‹ L'évolution de la Chine: politique et tendancesChapitre 35 sur 37 · RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT

d'élèves. Outre les écoles, il faut mentionner des bibliothèques de sociétés, celles des ministères, des collèges et des bibliothèques publiques dans une vingtaine de villes. Enfin il existe un décret du président de la République qui ordonne de prendre des mesures, en vue d'introduire un système d'instruction obligatoire dans toute la Chine.

Les avis sont partagés parmi les étrangers sur les moyens intellectuels de l'étudiant chinois.

D'après les uns, son cerveau ne fonctionne pas de la même façon que le nôtre. L'esprit d'examen lui fait défaut ; il est l'esclave des apparences ; il n'a jamais su établir de justes rapports de cause à effet. Il a uniquement recours à sa mémoire qui est grande et cherche à apprendre par cœur même la géométrie et la physique. Il se souvient des mots, mais ni des idées ni des enchaînements d'idées. Il est incapable de penser logiquement, de conclure le syllogisme le plus simple. Sans doute, il comprend l'arithmétique, la mécanique dans ses parties les moins élevées ; rien ne lui échappe dans une expérience, il en relève jusqu'aux circonstances les plus insignifiantes parce qu'il est im observateur pénétrant, mais l'imagination de la science lui fait totalement défaut. Il ne peut rien inventer, il ne peut que copier.

D'après les autres^ cette f^bles^e évidente de }a

pensée est un effet des circonstances, non un caractère de la race. Au bout de deux ou trois ans d'études, le jeune Chinois se met à penser librement. Des professeurs étrangers vous diront que plusieiirs de leurs élèves seraient bien notés en Europe.

Nous pensons, quant à nous, que le portrait que font les premiers de l'étudiant chinois est à peu de chose près exact. Toutefois, si vraiment son cerveau fonctionne d'ime autre manière que le nôtre, nous croyons avec les seconds que c'est affaire de circonstances plutôt que de race et que peu à peu la pensée nationale se fera à notre manière à force de s'exercer sur des objets jusqu'ici inconnus d'elle.

En tout cas, que le Chinois soit capable ou non d'inventer, ait ou non l'esprit scientifique, acquière ou non les moyens intellectuels de l'Occidental, ce que nous avons dit des possibilités de transformation de la Chine reste intact, attendu que dès l'instant où le Chinois décide d'adopter les progrès des étrangers, il peut avec leur aide les greffer sur son pays.

Une autre réforme que les Chinois ont à cceur de réaliser, c'est la réforme judiciaire. Ils y sont poussés

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