CONFLIT ENTRE NORD ET SUD
principal artisan de la déclaration de guerre de la Chine à TAllemagne et de ce fait, moralement appuyé par les Alliés.
En même temps que Touan Tsi- Jouei, [un autre personnage était poussé au premier plan de la politique chinoise, par tous les partis qui voyaient en lui le seul homme capable de réconcilier le Nord et le Sud. Nous voulons parler de Hsiu Cheu-Tchang, qui, après avoir rempli les plus hautes fonctions sous r^npire et sous la présidence de Yuan Chi-Kaï, s'était depuis plusieurs années tenu à l'écart de la vie politique.
Le 4 septembre 191 8, Hsiu Cheu-Tchang remplaçait Fong Kouo-Tchang à la présidence de la République. Son élection était un triomphe mérité, sur quatre cent trente-six votants, quatre cent vingt-cinq s'étaient prononcés pour lui (^).
(^) Hsiu Cheu-Tchang est né en 1855 à Tientsin^t mais passa dans la province du Honan une grande partie de sa jeunesse. Dans la vingt- troisième année du règne de Kouang-Siu, quand Yuan Chi-Kaï organisa son armée dans le voisinage de Tientsin, Hsiu Cheu-Tchang fut appelé à l'assister. Six ans plus tard, il était nommé directeup adjoint du bureau des Affaires miUtaires, puis du ministère des Finances, En 1900, il devenait ministre du Conseil privé. En 1905, on le chargeait de réorganiser la police de l'empire. En 1907^ il fut nommé vice-roi dep
6o l'évolution de la chine
A peine élu, il appela à la présidence du Conseil, le ministre de Tlntérieur, à la place de Touan démissionnaire et convoqua les délégués du Nord et du Sud, afin de les amener à une entente. Après quelques hésitations entre Shanghaï et Nankin comme siège de la Conférence, Shanghaï fut adopté. Les hostilités cessèrent tout à fait, mais les pourparlers, rendus difficiles par l'obstination du Sud à exiger le rappel pur et simple de l'ancien Parlement, furent suspendus, puis repris dans un esprit qui paraissait conciliant ; malheureusement, la décision de la Conférence de la Paix relative au Chantoung, les fit de nouveau suspendre au mois de mai 191 9 du fait des Sudistes, qui montraient ainsi qu'ils reportaient
Trois Provinces de l'Est (Mandchourie). En 1909, il fit partie du Grand Conseil de l'empereur, devint tuteuï de l'héritier du trône, président de l'Office des Communications, puis enfin en 1913, après la révolution, grand chancelier du président Yuan Chi-Kaï ; mais il donna sa démission au bout de peu de temps, demeura plu sieurs années à l'écart de la vie politique et se livra entièrement à l'étude jusqu'au moment où il fut élu président de la République. On possède de lui des traités sur l'administration, la politique, des biographies des grands nainistres mandchous, des poésies. Il est président de l'Académie Hanlin, fondée au vu® siècle, et qui est une sorte de collège de la haute culture intellectuelle,
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toute la responsabilité de l'échec des diplomates chinois sur le gouvernement de Pékin.
Ce procédé de politiciens n'était peut-être pas de saison. L'unique intérêt du pays, seule considération digne d'hommes politiques vraiment, patriotes, était, surtout dans un pareil moment, d'entrer au plus tôt dans la voie d'un compromis. Le ministre de Grande- Bretagne à Pékin, au nom de son gouvernement et des quatre autres puissances alliées, France, Italie, États-Unis, Japon, remit au président de la République un mémorandum insistant sur la nécessité de la paix entre le Nord et le Sud. Cette démarche resta sans effet et ne parut pas valoir la peine d'être renouvelée.
Il était une autre méthode qui consistait de la part des puissances à donner un appui complet et exclusif au Nord. C'est celle que les Japonais recommandaient par la bouche de leur ministre à Pékin, le baron Hayashi, un des hommes les plus remarquables du Japon, qui devint peu après ambassadeur à Londres, en prévision sans doute du renouvellement de l'alliance anglo-japonaise.
Nous trouvions cette méthode sujette à caution et notre libéralisme, en outre, y répugnait. Il ne s'agissait d'ailleurs pas, par une manœuvre maladroite, ^e dresser davantage le Sud contre le Nord et d'aller
ainsi à Tencontre du but pacifique que nous désirions voir atteindre. Nous n'avions pas à prendre parti dans les affaires intérieures de la Chine ; nous ne pouvions nous permettre que des si^igestions.
Deux solutions pouvaient être envisagées : Tune consistait à laisser le Parlement de Canton, h {dus ancien, élaborer la Constitution définitive, tandis que le Parlement de Pékin continuerait à traiter les affaires courantes jusqu'à l'adoption de la Constitution. Alors les deux Parlements auraient été dissous et un nouveau aurait été élu.
L'autre solution consistait à réunir les deux Parlements et à leur demander d'élaborer ensemble une Constitution. Un peu de bon vouloii de part et d'autre eut suffi pour faire adopter l'ime ou l'autre de ces solutions.
Mais le gouvernement sudiste ne tarda pas à décliner et à s'effriter lamentablement.
Le I®' novembre, le Parlement du Sud nomma une commission pour rédiger la Constitution définitive. Ce projet rencontra une opposition vigoureuse de la part de plusieurs chefs militaires de Canton. Une lutte d'influences entre ceux-ci compliqua encore la situation. D'autre part, l'action du gouvernement de Pékin entravait le projet en poussant à la reprise de la Conférence de Paix de Shanghaï. Les
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Budistcs se rendirent à Tévidence ; ib œmprirent que jamais leur Constitution ne serait promulguée ; ils abandonnèrent leur projet en désavouant toutefois ceux d'entre eux qui étaient disposés à se rendre i Shanghaï pour traiter de la paix. En fait, ces derniers, se retirèrent à Hong-Kong où ils décidèrent d'aller se rassembler à Yunnan-fou et d'y créer un gouvernement provisoire avec Sun Yat-Sen pour président.
Le Yunnan ne se soucia point d'hospitaliser un gouvernement révolutionnaire. Les parlementaires errants durent en être avisés ou furent les premiers à le comprendre, toujours est-il qu'ils abandonnèrent encore leur idée et ne songèrent plus qu'à retourner à Shanghaï,où Sun Yat-Sen s'était retiré après avoir signé un manifeste découragé déclarant déchus le Directoire et le Parlement de Canton et recommandant même la reprise des négociations de paix à Shanghaï .
Cependant des troubles graves allaient bientôt éclater à Pékin qui devaient rendre à Sun son assurance et le rejeter dans la lutte stérile et dissolvante. Nous voulons parler de ce que l'on a appelé au dehors
« la révolte des généraux » de juillet 1920, qui jeta bas l'autorité du maréchal Touan Tsi-Jouei.
Les généraux (toukiuns) jouent en Chine un rôle néfaste. Pour la plupart anciens chefs de bandes, qui pour leur rançon durent un jour entrer dans l'armée régulière, leurs procédés dans les provinces qu'ils ont charge de gouverner depuis la révolution et la disparition des vice-rois, constituent un véritable ..^,^^ fléau et tant que pareil fléau sévira, aucun régime politique ne pourra assurer le bien du pays. L'ambition de ces petits satrapes, qui ne s'explique que par un manque total de patriotisme dans leur cœur farouche et leur esprit inculte,est ime plaie que seules la création et la stabilité d'institutions politiques pourront faire disparaître. Jusque-là, il se trouvera toujours des partisans pour alimenter les assodations de demi-brigands qui jugeront commode de vivre sur la terre de Chine comme en pays conquis. On ne voit pas bien du reste pourquoi ces gens qui s'engraissent à leur aise dans les provinces où ils prélèvent l'impôt à leur seul profit et sans rien en envoyer au Trésor, renonceraient d'eux-mêmes à leurs fonctions et les résilieraient comme l'espèrent candidement ou font semblant de l'espérer des personnages de Pékin.
Pour comprendre ce qui s'est passé en Chine au