Préface de La Princesse Georges
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et taquin, prêt à pleurer, prêt à rire, ayant horreur de la réflexion, enchanté d'un jouet nouveau qui lui fait tout de suite oublier les anciens, mais qu'il est toujours prêt à casser pour savoir ce qu'il y a dedans, et ne sachant très bien d'ailleurs qui le lui a donné, ne refusant pas d'écouter des choses sérieuses, mais à condition que ça ne dure pas longtemps» sinon il se met à causer, ou à bâiller, ou à dormir, à moins qu'il ne s'en aille * ; un enfant qui ne vieillit jamais, qui ne peut vieillir, parce qu'il s'est assimilé le principe de l'éternelle jeunesse, de l'éternel amour, de l'éternel idéal, de l'éternel féminin, c'est-à-dire ce qui est toujours fermé à un raisonnement, et toujours ouvert à une émotion. Vouloir modifier le public, autant essayer de dessaler la mer *. >
Ainsi que Démosthènes connaissait bien les Athéniens auxquels il adressait ses Philippiques, l'auteur dramatique doit connaître à fond le public du théâtre. Ces causes, donc, et bien d'autres, dont chacun, en réfléchissant, peut se rendre compte, font qu'il y a un style néces-
1. Encore une différence à noter entre le spectateur et le lecteur du livre : celui-ci peut toujours tourner la page qui l'ennuie, tandis que nous vouions forcer le spectateur h nous écouter.