LA QUESTION D ' E XT R Ê ME - O R I E N T
du Japon en Chine, inter aUa, dans ce sens que les autres puissances ne doivent entreprendre en Chine aucune action politique sans avoir au préalable }^ échangé des vues avec le Japon à ce sujet, — condition qui établirait dans une certaine mesure un contrôle japonais sur les affaires extérieures de la Chine. D'un autre côté, le gouvernement japonais n^attache pas grande importance à sa reconnaissance du principe de la porte ouverte et de Vintégrité de la Chine, qu'il considère comme une simple répétition des assurances précédemment données aux autres puissances et comme n'impliquant aucune restriction nouvelle à la politique qu'il pratique en Chine. // est fort possible, par conséquent, quHl se produise plus tard quelque malentendu à ce sujet entre les États-Unis et le Japon, Au cours d'une conversation tenue aujourd'hui, le ministre des Affaires étrangères m'a confirmé que dans les négociations poursuivies par le vicomte Ishii (à Washington) la question débattue n'était pas quelque concession spéciale au Japon dans telle ou telle partie de la Chine,mais la situation spéciale du Japon dans F ensemble de la Chine. » N< ; /
En somme, le gouvernement des États-Unis reconnaît dans l'accord Lansing-Ishii que « le Japon a des intérêts particuliers en Chine », parce que la t proximité du territoire crée certaines relations spé-
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ciales entre les pays », mai$ eo même temps les gouvernements des États-Unis et du Japon proteetsnt de leur respect poiir « Tindépendance ou l'int^rité du territoire de la Chine et déclarent en plus qu'ils adhèrent toujours au principe dit de la Porte ouverte Q) ».
(^) Texte de raccord :
Le secrétaire d^Euu au vicomte IshiU Washington^ 2 noyembre 1917.
Excellence^
J'ai rhonneur de vous communiquer ci-joint mon accord relatif aux conventions arrêtées dans nos récentes conversations touchant les questions intéressant nos deux gouvernements à propos de la république chinoise. '
Pour couper court à certains bruits désobligeants <{ui ont de temps en temps circulé, nous avons pensé qu'A était souhaitable de faire une fois de plus une déclaration publique sur les désirs et les intentions de nos deux gouvernements.
Les gouvernements des États-Unis et du Japon reconnaissent qu'une proximité de territoire crée ce^ taines relations spéciales entre les pays^ et conséquoiQ' ment, le gouvernement des États-Unis reconnaît que le Japon a des intérêts particuUers en Chine, surtout dans les portions de territoire où leurs possessions sont contiguës^
La souveraineté territoriale de la Chiner cep«iidaot|
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£a outr«, le gouvernement des États-Unis faisait fttûvre la publication de Taccord d'une déclaration où il exposait que ces notes « non seulement contien-
demeure intangible et le gouvernement des États-Unis a toute confiance dans les assurances répétées du gouvernement impérial japonais affirmant que si sa position géographique confère au Japon certains intérêts spéciaux, celui-ci n'a nulle intention d'entrarer le commerce des autres nations ou de méconnaître les droits commerciaux accordés par les traités que la Qiine a signés avec d'autres puissances.
Les gouvernements des États-Unis 6t du Japon démentent qu'ils aient une intention quelconque d'empiéter sur l'indépendance ou l'intégrité du territoire de la Chine et déclarent en plus qu'ils adhèrent toujours au principe dit de la « Porte ouverte b accordant les chances égales à tous pour le commerce et l'industrie en Chine.
En plus, ils déclarent également d'un commun accord, qu'ils sont opposés à l'acquisition par Un gouvernement quelconque de droits spéciaux ou de privilèges qui pourraient affecter l'indépendance ou l'intégrité territoriale de la Chine, vu que jamais ils n'auraient l'intention de dénier aux sujets ou aux citoyens d'autres pays, la jouissance complète et toutes les chances relatives au commerce et à l'industrie en Chine. Je serais heureux de recevoir de Votre Excellence confirmation de nos conventions.
Signé : Robert La.nsing.
Le ificomte làhii au secrétaire d'Etat, Washington! 2 novembre 1917.
«ap
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nent une réaffirmation de la politique de la porte ouverte, mais introduisent aussi un principe de non intervention dans la souveraineté et dans Tintégrité territoriale de la Chine, lequel, généralement appliqué, est essentiel pour la paix internationale permanente, ainsi qu'il a été si clairement exprimé par le président Wilson ».
Le gouvernement chinois, de son côté, lorsqu'il reçut communication de l'accord Lansing-Ishii, fit remettre aux gouvernements de Washington et de Tokio une déclaration portant que la Chine ayant adopté à l'égard des nations amies les principes de justice, d'égalité et de respect des droits convention-
Monsieur,
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre note de ce jour, me communiquant votre accord relatif aux conventions arrêtées par nous au cours de nos récentes conversations touchant les questions intéressant nos gouvernements à propos delà République chinoise. J'ai le plaisir de pouvoir vous confirmer avec l'autorisation de mon gouvernement, l'accord en question arrêté dans les termes suivants : {ici la copie de la lettre américaine).
Je saisis cette occasion, etc.
•Signé : K. Ishii.
Ambassadeur extraordinaire 4l ministre en mission spéciale.
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nels, et ne reconnaissant les relations spéciales créées par la proximité territoriale qu'autant qu'elles sont exprimées dans des traités, ne se considérerait comme liée par aucun accord passé entre d'autres nations.
Qu'à la Conférence de Washington on revieime ou non sur cet accord, les Chinois entendent n'y pas jouer un rôle de second plan ; ils tiendront à ce qu'on y discute « toutes les questions qui affectent leurs intérêts primordiaux et qui ont une portée internationale ». Concessions, juridiction consulaire, troupes étrangères, services postaux, tarif douanier, etc.
Pour en revenir à notre sujet, envisageons la Chine en fonction d'un conflit nippo-américain.
« La lutte pour le Pacifique, écrit M. René Pinon dans l'ouvrage que nous avons déjà cité, est avant tout une lutte pour la Chine... La puissance qui dominera le Pacifique aura la meilleure part au commerce de la Chine. » Sous une forme plus précise, une revue japonaise, la Tokyo Keizai'Zasshi, écrivait,il n'y a pas longtemps : « Quand on concentre son attention sur l'Amérique et le Japon seulement, on trouve qu'une guerre est impossible, malgré l'an-
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tagonisme créé par la question de Timmigration (en Californie), leurs intérêts étant trop intimement liés. L'Amérique est un client très sérieux du Japon pour la soie grège et d'autres articles. Le Japon achète d'énormes quantités de coton et d'acier à l'Amérique. Mais les relations des deux pays sont différentes en matière politique lorsqu'il s'agit de la Chine. Les puissances européennes, trop meurtries par la guerre, ne sont pas à craindre, pour le moment du moins, mais le Japon et l'Amérique n'ont pas été assez atteints pour rester tranquilles ; ils sont grisés par une gloire facilement acquise,de sorte que, pleins de sève généreuse, ils sont sur le point de se sauter à la gorge à cause de la Chine. »
La Chine nous paraît être à la fois l'enjeu et l'atout : atout, parce qu'elle est le pays le plus peuplé de la terre et le plus riche en matières premières ; enjeu, parce que l'État qui deviendrait le maître de l'Océan, aura certainement en Chine, tant au point de vue économique que de l'influence politique, une situation enviable. Aujourd'hui que préludent les événements d'Extrême-Orient, la Chine est plongée dans un état chaotique. Au moment où les protagonistes du drame semblent se chercher et se défier par la publicité donnée tant aux États-Unis qu'au Japon à de formidables programmes navals, là Chine de-