‹ L'évolution de la Chine: politique et tendancesChapitre 4 sur 37 · LE PASSÉ CHINOIS I · texte numérisé non relu

LE PASSÉ CHINOIS I

table et incontesté, mais Ton a trop vite fait d'expliquer par Confucius tout ce qu'a été la Chine et tout ce qu'elle n'a pas été.

« Confucius, continue M. Cordier, n'est ni un homme d'État ni un réformateur, mais seulement im moraliste s'appuyant sur la tradition (*). Il avait

(^) (f En 484, après treize années de vie errante, âgé de 67 ans, il revint à Lou (marquisat de Lou, provincd actuelle du Chantoung), mais ne rentra pas au service du marquis. L'empire était caduc, les princes se moquaient des principes du gouvernement antique,Ies R ites et la musique dégénéraient ; les Odes et les Annales étaient ouhhées. Confucius chercha à rajeunir toutes ces vieilles choses, à réformer son temps en le ramenant de dix-buit siècles en arrière. A cette fin, il tria les Ritss,il fît une sélection des Annales et un choix des Odes, il commenta le traité des Mutations. C'est pour l'usage de ses élèves, que Confucius compila ces choix de textes, "ces anthologies. Or, par suite de la destruction des anciennes archives en l'an 213 av. J.-C, il est arrivé que ces manuels scolaires, en somme moins de deux cents pages in-S® de textes, sont à peu près tout ce qui nous reste de la Chine antique. Ces petits livres ont fait la grande réputation de l'homme... Confucius a affirmé solennellement qu'il n'était pas l'auteur de ce qu'il enseignait ; que c'était l'enseignement des Anciens. En cela, il dit vrai, pour le fond. » (L. Wieger, Histoire des Croyances religieuses et des Opinions philosophiques en Chine, p. 124).

assuré la pérennité de la Chine qui a su résister à son envahisseur soit en le chassant soit en l'absorbant quel qu'il fût, tant que les circonstances extérietires lui ont permis d'exister sans être obligée de subir l'influence de l'étranger, ce qui est chose récente. » L'application du code de morale de Confucius et de ses disciples a permis aux Chinois d'arriver de bonne heure à un degré de civilisation inconnu au reste de l'humanité. « Mais, poursuit notre auteur, comme cette morale ne cherchait pas à atteindre un but élevé, qu'elle n'est en somme qu'une mise en pratique de théories sans grande hauteur d'esprit, elle n'a pas donné au peuple chinois le moyen de continuer dans la voie du progrès, et alors que d'autres nations, visant un idéal plus élevé, parvenaient à un plus haut degré de civilisation, l'Empire du Milieu restait depuis des siècles dans un état de stagnation complète. Confucius, malgré de courtes éclipses de sa renommée, constitue, par sa tradition, l'unité et la continuité de l'histoire de la Chine, mais il a fait perdre leurs traits essentiels aux différents groupes ethniques qui l'ont formée, et rendu difficile, sinon impossible, la reconstitution de l'histoire de son antiquité. On peut dire que Confucius a détruit l'originalité du peuple chinois dont il a complètement transformé la morale en la codifiant ; de po-

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