L*ACCORD SINO-JAPONAIS
quatre-vingts membres nommés par lui> qtii, le 6 avril, abrogeait la Constitution provisoire de 1911 et élaborait un nouveau projet de constitution.
Le I®' mai, une nouvelle Constitution provisôiJre était promulguée, de tous points conforrtie aux Vues du président, à qui elle donnait des pouvoirs à peu près illimités. « Le président, stipulait le ptèmièt article du chapitre relatif à la présidence, est le chef de la nation et réunit en lui tous les pouvoirs du gouvernement. » Ainsi se trouva établie la dictature de Yuan Chi-Kaï.
Cependant de graves difficultés financières obligeaient encore ce dernier à recourir à un emprunt. Il 8'adressa à une banque française et gagea un emprunt de soixante-quinze millions de francs sut la concession de travaux de construction du port de Poukéou sur le Yang-Tsé et d'une voie ferrée de Yunnan-fou à Tchong-King. C'est à ce moment que la guerre européenne éclata.
Dès le 15 août 191 4, le gouvernement japonais adressait à l'Allemagne un ultimatum lui enjoignant 1° de retirer immédiatement ses navires de guerre des eaux chinoises et japonaises ; 2° de livrer sans
condition aux autorités japonaises, avant le 15 septembre, tout le territoire de Kiao-Tchéou ; qui lui avait été cédé à bail par la Chine, en vue de son refour éventuel à celle-ci.
On a pu lire souvent ces années dernières, qu'à la suite du meurtre de deux missionnaires allemands, en novembre 1897,1a Chine fut contrainte de conclure avec l'Allemagne la convention du 6 mars 1898, en vertu de laquelle la Chine, tout en gardant ses droits de souveraineté sur la province du Chantoung, au sud-est de Pékin, constituait autour de la baie de Kiao-Tchéou une zone de cinq kilomètres à partir de la marée haute pour le passage en tout temps de troupes allemandes. Elle accordait aussi à l'Allemagne un droit de bail de quatre- vingt dix-neuf ans sur les deux rives à l'entrée de la baie de Kiao-Tchéou, ainsi que sur un certain nombre d'îles.
Par la même convention, l'Allemagne se faisait concéder le droit de construire deux lignes de chemin de fer au Chantoung et de mettre en valeur les gisements miniers dans les quinze kilomètres de part et d'autre de la voie, etc.
Or, le 26 août 191 4, dernier jour du délai fixé par le Japon à l'Allemagne pour obtempérer à l'ultimatum que nous venons de rappeler, comme celle-ci ne s'était point exécutée, une armée anglo-japonaise
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débarquait sur la côte de Kiao-Tchéou et, dans l'obligation d'effectuer certaines opérations au delà des limites du territoire cédé à bail à l'Allemagne, violait la neutralité chinoise.
L'Allemagne et l'Autriche protestaient immédiatement à Pékin. Le gouvernement chinois, dans l'impossibilité de faire autre chose, traçait autour du territoire de Kiao-Tchéou une « zone de guerre » ouverte aux belligérants. Mais les Japonais ne tardèrent pas à empiéter sur le territoire chinois bien au delà de cette zone et occupèrent toutes les stations du chemin de fer de Tsingtao à Tsinan-fou, ce qui souleva dans toute la Chine une vive indignation.
Le 7 novembre, en effet, Tsingtao capitule ; mais les Japonais y demeurent, ainsi que le long du chemin de fer, et le baron Kato, ministre des Affaires étrangères, déclare à la Diète japonaise que la question de la rétrocession éventuelle du territoire de Kiao-Tchéou à la Chine ne sera discutée qu^ après la guerre.
Cependant le 7 janvier 191 5, le gouvernement chinois signifie au gouvernement japonais que les opérations étant définitivement terminées, la zone de guerre doit être évacuée. Le Japon proteste véhémentement contre cet acte « qu'il considère comme inamical» et, non content de la situation de fait qu'il
détient, il fait remettre, le i8 janvier, à Yuan Chl- Kaï, par son représentant à Pékin, M. Hioki, Une liste de vingt -et -une demandes destinées à se faire octroyer la place de l'Allemagne dans les droits et privilèges qu'elle possédait dans le Chantouiig, et à garantir à ses sujets une incontestable suprématie en Chine. Ces vingt -et -une demandes étaient divisées en cinq groupes. Le cinquième avait pour objet : i^ l'engagement par le gouvernement chinois, de prendre des conseillers politiques, financiers et militaires japonais ; 2° la concession aux sectes religieuses, écoles et hôpitaux japonais, du droit de posséder des terres dans toute la Chine ; 3^ l'introduction dans la police chinoise d'un grand nombre de fonctionnaires japonais ; 4° l'achat obligatoire au Japon de la moitié au moins des munitions de guerre dont la Chine aurait besoin ; 5^ la concession au Japon de trois voies ferrées ; 6° la reconnaissance d'|in droit de priorité aux capitaux japonais pour la construction des chemins de fer et des ports, ainsi que l'exploitation des mines dans la province du Fou-Kien ; 7^ le droit pour les sujets japonais de faire de la propagande religieuse en Chine.
En Angleterre, l'opinion, un peu tardivement se montra émue. Le Japon dut remanier son cahier de revendications et en présenter un nouveau d'où
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était exclu le cmqmème groupe de demandes. Vingts deux conférences furent tenues à Pékin, au coiurs desquelles le gouvernement chinois fit toutes les concessions possibles, sans que l'accord parvint à se faire.
Le 26 avril seulement, lé Japon présente un troisième contre-projet. Enfin, brusquement, le 7 mai, le Japon exigea de la Chine l'acceptation piure et simple de ses demandes dans un délai de trois jours. En même temps, des troupes japonaises étaient massées sur le chemin de fer sud mandchourien et sur la ligne de Kiao-Tchéou,à Tsinan-fou.
Pour maintenir la paix en Extrême-Orient, le gouvernement chinois s'inclina. L'accord suivant, le fameux accord du 25 mai 1915, dont il devait être si souvent question, quatre ans plus tard, lors de la Conférence de la Paix, était signé entre la Chine et le Japon
Article premier. — Le gouvernement chinois consent à donner son entier assentiment à tout ce dont le gouvernement japonais pourrait ultérieurement convenir avec le gouvernement allemand concernant la disposition de tous les droits, intérêts et concessions que l'Allemagne^ en vertu des traités ou autrement, possède relativement à la province du Chantoung.
Art. 2. — En ce qui concerne le chemin de fer à construire par la Chine elle-même pour relier Tcheiou ou Lungkéou à la ligne Kiao-Tchéou-Tsinan-fou
le gouvernement chinois convient, dans le cas où TAllemagne abandonnerait le privilège de faire les fonds de la ligne Tche-fou-Weihsien, que la Chine s'adressera à des capitalistes japonais pour négocier un emprunt.
Art. 3. — Le gouvernement chinois s'engage dans l'intérêt du commerce et pour la résidence des étrangers, à faire ouvrir par la Chine elle-même, comme ports commerciaux, aussitôt que possible, certaines localités appropriées dans la province du Chantoung.
Art. 4. — Le présent traité entrera en vigueur le jour de sa signature.
Le même jour, le gouvernement japonais faisait remettre au gouvernement chinois la note complémentaire suivante :
Si, à la fin de la présente guerre, on donne au'^gouvcrnement japonais le droit de disposer en toute liberté du territoire cédé à bail de la baie de Kiao-Tchéou, il rendra ledit territoire à la Chine aux conditions suivantes :
1° Ouverture de la totalité de Kiao-Tchéou conune port de commerce ;
2^ Etablissement d'une colonie japonaise dans une localité qui sera désignée par le gouvernement japo- Inais ;
3^ Etablissement, si les puissances le désirent, d'une colonie internationale ;
4° Conclusion d'un arrangement, avant que s'effectue la restitution dudit territoire, entre les gouvernements chinois et japonais au sujet du sort des établissements
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publics et propriétés privées allemands, ainsi qu'au sujet des autres conditions et procédures.
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Tandis que se déroulaient ces événements de politique extérieure. Yuan Chi-Kaï s'occupait de la formation d'un nouveau Parlement, puis, malgré les avertissements du Japon, de la Russie, de l'Angleterre et de la France, qui lui demandaient de surseoir à la restauration de la monarchie, il préparait son élévation au rang d'empereur. Par une propagande habile, il était parvenu à faire voter plus de la moitié des provinces pour la monarchie.
Sans tenir compte de la résistance de celles du sud-ouest, et en particulier du Yunnan et du Kouei- Tchéou qui se déclarèrent indépendantes, il acceptait, le 13 décembre 1915, l'offre que pour la forme il s'était fait adresser par un Conseil d'Étatjde prendre le titre d'Empereur.
Mais quelques jours après ce coup d'État, l'opposition, qui pendant plusieurs mois ne s'était pas . ouvertement manifestée, se dressa de toutes parts. 5 La révolution éclata dans les deux provinces du sudouest que nous venons de citer, et grâce à la configuration montagneuse du sol en ces régions, te-
nait en échec les troupes que Pékin avait envoyée» contre elle. En mars 1916, la province du Hounan se souleva à son tour, puis ce furent celles du Kouang- Si et du Kouang-Tong.
Yuan vit alors la nécessité de faire des concessions. Il chargea ses lieutenants Fong Kouo-Tchang et Tchang-Hsoun, d'entrer en pourparlers avec les révoltés. Fong Kouo-Tchang convia très habilement les provinces à s'entendre « sur la question de la présidence de la République ». D'empire et d'empereur il n'était pas question.
Ce tour de passe-passe ultra-oriental réussit. Les révoltés prirent au mot le négociateur, et la réunion d'ime Conférence fut décidée. Mais le 6 juin, un événement inattendu se produisit : Yuan CH-Kaï mourait. Plusieurs versions coururent et courent encore sur sa mort : d'aucims assurent qu'il succomba tout simplement à l'épuisement causé par un labeur excessif, d'autres prétendent qu'il se tua, d'autres encore qu'il fut empoisonné. Quoi qu'il en soit, la question de la restauration se trouvait résolue par sa disparition et le Cabinet Touan'Tsi-Jouei offrait la présidence de la République à Li Yuan- Hong qui l'acceptait, le 7 juin 1916.
L'estime publique dont jouissait le nouveau pré»ident engagea les provinces à rentrer dans le calme.
Celui-ci voulut qu'une Constitution fut élaborée sans retard ; mais à peine l'opinion en eût-elle été informée, que la flotte de Shanghaï réclama sous la forme d'un ultimatum, le rétablissement, avant le 25 juin, de la Constitution provisoire de l'an I, c'est-à-dire de celle qui avait été élaborée en 191Ï par l'Assemblée de Nankin.
Devant la menace d'un bombardement, le Président dut s'incliner ; la Constitution de l'an I fut rétablie et un ministère d'Union nationale fut formé où tous les partis, depuis les conservateurs jusqu'aux kouomintang, étaient représentés.
IrC I®' août, les Chambres se réunirent à Pékin. On vit alors les anciens membres du parti kouomintang recommencer à s'agiter et, dès les premières séances, faire preuve d'un penchant pour des théories peu compatibles avec la politique de réalisation que réclaniait la situation. Le résultat fut qu'une ligue militaire destinée à les tenir en respect se constitua sous l'appellation de Péi-Yang (Pei = nord ; Yang, c'est le Yang-Tsé-Kiang) et déclara son intention de maintenir l'ordre dans le Parlement. Cette manifestation calma les kouomintang qm, le x®^ septembre, accordèrent au Cabinet, tel que l'avait formé Touan Tsi Jouei, un vote de confiance.
Le 30 octobre, le maréchal Fong Kouo-Tchang
était élu vice-président de la République, tout en conservant ses fonctions de gouverneur militaire en résidence à Nankin.
Cependant l'hostilité des démocrates à Tégard de Touan Tsi-Jouei demeurait tenace. Un remaniement ministériel parvint à la calmer encore momentanément.
On arriva ainsi, parmi les difficultés causées par les affaires mongoles, les aflFaires thibétaines, l'aventure diplomatique de Lao-Si-Kaï (*), au i®' fé-
- (^) Suivant la promesse faite en 1902 par le gouvernement chinois, le terrain de Lao-Si-Kaï contigu à la concession française de Tientsin devait être compris dans l'extension de la dite concession. En 1914, cette promesse n'avait pas encore été tenue, toutefois la police française occupait seule depuis plusieurs années le terrain de Lao-Si-Kaï. Or, en juillet, la police chinoise s'avisa soudain de venir à son tour y exercer sa surveillance. La France protesta. Il fut convenu que les deux polices assureraient simultanément l'ordre jusqu'à ce qu'un accord définitif fût intervenu entre les deux gouvernements. Mais poussée à hout par les atermoiements des Chinois pour éluder leur promesse, l'autorité française donna ordre, le 20 octobre 1916, à sa police, de prendre possession du terrain en litige et d'en expulser la police chinoise. Cet acte eut en Chine et à l'étranger un fâcheux retentissement pour la France.
vrier 191 7, date à laquelle la publication de la note allemande, annonçant la guerre sous-marine à outrance et l'attitude des États-Unis à l'égard de l'Allemagne accaparèrent toute l'attention des milieux politiques chinois.
L'appel du président Wilson aux gouvernements neutres, à la suite de la note allemande,ne pouvait, en effet, laisser la Chine indifférente ; d'ailleurs, si l'Amérique qui, au cours des précédentes années, avait témoigné de l'amitié à la jeune République, était à son tour entraînée dans la guerre, celle-ci allait se trouver isolée.
Le président Li Yuan-Hong et les ministres le comprirent si bien, que, lorsque la nouvelle de l'entrée en ligne de l'Amérique éclata à Pékin, ils résolurent de se prononcer également. Ils considéraient en outre que l'intervention de la Chine lui procurerait le moyen de se faire entendre lors du règlement final, et d'obtenir des puissances des avantages financiers et la garantie de son intégrité.
Le 9 février, le gouvernement chinois adressa à l'Allemagne ime première note de protestation contre la guerre sous-marine illimitée. Le 21, l'Allemagne avisait le ministre de Chine à Berlin qu'elle refusait de souscrire à la sommation de son gouvernement. Alors, le 28 février, celui-ci adressa à Berlin une
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seconde note comminatoire. L'Allemagne comprit enfin que Pékin oserait rompre avec elle. Elle chargea son ministre à Pékin, l'amiral von Hintze, de faire les promesses suivantes : remise de la part allemande de l'indemnité des Boxers ; élévation du tarif douanier jusqu'à 12 ^/® ; appui moral de l'Allenfiagne après la guerre dans tous les différends que la Chine pourrait avoir avec les Alliés. En même temps, von Hintze dépensait, en quelques jours seulement, près d'un million de dollars pour gagner des adversaires au projet de rupture. Ce fut en vain.
Le 10 mars, l'Allemagne se décida à faire remettre axi gouvernement chinois un mémorandum très humble de ton où, tout en exprimant a l'impossibilité poiu: elle de rapporter sa politique de blocus », elle espérait que le gouvernement de la République chinoise « reviendrait sur son opinion relativement à cette question », et qu'en raison de « ses sentimema excellents à l'égard de la Chine », elle était disposée à traiter « comme si aucune menace n'avait été formulée ».
Poiur toute réponse, le lendemain ii mars, après un long conseil de Cabinet, le président Li Yuan- Hong et le premier ministre Touan Tsi-Jouei, soumirent aux Chambres un projet de rupture des relations diplomatiques avec l'Allemagne, qui fut voté
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i une énorme majorité. Le ministre d'Allemagne reçut ses passeports le 14 mars (*).
(^) Après renvoi qui lui fut fait de la note du 14 mars 1917 sur la rupture des relations diplomatiques, le ministre d'Allemagne Ton Hintze fut invité à quitter le territoire chinois dans un délai de quarante-huit heures. Mais ce ministre ne voulait point partir ; il désirait rester en Chine, sinon comme ministre^ du moins comme* homme, privé. Il adressa au président du Conseil une lettre pour lui montrer que la manière d'agir du gouvernement chinois était contraire au droit international et au sens commun. Mais il fut hien obligé de céder lorsqu' entra en scène M. Beelaerts van Blokland, ministre des Pays-Bas à Pékin, que l'Allemagne avait chargé de la protection de ses intérêts en Chine. Les intentions du gouvernement chinois étaient, à moins que le ministre «liemand n'eût un autre projet, de faire prendre à M. von Hintze \m train spécial qtii le conduirait jusqu'à Woosung, à l'entrée du port de Shanghaï, d'où il pourrait s'embarquer sur un paquebot neutre à destination de Port-Saïd ou d'un port turc de la Méditerranée. Mais comme il n'y avait pas à ce moment de paquebot neutre en partancC;, et comme le ministre allemand ne voulait pas prendre place sur un navire japonais jusqu'à Nagasaki où il aurait trouvé un paquebot neutre, le jour de son départ fut retardé.
Ce fut seulement le 20 mars que M. von Hintze annonça son départ au gouvernement chinois. Ce jour-là, il l'avertit qu'il partirait à bord du vapeur hollandais Rembrandt qui devait quitter Shanghaï le 27 et gagner
Mais l'Allemagne ne se tint pas pour battue.Dès ce moment, elle ne songea qu'à déjouer les projets chinois et s'y appliqua de son mieux. Des informations précises ont montré sa main dans la préparation et même l'exécution de la tentative de restauration monarchique dont nous allons parler.
Le héros de cette aventure, le général Tchang- Hsoun, ancien lieutenant de Yuan Chi-Kaï, nous
rAmérique en passant par le port japonais de Nagasaki. Le ministre se proposait de descendre à terre dans un port neutre des États-Unis, d'où, après avoir traversé le continent américain, il irait s'embarquer à New- York ou à Halifax sur un paquebot hollandais qui l'amènerait à Amsterdam.
Le ministre d'Allemagne arriva le 27 mars à Changhal et, le jour même, à 5 heures du soir, il s'embarqua à Woosung, à bord du vapeur hollandais Rembrandt...
Le 12 mars, le gouvernement chinois avait télégraphié au docteur Yen, son ministre à Berlin, actueUement ministre des Affaires étrangères, que la rupture des relations diplomatiques entre la Chine et l'Allemagne était imminente et que, en cas de rupture, il devait confier la protection des intérêts chinois en Allemagne aux soins de la Légation royale de Danemark à Berlin. C'est effectivement de la sorte que les choses se passèrent : le gouvernement danois consentit, suivant le désir du gouvernement chinois, à se charger des intérêts chinois en Allemagne. (Politique de Pékin du 19 juin 1921, d'après le Livre Blanc de 1917. Doc. n» 26).
l'avons vu, s'était fait remarquer lors de la révolution de 191 1. Il s'était encore signalé en 191 3, dans la répression d'un soulèvement sudiste. En 191 7, il occupait la position stratégique de Sou-Tcheoufou, à l'ouest de Shanghaï. On le regardait alors comme l'instigateur du mouvement insurrectionnel qui venait d'éclater au début du mois de juin dans plusieurs provinces. Le président Li Yuan-Hong l'avait imprudemment mandé à Pékin, pour conférer avec lui sur la situation. Il y arriva avec des bandes armées et y fut reçu avec honneur ; mais quelques jours plus tard, le i®^ juillet, à 3 heures du matin, il exigeait du président qu'il donnât sa démission et l'informait en même temps, que le jeime empereur Suen Tong, âgé de onze ans, qui avait abdiqué en 1912, était replacé sur le trône.
Le président se réfugia à la légation du Japon. Pendant douze jours, la Chine fut en monarchie. Le 12 juillet, en effet, les troupes républicaines qui avaient répondu à l'appel du vice-président Fong Kouo-Tchang, pénétraient dans la capitale, tandis que Tchang-Hsoun se sauvait dans une automobile allemande à la légation de Hollande.
L'aventure monarchique était terminée. Terminé également le régime de l'intrigue allemande en Chine. Le 17 juillet, Fong Kouo-Tchang remplaçait à la
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présidence de la République Li Yuan-Hong, démissionnaire, et, le 14 août 1917, déclarait la guerre à l'Allemagne, en dépit de l'opposition de certains politiciens parmi lesquels se trouvait Sun Yat-Sen, alors admirateur et partisan avéré de TAllemagne.
C'est seulement deux ans plus tard, le 15 septembre 191 9, que la Chine ayant refusé de signer le traité de Versailles, d'abord devait décréter spécialement la cessation de l'état de guerre avec l'Allemagne (^), puis encore deux ans plus tard, le 20 mai
(^) Décret présidentiel de cessation de l'état de guerre avec l'Allemagne :
Le 14 août de la sixième année^t la République déclara la guerre à l'Allemagne dans le but de défendre le droit international, de maintenir l'humanité, de réprimer les maux de la guerre et de hâter le rétablissement de la paix. Pour tout, elle adopta la même attitude que les puissances de l'Entente depuis son admission dans le corps des nations belligérantes. Maintenant que la guerre d'Europe a pris fin, les délégués des nations signèrent le 28 juin de l'année courante, à Paris, le traité de paix avec l'Allemagne. Ne pouvant accepter trois articles du traité concernant le Chantouug, la Chine a refusé de le signer, mais elle reconnaît les autres articles d'accord avec les puissances de l'Entente. Puisque la guerre entre les puissances de l'Entente et l'Allemagne a pris fin, et que la Chine fait partie de l'Entente^ elle est naturellement dans la même positioi^
1921, signer un traité de commerce avec cette puissance, traité qui fut ratifié le i®' juillet de la même année (^).
que celles-ci vis-à-vis de rAllemagne. Suivant décision du Parlement, nous devons annoncer immédiatement au peuple la cessation de l'état de guerre entre la République et l'Allemagne.
(^) Texte du traité sino-allemand *
Le gouvernement de la République allemande et le gouvernement de la République chinoise, animés du désir de rétablir les relations d'amitié et de commerce par un accord entre les deux pays, en prenant comme base la Déclaration de la République allemande datée de ce jour et reconnaissant que l'application des principes du respect de la souveraineté territoriale, de l'égalité et de la réciprocité est le seul moyen de maintenir la bonne entente entre les peuples, ont nommé à cet effet pour leurs plénipotentiaires, savoir :
Le gouvernement de la République allemande :
M. H. VON BoRCH^ consul général.
Le gouvernement de la République chinoise :
M. W. W. Yen, ministre des Affaires étrangères.
Lesquels, après. s' être communiqué leurs pleins pouvoirs trouvés en bonne et due forme, ont convenu des dispositions suivantes :
Article /«'. — Les deux hautes parties contractantes auront le droit d'envoyer mutuellement des agents diplomatiques dûment accrédités qui jouiront réciproquement, dans le pays de leur résidencejdes privilèges et immunités que leur accorde le droit des gens.
CVD
Quand Fong Kouo-Tchang arriva à la présidence la guerre civile entre le Nord et le Sud restait pour
Article IL — Les deux hautes parties contractantes s'accordent réciproquement le droit de nommer, dans toutes les localités où s'est établi un consulat ou viceconsulat d'une autre nation, des consuls, vice-consuls et agents consulaires qui seront traités avec la considération et les égards qui sont accordés aux agents de la même catégorie des autres nations.
Article III, — Les ressortissants d'une des deux Républiques résidant sur le territoire de l'autre auront la faculté, conformément aux lois et règlements du pays, de voyager, de s'établir et d'exercer le commerce ou l'industrie, dans toutes les localités où des ressortissants d'une autre nation peuvent le faire.
Ils sont placés, tant leurs personnes que leurs biens, sous la juridiction des tribunaux locaux ; ils doivent se conformer aux lois du pays où ils résident. Ils ne payeront aucuns impôts, taxes ou contributions supérieurs à des nationaux du pays.
Article IV, — Les deux hautes parties contractantes reconnaissent que toutes les matières douanières sont réglées uniquement par la législation intérieure de chacune d'elles. Toutefois aucuns droits supérieurs à ceux acquittés par les nationaux du pays ne seront prélevés sur les produits bruts ou manufacturés d'origine d'una