RÉVOLTE DES GÉNÉRAUX
milieu de 1920, il faut se rappeler qu'à cette époque, le gouvernement du Sud avait fini d'exister et que .celui du Nord avait perdu de son prestige à la suite de réchec des plénipotentiaires à la Conférence de la Paix ; plus que jamais, par conséquent, les toukiuns étaient laissés à eux-mêmes, c'est-à-dire à leur instinct de rapine et d'ambition personnelle. Il faut, en même temps, se souvenir qu'au début de septembre 191 9, le général Tsin Yun-Peng, ancien ministre de la Guerre, avait été appelé à la présidence du Conseil ; que peu après, le général Sou Chou- Tseng étant revenu de Mongolie avec la renonciation des princes mongols à leur indépendance, son succès avait renforcé l'autorité du club Anfou, dont il était un des membres les plus influents. Ce club, du nom de la rue de Pékin où il était installé, comptait des fonctionnaires civils et militaires influents, des politiciens, des parlementaires qui formaient la majorité au Parlement, Là étaient votées les résolutions qui devaient être ensuite portées à la tribune des Chambres. Il avait été fondé, en 191 8, sous la présidence de Fong Kouo-Tchang, alors qu'il s'agissait d'assurer les élections d'un nouveau Parlement. Il joua un rôle considérable dans ces élections, car il avait des représentants dans toutes les provinces. Pour des raisons que nous donnerons dans un autre chapitre,
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le club Anfou était pour ime politique d'entente avec le Japon.
Or, au commencement de Tannée 1920, l'influence du club Anfou grandit encore du fait de la mort de l'ex-président de la République, Fong Kouo-Tchang, im des chefs de la faction dite du Tcheli,qui s'opposait au club.
Alors ime ligue de huit toukiuns des partis du Tcheli et du Fengtien se dressa contre celui-ci, sous la direction de Tchang Tso-Lin qui régnait et règne encore en maître à Moukden, deLi-Chouenqui commandait à Nankin et de Tsao-Koun dont les troupes tenaient garnison au Tcheli. Le général Sou, de son côté, groupa des provinces et manœuvra de telle sorte que le président du Conseil Tsin Yun-Peng donna sa démission et fut remplacé par Touan Tsi* Jouei, comme lui-même membre du club. Le a juillet, Tsin donne sa démission, mais Touan n'est pas nommé,c'est l'amiral Sah qui est chargé de l'intérim ; en même temps \m décret paraît relevant Sou de ses fonctions de haut-commissaire en Mongolie et de celle de commandant des forces de défense de la frontière nord-ouest. Le club Anfou proteste et Touan exige la disgrâce du général Wou Pei-Fou, qui relève de Tsao Koim, en même temps que celle de ce dernier, les accusant tous deux de forfaitureé
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C'était une réponse ^ une accusation du même genre portée par Ts^o-Koun contre Sou.
Tchang Tso-trin quitte Moukden et intervient en personne à Pékin. Touan mai|itient ses exigences. Tchang quitte Péljin le 7 juillet. Le 8, Touan convoque les ministres de sa propre autorité, assume de soa plein gré tpute responsabilité et prend en même temps l'engagement de défendre la capitale avec son amiée. Le 9, un décret privait Tsaq-Koun et Wou Pei-Fou de leur grade et de leuris décorations.
Les deux généraux frappés commencèrent la lutte* Les troupes de Tsao-Koun campaient à Test de Pékin ; celles de Wou Pei-Fou,aprè8 avoir tenu campagne dans le Hounan contre les toukiims ligués contre le club Anfbu, étaient remontées au sud-ouest de Pékin. Les uns et les autres se mirent en mouvement vers la capitale.
Le maréchal Touan ^ la tête des forces de sûreté de Pékin remporte un premier succès sur les troupes de Tsao-Koun qui, le 17 au ^oir, semble perdu ; mai» le ï8, un revirement inattendu se produit : une division de Pékin prise de panique lâche pied en désordre et Wou Pei-Fou en profit^ pour reprendre avec succès l'offensive. Le 19, Tchang Tso-Lin qui pesait 4e tout le poids d'une armée bien en main amenée dp Moukden sur les forces
de Touan, était promptement maître de la capitale.
Le président de la République n'avait plus qu'à sanctionner le triomphe des partis du Tcheli et du Fengtien et l'anéantissement du club Anfou. Le 26, un décret rendait à Tsao-Koun et à Wou Pei-Fou leur grade et leurs dignités. Le président acceptait la mise à l'écart complète du maréchal Touan qui rentrait dans la vie privée, manifestement protégé cependant par le président lui-même. Divers membres du club Anfou étaient livrés à la rigueur des lois, mais les uns étaient en fuite vers Canton, les autres à l'abri dans le quartier des Légations.
L'amiral Sah Tchen-Ping continuait l'intérim de premier ministre jusqu'au 11 août, date à laquelle un nouveau ministère Tsin Yun-Peng était formé.
Telle fut l'aventure qu'on a appelée « la révolte des généraux » et qui, au fond, était un mouvement politique dirigé contre le groupe des parlementaires et des hommes influents partisans du club Anfou qui orientaient la politique de la Chine. Rien d'étonnant à ce qu'un changement dans l'orientation politique de ce pays se fasse manu militari, attendu qu'ainsi que nous l'avons dit, l'autorité des généraux n'est actuellement contrebalancée par aucune autre. Changement de programme et révolte de généraux vont ensemble. Le malheur est qu'on ne voit pas ce que