LA RÉPUBLIQUE
afete » réussit bien à porter un de ses membres à la présidence de la Chambre des Représentants, mais c'est un membre du Kouomintang qui fut élu à la présidence du Sénat. L'agitation grandissait à Pékin. Yuan jugea prudent de transférer sa résidence dans la Ville Interdite, à l'abri des multiples enceintes qui assuraient la sécurité des empereurs. Malgré la résistance des Kouomintang il parviint à conclure avec la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie et le Japon — les États-Unis s'étant retirés — l'emprunt dit « de réorganisation ». Mais ce fut pour le parti révolutionnaire l'occasion cherchée pour se déclarer ouvertement contre lui.
Yuan prend alors les devants. Il destitue des gouverneurs de provinces du Sud hostiles à sa politique. Mais les troupes du Kiang-Si, la province voisine de Canton, lèvent les premières l'étendard de la révolte, marchent sur Nankin, y pénètrent^ en proclament l'indépendance. La révolte gagne d'autres provinces. Il faut agir avec force. Yuan envoie contre Nankin deux armées commandées par les généraux Fong Kouo-Tchang et Tchang-Hsoun qui, après un siège de quinze jours, pénètrent à leur tour dans la ville, le I®' septembre 191 3. Les kouomintang ont perdu la partie.
C'est alors que l'ascendant du président Yuan
Chi-Kaï va promptement s'affinner en une véritable dictature qui iie gardera plus de la république que le nom et quelques institutionô de parade. Le 6 octobre, il était élu président permanent par le Parlc^ ment réuni en séance jplénière.
A la fin du toême mois, la commission chargée d'élaborer un projet de constitution définitive ayant terminé ses travaux, présente un projet qui attribuait au Parlement les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et privait de toute initiative le président de la République et les ministres. La majorité des Chambres, voyant dans ce projet le moyen d'enlever au président toute autorité réelle, manifestait l'intention de l'adopter.
Yiiàn Chi-Kaï n'hésite pas : le 4 novembre il prononce la dissolution du parti kouomintang et expulse du Parlement les membres de ce parti qui se réfugient à Canton. La représentation nationale n'atteignant plus désormais le quorum légal, n'avait plus qu'à suspendre ses délibérations et la Commission constitutionnelle se dissolvait du même coup.
Yuan s'empressa alors de nommer une conférence administrative à sa dévotion et lui fit demander la dissolution complète du Parlement, que prononça un mandat présidentiel du 12 janvier 191 4. Il remplaça le Parlement par Un Conseil de la République de