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I. L'expérience interne et externe

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d'ordre tout internes. La religion, conclura Schleiermacher dans ses Discours sur la religion (1799), où vous ne voyez tantôt qu'un système de dogmes s'adressant à l'intelligence, tantôt qu'un ensemble de pratiques de culte ou de préceptes moraux prescrits à la volonté, n'a de fait son siège ni dans la volonté ni dans l'intelligence ; elle ne consiste ni dans la science ni dans l'action. C'est une forme primitive et préexistante de l'âme, qui sans doute se développe par la réflexion, développe à son tour l'activité, et embrasse ainsi la science et la morale, mais qui n'est cependant ni l'une ni l'autre et ne dépend ni de l'une ni de l'autre, mais réside dans le sentiment. C'est la conscience, innée en nous, de notre dépendance à l'égard de Dieu et de l'ordre universel qu'il a fondé. C'est le sens, l'intuition de l'infini ^

Il appliquera cette théorie sentimentaliste à la foi chrétienne : « Nous renonçons absolument, dit-il, à toute démonstration de la vérité ou de la nécessité de la religion chrétienne ; mais nous supposons qu'avant tout examen, chaque chrétien éprouve la certitude qu'aucune forme religieuse, autre que la forme chrétienne, ne répond aux aspirations de sa piété ^.)) L'idée est plus nette encore chez son disciple Tw^esten : « Le fondement ultime de la foi en la doctrine de l'Ecriture, c'est la vie chrétienne produite par Dieu au moyen de sa parole, et portant avec elle une certitude immédiate. »

La vie sent, expérimente sa propre réalité et sa propre valeur. C'est incontestable. Mais si l'on peut fonder de la sorte une vie chrétienne ou religieuse, peut-on légitimer une

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