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Sainmtl. Werke, III

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mais un sentir. Ses données ne sont ni des principes, ni des idées, ce sont des «pressentiments)), des ((tendances»; c'est comme Vinstinct de l'absolu, (( oui, l'instinct. Car seul l'instinct voit véritablement, seul il puise le savoir à sa source : il est l'esprit de Dieu. Chez l'animal l'instinct est une sorte de prophétie. Il en est une aussi chez l'homme, mais plus haute. L'instinct fait chercher et trouver à l'animal ce qu'il désire sans le connaître : je veux dire la nourriture qu'il n'a jamais goûtée encore, qui est éloignée de lui et cachée à ses yeux. Eh bien ! l'homme est en qqête aussi ; mais en quête de quelque chose d'invisible qu'il ne connaît pas non plus et dont il n'a le sentiment que par le besoin qu'il en éprouve : le besoin propre à un esprit dont l'essence est de savoir qu'il n'a pas son être en lui-même et qu'il existe uniquement par la grâce d'un autre sans qui la vie s'évanouit)). (S. W. III, 216.)

Cela équwaut donc à une (( intuition » ; toutefois, ce n'est pas un savoir, c'est une a croyance y) (cGlaubo) (III, 44i), non pas volontaire et méritoire, comme celle de Kant, mais instinctive, spontanée, immédiate.

« La raison ne tire pas d'elle-même l'idée de l'absolu : c'est elle qui sort de lui véritablement. Elle n'est que par lui. Il lui est donné et elle est donnée à elle-même avec lui... Comme elle se fie h la réalité de cette idée, ainsi se fie-t-elle à elle-même. )) III, 44i-

Jacobi eut le tort de symboliser cette foi par une sorte de (( saut périlleux )) par lequel l'homme sort de l'intelligible qui n'est qu'abstraction pour rentrer dans le réel qui demeure mystérieux, mais qui est la vraie vérité, celle sur laquelle, après tout, l'intellect découpe, dont il détache, des abstractions :

(( Il n'est pas question de se précipiter la tête la première (lu haut d'un rocher dans un abîme -^- mais bien de se lancer, en partant de la surface du sol \ de faire un tour complet sur soi-même (c'est le saut périlleux) par-dessus les rochers et l'abîme, et de se retrouver sain et sauf sur ses pieds, debout, de l'autre côté » (Lettre à Neetz, 3o mai

Saut mortel, répondait Hegel, mortel pour la philosophie. — Jacobi répliquait : votre philosophie toute en concepts abstraits n'est qu'un « fanatisme logique ». Ce que je cherche, ce ne sont pas des vérités logiques, donc abstraites, c'est le vrai, le réel, qui ne saurait être intelligible, mixis gui se sent, comme se sent le monde physique.

Pourquoi donc Jacobi, au lieu de parler de foi^ ne s'en est-il pas simplement tenu à la notion d'expérience profonde interne, analogue à l'expérience externe qui nous révèle le monde-physique ? 11 est vrai qu'aux données de ce sens intime profond, se joignent les représentations imaginatives qui cherchent à interpréter ces données. Nous en avons un exemple dans le passage (111, 216) cité plus haut, lorsque Jacobi parle de « cet autre être sans la grâce duquel nous n'existerions pas». Ces représentations sont hypothétiques, donc objet de croyance, et ce dernier nom finit par désigner un tout dont la partie essentielle est une constatation, un fait (une a intuition », dit Jacobi lui-même), non un acte de foi. (Nous aurons occasion de revenir sur cette importante distinction.)

Foi morale de Kant, foi métaphysique de Jacobi : c'est toujours la foi se légitimant par elle-même, par des motifs

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