‹ L'évolution de la chirurgieChapitre 8 sur 27 · Scie pour la trépanation (Doyen · texte numérisé non relu

Scie pour la trépanation (Doyen

On remarquera l'identité de principe de tous ces instruments.

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les citations des compilateurs (surtout le précieux Oribase, dont je reparlerai plus loin), ces trois chirurgiens furent des novateurs et des opérateurs hardis. Héliodore (début du ier siècle après J. -G.) faisait la ligature des vaisseaux et leur torsion pour pratiquer l’hémostase : il pratiquait l’uréthrotomie interne, dans les cas de rétrécissement et faisait ensuite la dilatation avec des bougies faites en feuilles de papyrus desséché, collées sur un petit tube de plomb; il traitait aussi les hernies par la cure opératoire, avec dissection du sac péritonéal et résection de celui-ci le plus haut possible.

Archigène d’Apamée (qui a servi de source chirurgicale essentielle à Arétée de Gappadoce, comme Ta montré Wellmann) faisait aussi la ligature des vaisseaux sanguins divisés pendant l’opération, avec de la soie; il pratiquait des amputations des membres par la méthode circulaire et aussi en employant une sorte de lambeau postérieur : il pratiquait l’hémostase préventive par l’application d’une bande serrée au-dessus du point où devrait avoir lieu l’amputation ; du reste Archigène considérait comme très graves les amputations au-dessus du genou ou du coude : l’indication principale de ces opérations était la gangrène du membre.

Antyllus faisait l’opération de la cataracte par extraction (procédé qui ne reverra le jour qu’avec Daviel au xvme siècle) et opérait les anévrismes en liant au-dessus et au-dessous du sac. L’opération d’Antyllus, pour anévrisme telle qu’elle est décrite dans Oribase, nous montre quel degré de hardiesse et de précision la chirurgie avait atteint à la fin du 11e siècle de l’ère chrétienne; pour qu’on puisse en juger je tiens à donner ici la traduction du passage d’Oribase qui décrit cette opération, d’après Antyllus. « Il y a deux sortes d’anévrismes : dans la première l’artère a subi une ectasie locale, dans la seconde,

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l’artère est déchirée et « vomit » le sang dans les chairs voisines. Les anévrismes par dilatation sont plutôt allongés ; ceux par rupture arrondis ; ceux qui sont dus à une dilatation sont recouverts par une couche plus épaisse de tissus; en comprimant avec les doigts ceux qui sont dus à une déchirure de l’artère, on entend comme une sorte de crépitation (crépitation sanguine) ce qui n’existe pas dans les autres. Refuser d’opérer tous les anévrismes comme le faisaient les anciens chirurgiens, est stupide : mais il est dangereux aussi de vouloir les opérer tous : c’est ainsi que nous refusons d’opérer ceux qui sont dans l’aisselle, dans l’aine et au cou, à cause de la taille des vaisseaux et du danger de les isoler et de les lier; nous refusons aussi de toucher aux anévrismes très grands, quelque soit leur siège ; nous opérons ceux qui siègent au niveau des extrémités, des membres et de la tète. S’il s’agit d’un anévrisme par dilatation, nous ferons une incision droite à travers la peau, dans le sens de la longueur du vaisseau; ensuite, ayant écarté les lèvres de la plaie avec des crochets, nous couperons avec prudence les membranes qui séparent la peau de l’artère; avec des crochets mousses, nous isolerons la veine satellite de l’artère et nous dégagerons toute la partie dilatée de l’artère; nous introduirons sous l’artère une sonde boutonnée, puis nous passerons le long de la sonde une aiguille armée d’un fil double; les fils coupés avec des ciseaux sont glissés de chaque côté, au-dessus et au-dessous de la dilatation anévrismale et liés ; ainsi l’anévrisme est tout entier compris entre les deux ligatures; nous ouvrons enfin l’anévrisme en son milieu par une petite incision; ce qu'il contient est ainsi évacué et il n’y a pas de danger d’hémorragie ; lier comme nous avons dit l’artère des deux côtés et enlever la partie dilatée est dangereux, car souvent la violence et la tension du « pneurna » artériel peut faire sauter les

ligatures. » Voilà certes de la chirurgie hardie et qui montre combien la technique opératoire, anatomiquement réglée, était arrivée à un haut degré de perfection au 11e siècle de hère chrétienne.

Signalons encore deux auteurs de second qrdre de cette époque : Rufus d’Ephèse qui .vivait sous Trajan et Soranus également d’Ephèse (ce qui nous montre de nouveau l'importance de ces écoles d’Asie Mineure dans l'évolution de la chirurgie antique), et qui vivait à peu près à la même époque. Rufus nous a laissé une très bonne nomenclature anatomique, fort intéressante pour l’histoire de l’anatomie, et des écrits chirurgicaux qui paraissent être de seconde main, concernant surtout les affections des voies urinaires (rein, vessie) mais qui n’en sont pas moins très intéressants. Voici, à titre d’exemple, une description des symptômes des calculs vésicaux donnée par cet auteur : « Il arrive que les malades (atteints de calcul) dans la position debout ne puissent pas uriner, à cause de l’abaissement du calcul qui bouche * l’urèthre; les douleurs aiguës amènent les malades à se tirer sur la verge, ce qui les soulage quelquefois, en déplaçant le calcul : comme chez beaucoup de malades, le calcul ulcère la paroi de la vessie, les urines sont sanglantes, purulentes et muqueuses : dans ces cas, les malades souffrent toujours davantage. Pour examiner le malade : il faut le faire coucher sur le dos, les cuisses fléchies et les écarter le plus possible : on pratique ensuite un toucher rectal aussi profond que possible pendant qu’un aide déprime la paroi abdominale au-dessus du pubis, jusqu’à ce que l’on ait pu sentir le calcul ». On voit que cette description des symptômes de la lithiase vésicale et de l’examen clinique d’un malade ayant une pierre dans la vessie est déjà très remarquable.

Soranus a écrit sur la gynécologie et l’obstétrique : il décrit dans son ouvrage la chaise obstétricale et la

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version. Soranus dit en parlant du prolapsus utérin ulcéré que s’il y a sphacèle de la partie de l’utérus qui fait saillie au dehors, on peut la réséquer avec l’instrument tranchant; et même « si la totalité de 1 utérus est sphacélée, on pourrait enlever celui-ci en totalité ». Ce serait là, l’hystérectopiie vaginale pour prolapsus que nous trouverions décrite il y a vingt siècles : mais il n'y a pas dans le texte de détails su f lisants pour que l’on puisse affirmer que l’opération a été réellement faite, ni surtout que l’utérus ait été vraiment enlevé tout entier, dans ces opérations, si tant est qu’elJes aient été exécutées sur le vivant.

Cette étude forcément sommaire" de l’état de la chirurgie sous l’Empire romain telle que nous avons pu l’extraire des sources un peu confuses ou elle se trouve enfouie, nous montre en tout cas avec une grande évidence, combien la technique était déjà avancée à cette époque. Si nous ajoutons que d’après Dioscoride, le célèbre auteur du traité de matière médicale qui fit autorité pendant tant de siècles, et qui était lui-même chirurgien militaire dans l’armée de Néron (milieu du icr siècle après J. -G.), on employait, comme anesthésique, le vin de mandragore (atropamandragora) avant les opérations chirurgicales et les cautérisations, nous voyons que la pratique chirurgicale avait atteint déjà à cette époque un haut degré de perfection.

Ce progrès va s’arrêter bientôt, avant même la ruine complète de l’Empire romain. L’èrc des novateurs et des créateurs semble close vers le début du ni0 siècle après J.-C. ; par contre celle des compilateurs qui se copieront entre eux ou copieront leurs prédécesseurs, va commencer et durera pendant tout l’Empire byzantin, comme nous le verrons dans le chapitre suivant. Il semble d’ailleurs que ce soit là un fait fréquemment observé dans l'histoire de la civilisation ; aux époques de grande activité créatrice suc-

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cèdent des périodes, souvent fort longues, où l’érudition, le commentaire des textes anciens et leur paraphrase interminable, occupent toute l’intelligence et toute l’attention de ceux qui, peut-être, auraient fait œuvre originale, si ce poids mort des œuvres du passé que l’on considérait comme absolument nécessaire d’absorber et de digérer plus ou moins péniblement, n’avait en quelque sorte attaché au sol leur imagination créatrice, l’empêchant ainsi de prendre son vol.

Chez les Romains, où tout ce qui touchait à l’armée, était organisé avec un soin particulier, nous savons, par de nombreux textes, qu’il existait des médecins militaires de profession : « medici cohortis et legionis »; il y avait aussi un « valeiudinarium » (hôpital) dans le camp romain, d’après Hyginus; le service de cet hôpital était assuré par des « capsarii », ou infirmiers (de capsa, caisse à pansements et à instruments). Les empereurs romains avaient, attachés à leur personne, des « Archiatri » qui ne les quittaient pas et les suivaient dans leurs expéditions militaires les plus lointaines. Les médecins militaires ne paraissent pas d’ailleurs avoir joui d'un bien grand crédit chez les Romains : leur rôle devait se borner à faire quelques pansements et à distribuer aux soldats des médicaments simples.

On sait que la colonne Trajane nous a conservé la représentation d’un pansement sur le champ de bataille. Il ne semble pas qu’il y ait eu, au début de l’époque impériale, d’ambulances volantes, accompagnant les troupes pendant l’action ; c’est seulement à la fin du vie siècle, sous l’empereur Maurice, que l’on voit signalés des corps de cavaliers qui étaient chargés d’aller chercher les blessés et de les ramener en arrière. Ces cavaliers recevaient une prime quand ils sauvaient un blessé.

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La condition des médecins et des chirurgiens sous l’Empire romain est également assez bien connue par des textes et des inscriptions. A Rome, il existait des médecins publics, créés par Auguste et rattachés à l’administration des vigiles ou pompiers; les incendies à Rome étaient très fréquents, comme on sait, et les médecins se transportaient avec les vigiles, pour donner leurs soins aux blessés : il y avait d’après une inscription, quatre médecins par chaque cohorte de mille vigiles; c’est le quadruple du chiffre de l’armée régulière. A partir de l’époque de César les médecins publics, qui avaient été introduits chez les Romains à Limitation des Grecs, non sans difficultés d’ailleurs, se trouvèrent jouir d’avantages particuliers, en outre de l’immunité fiscale; leur nombre était limité et l’on sait par des inscriptions et des textes que les villes de l’Empire avaient le droit d’entretenir aux frais de la municipalité, cinq médecins, trois « sophistes » (ou professeurs de philosophie) et trois « grammairiens ».

Si les médecins et les chirurgiens de marque sont, comme chez les Grecs, des hommes de condition libre et peuvent, par conséquent, avoir un rang social élevé, tels par exemple Asclépiade, Héliodore, Archigène, par contre les médecins et chirurgiens de second ordre sont surtout, chez les Romains, des esclaves grecs ou tout au plus des affranchis; ils sont fort peu considérés et du reste il est permis de penser qu’ils ne savaient pas grand’chose et qu’ils étaient surtout de simples manœuvres, des poseurs de ventouses, des masseurs (tractatores) comme ceux dont parle Martial. On sait d’ailleurs que la médecine et a chirurgie grecques ne s’étaient pas implantées à Rome sans de très vives résistances de la part des Romains de la vieille roche, Caton l’ancien par exemple. A l’époque de Pline l’Ancien, c’est-à-dire pendant la première moitié du premier siècle après

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J.-C., cet auteur pouvait encore écrire : Solam hanc artium græccirum nondum exercet romarxa gravitas , in tanto fructu : c’est-à-dire « la médecine est le seul des arls grecs que la gravité romaine n’exerce pas encore, quelque lucratif qu’il soit ». Etait-ce bien la « gravité » des Romains qui les empêchait vraiment d’exercer la médecine? C’est ce qui ne me paraît pas bien démontré; je croirais plus volontiers qu’une certaine pesanteur d’esprit qui les caractérisait, leur interdisait les fin esses du diagnostic et par conséquent du succès en médecine. Certains médecins et chirurgiens grecs de grande réputation se firent à Rome de véritables fortunes ; c’est ainsi que Galien toucha quatre cents pièces d’or (au moins quinze mille francs) pour les soins donnés à la femme du consul Boëthus. Mais à côté de ces grands seigneurs de la médecine, il y avait certainement chez les Romains, dans les grandes villes, un prolétariat médical, dont Marlial nous atteste l’existence : il nous dit, par exemple (1,30) que beaucoup de médecins et chirurgiens de son temps font de si mauvaises affaires qu’ils quittent leur profession pour devenir gladiateurs ou porteurs de cadavres (vespillo); le poète ajoute ironiquement que, ce faisant, ils ne changent pas de métier.

Les pauvres et les riches étaient soignés surtout à leur domicile, semble-t-il, chez les Romains comme chez les Grecs; mais cependant dans les grandes propriétés foncières, nous savons qu’jl existait un « valetudinarium », un hôpital comme dans le camp de. la légion. Les soins étaient donnés dans ce « valetudinarium » par des esclaves-infirmiers (Caton, Golumelle). Ces « valetudinaria » rendus nécessaires par le grand nombre des esclaves que possédaient certains grands propriétaires romains (jusqu’à plusieurs milliers) sont évidemment l’origine des « hôpitaux », Lorsque l’esclavage disparut peu à peu, et que la structure économique du monde antique se trans-

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forma complètement, le nombre des prolétaires et des pauvres gens dont personne ne s’occupait plus quand ils étaient malades, devint certainement de plus en plus grand; c'est ainsi que, la charité chrétienne aidant, « les hôpitaux » tels que nous les comprenons, c’est-à-dire des établissements publics destinés à soigner les « indigents » malades ou estropiés, firent leur apparition. On considère trop souvent, à mon sens, cette création des hôpitaux comme due simplement à la charité chrétienne et à la modification profonde que le christianisme aurait apportée dans les conceptions « morales » du monde antique. Je crois que présenter les choses sous cette forme simpliste ne doit pas correspondre entièrement à la vérité historique; le facteur économique a dû contribuer d’une façon très importante, quand on y réfléchit, à rendre nécessaire l’institution des hôpitaux. L’esclavage, disparaissant peu à peu, le nombre des indigents augmenta progressivement; comme personne ne s’occupait plus de ces malheureux, quand ils étaient malades (comme on l’avait fait pour les esclaves dans les valetudinaria des grands propriétaires), il devenait politiquement prudent de les recueillir et de les soigner. Que la charité chrétienne ait été pour quelque chose dans l’établissement des premiers hôpitaux, je pense bien que cela n’est pas contestable, mais ce facteur, pris isolément, est insuffisant à tout expliquer. D’après saint Jérôme, c’est Fabiola, qui à la fin du ive siècle après J.-C., vers 380, aurait fondé pour la première fois à Rome un « nosocomium » où elle recueillit les malades absolument indigents. Nous verrons, dans le chapitre suivant, les créations d’hôpitaux se multiplier beaucoup, à Byzance surtout (v. p. 119).

Il semble que chez les Romains, comme chez les Grecs, la responsabilité civile des médecins et des chirurgiens n’existait pas : Pline l’Ancien (Histoire naturelle, livre 29) s’en plaint vivement. « Les méde-

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cins apprennent à nos risques et périls; ils expérimentent en tuant avec une impunité souveraine : il n’y a aucune loi qui châtie l’ignorance, aucun exemple de punition capitale. » Piine, on le voit, est sévère pour les médecins et s’il l’avait connu, il aurait certainement applaudi aux terribles dispositions pénales du Gode d’Hammourabi. Cependant l’avortement et la castration faite dans un but non thérapeutique semblent avoir été poursuivis chez les Romains par une action de « damnum injuria datum » (Jacquey).

La profession médicale était entièrement libre à Rome comme chez les Grecs et l’antiquité n’a pas connu les « diplômes » médicaux; le pouvoir central ne se chargeait pas de conférer à certains individus qui avaient fait des études spéciales et satisfait à des examens, le droit d’exercer la médecine. Il n’existait donc pas d’enseignement officiel de la médecine : comme chez les Grecs, on devenait médecin en suivant, comme apprenti, un maître déjà réputé dans l’exercice de son art et en s’établissant ensuite à son compte. Une inscription intéressante, mais malheureusement non datée, montre qu’il y avait à Rome, non pas une école de médecine officielle, comparable à nos facultés de médecine, mais un groupe de médecins librement associés pour enseigner leur art. Si les médecins ont été souvent vilipendés par les auteurs classiques, en particulier par les satiriques comme Juvénal et Martial, par contre Sénèque a fait d’eux, dans un de ses ouvrages, un magnifique éloge {de Bene ficus , livre VI) où il dit en substance : « On doit plus que des honoraires à son médecin, car il donne non seulement sa peine, mais aussi son affection ; il a droit au respect et à l’amitié, comme le maître de philosophie; c’est un ami et non un mercenaire ».

Arrivé au terme de notre étude de la chirurgie de l’époque grecque et gréco-romaine, nous pouvons

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résumer en quelques mots ce que nous avons appris* Tout d’aborJ, il est bon de répéter que ce sont les Grecs seuls qui ont créé la science chirurgicale de l’antiquité classique : grâce à leurs facultés naturelles d’ohservation qui apparaissent dès leur première œuvre écrite, c’est-à-dire dès les poèmes homériques, grâce aussi à leur curiosité inlassable, à leur amour de la connaissance pour elle-même (n’ont-ils pas créé le mot de « philomalhès » !), grâce à leur rationalisme qui écartant tout mysticisme, les conduisait à systématiser les données acquises sur un sujet déterminé, pour en faire une « technê », un manuel de l’art, ils ont les premiers introduit dans tous les ordres de connaissances, le besoin d’ordre, de clarté, de comparaison, d’explication des faits particuliers par des lois générales qui sont les conditions mêmes de toute science.

Appliquant ces rares qualités à l’étude de l'homme malade, ils ont su constituer les premiers une science médicale et chirurgicale qui mérite réellement ce nom, malgré scs lacunes et son insuffisance. Transmise aux Romains, cette science médicale grecque nous a été conservée par les savants de l’Empire Byzantin : c’est en effet grâce à leur zèle pieux pour tout ce qui était écrit en langue grecque, que les monuments écrits de cette science médicale grecque n’ont pas entièrement péri lorsque le monde ancien, déjà gravement miné, s’effondra définitivement sous la poussée des barbares ; c’est elle aussi qui influença de la façon la plus heureuse les médecins arabes qui la rendirent en partie à l’Occident, dès le début du Moyen Age. Ainsi nous voyons que de tous les côtés, c’est cette vieille médecine grecque qui, transmise indirectement et incomplètement d’abord, puis retrouvée intégralement au moment de la Renaissance, contribua à donner aux grands créateurs des temps modernes, les bases nécessaires pour recons-

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traire une science médicale nouvelle; que celle-ci ait été rapidement plus solide et plus sûre, en bien des points, que l’ancienne médecine des Grecs, cela n’est pas douteux, mais il ne faut cependant pas oublier que la science moderne est bâtie tout entière sur les solides assises de la science grecque .

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