtres son traités comme de véritables bêtes de somme et en sont arrivés à trouver la chose très naturelle. Si', en répartissant aux porteurs les ballots d*une caravane, on a l'humanité d'assigner aux femmes des fardeaux moindres, elles en sont très étonnées et leurs maris partagent leur surprise. (4)

Jamais l'homme ne se mêle des travaux agricoles des femmes ; mais celles-ci ont le devoir étroit de pourvoir à lalimentation de leurs maris (5) .

L'agriculture étant encore extensive et nomade, le sol n'appartient à personne ; en outre dans les forêts de la

(1) Du ChaiJlu, loc, cit. i9, 470.

l2) Ibld., 104.

(3) Ibid., 127.

(4)/6id.,69.

(5) Ihid., 174.

•64 l'évolution de l'esclavagk

région gabonnaise, il y a peu ou point de bestiaux ; les seules richesses sérieuses sont donc les esclaves et les femmes (1) Celles-ci sont achetées à leurs pères à prix débattu, et pour les raisons que je viens de dire, les hommes contractent ces mariages par achat aussi souvent el aussi longtemps qu'il le peuvent, jusqu'à la plus extrême vieillesse (2) . Ce troupeau de femmes est plus ou raoin> gouverné par la femme en chef, qui est d'ordinaire la première épousée ; parmi les femmes secondaires se mêlent des femmes esclaves, tant est mince la différence -entre la femme dite libre et la femme esclave. Même les enfants de cette dernière sont libres, un peu moins estimés seulement et ayantjàTAge adulte, moins d'influence que les autres (3) . Les premiers devoirs de la femme gabonnaise sont l'obéissance passive et la soumission sans bornes. Comme l'adultère est puni d'une amende, les maris se servent souvent de leurs femmes pour tendre des pièges aux galants et pratiquent ainsi de fructueux chantages (4) . En outre ils traitent leurs femmes avec la plus extrême brutalité. Dans chaque case on trouve une courbache en cuir et à double mèche en spirale durcie, dont les hommes se servent couramment pour corriger leurs femmes, parfois en s'écriant : «Ah! coquine, crois-tu que je t'aie achetée pour rien ? » Aussi la plupart de ces pauvres créatures ont le corps zébré de cicatrices et en général •elles sont traitées plus rudement que les véritables esclaves {7)]. Dans de pareilles conditions, la fidélité conjugale est naturellement une vertu rare chez les femmes ; aussi leurs intrigues, d'une part, les mauvais traitements qu'elles subissent, de Tautre, les poussent souvent à déserter la case

{{) Du Ghaillu. Loc. cit. 370.

{t) îbid., 872. 370.

(3) IbicL, lO'i.

Cl) IbicL, 07.

K5) Ihid.y lOi.

Page 1