POLITIQUE DU SUD-OUEST
la Chine a gagné au change. Sans doute le parti militaire du maréchal Touan était projaponais, si le maréchal ne Tétait pas lui-même, mais, d'autre part, c'est encore un militaire, Tchang Tso-Lin, qui est Thomme du jour et maintient une influence évidente sur les décisions du Cabinet de Pékin. Qu'ime faction militaire quelle qu'elle soit l'emporte sur une autre, les procédés des militaires seront toujours une entrave au progrès.
L'ordre apparent rétabli dans la capitale par le généraux vainqueurs parut instable à Sun Yat-Sen ; aussi ne se pressa-t-il pas de quitter Shanghaï où il avait passé le temps de « la révolte ». Ce n'est qu'après les batailles que se livrèrent entre elles les provinces du sud-ouest et qui se terminèrent par la victoire du Kouang-Tong et celle du Seutchouen, qu'il revint à Canton.
L'appellation de Chine du Sud que l'on oppose politiquement à la Chine du Nord ne s'entend généralement que des provinces du Kouang-Si et du Kouang-Tong. Pourtant, la politique du Sud s'étend de plus en plus dans la direction de l'Ouest et tend à englober les provinces du Seutchouen, du Kouei- Tchéou et du Yunnan. Les ambitions de l'ancien
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Directoire de Canton, composé de Sun Yat-Sén, Wou Ting-Fang et Tang Shao-Yi portaient sur ces trois provinces, et toute la Chine du Sud-Ouest était devenue son objectif. Mais le Directoire dev^t compter au Yunnan avec ime autorité locale, celle du maréchal Tang Ki-Yao qui, malgré soti attitude indépendante, montrait parfois d'opportunes tendances de rapprochement et d'accord avec Pékin ; ces tendances enlevaient toute confiance au gouvernement de Canton, le rendaient perplexe et Tempêchaient de mener avec Yunnan-fou une politique d'association.
L'imbroglio politique de la Chine du Sud-Ouest s'accroît singulièrement de ce fait et quiconque veut essayer de dégager les gtandes lignes de la situation de cette région, s'en trouve plus gêné eitcore que lorsqu'il ne s'agissait que de la politique du Sud. Cependant une étude faite sur place notis a permis, sinon d'entrevoir les conséquences futures et définitives du chaos et le contre-coup qu'il aUra sur la politique du gouvernement de Pékin, du moins d'âttâlyser les efforts morcelés des Sudistes.
La guerre entre le Kouang-Si et le Kouang-Toîlg avait pour parallèle la guerre entre le Yuiman et le Kouei-Tcheou d^une part, et le Seutchouetl d'autre part.
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Les véritables raisons de ces conflits locaux sont économiques. Les provinces pauvres du Yunnan et du Kouang-Si envient leurs riches voisines du Seutchouen et du Kouang-Tong. Quand Tune de ces provinces se sent en état d'attaquer, soit pour prendre de force à sa voisine ce qui lui manque à elle-même, soit au contraire pour anéantir défimtivement un voisin envieux et ruineux, elle déclare la guerre. C'est ainsi qu'au milieu de 1920, le Seutchouen, las d'alimenter le Yunnan de denrées et d'argent, avait décidé, profitant de la situation politique inférieure dans laquelle se débattait le maréchal Tang Ki-Yao, de se libérer du joug qui lui était imposé par « ces stupidés montagnards yunnanais » et d'en finir avec eux. A cette époque, en effet, le i®^^ juin exactement, lorsque le maréchal Tang prit brusquement la décision de résilier ses fonctions de toukiun et de remettre aux mains d'un gouverneur civil l'administration de la province, il n'échappait à personne que sa position n'était pas des meilleures. L'armée du Seutchouen, assez bien fournie en canons et en munitions, était pleine d'ardeur guerrière ; les milices villageoises même demandaient à marcher. Les troupes du Seutchouen furent d'abord victorieuses ; puis celles du Yunnan trop éparses au début, après $'être regroupées, reprirent l'offensive et s'empa-
rèrent de Tcheng-Tou, capitale du Seutchouen ; mais finalement, la défection de certains généraxix du Yunnan et du Kouei-Tchéou allié ramena les chances du côté du Seutchouen et causa la défaite totale du Yunnan.
Presque en même temps, les troupes du Kouang- Tong, après de cruelles épreuves, rentraient à Canton victorieuses des troupes du Kouang-Si.
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Il est curieux de voir les belligérants agir politiquement au cours même de c t. luttes, soit pour profiter immédiatement de leurs succès momentanés, soit pour échapper à la ruine complète qui les menace. On voit aussi — et c'est le côté le plus intéressant pour nous de ces interminables conflits — le parti que les gouvernements de Pékin ou de Canton cherchent à en tirer.
Quand les troupes yunnanaises se furent emparées de Tcheng-Tou, on crut que le maréchal Tang Ki- Yao allait quitter Yunnan- fou pour se mettre à leur tête. Il avait du reste désigné précédemment son cousin pour le remplacer durant son absence éventuelle. Cependant il resta dans sa capitale et d'aucuns pré-
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