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CHAPITRE IX

(8 décembre 1869-18 juillet 1870.)

Le lecteur trouvera, à la note XI, la constitution Dei filiiis avec les Canons relatifs à la foi et à la révélation. Toutes les explications que l'on peut désirer à leur sujet sont résumées dans la consciencieuse et savante étude du regretté E. Vacant : Etudes théologiques sur les constitutions du Concile du Vatican^.

L'Eglise maintient contre les fidéistes les droits de la raison, comme elle les avait maintenus déjà, ceux aussi de la volonté, contre Luther, Baïus et Jansénius. Elle soutient que la raison peut connaître avec certitude le Dieu unique et véritable, notre Créateur et Maître (Canon I du § II) ; connaître aussi avec certitude les miracles, et prouver ainsi valablement l'origine divine de la religion chrétienne (Canon IV du § III).

Il y a donc un minimum de critique, d'examen privé, philosophique et historique, confié à la raison et qui précède l'acte de foi. Or c'est précisément ce que contestaient les

T. 2 vol. in-8. Paris, Delhomrae, 1895.

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fidéistes ; ces canons sont donc la condamnation formelle de leur doctrine.

Reconnaissons hautement qu'au point de vue théorique cet enseignement de l'Eglise est inattaquable : si la raison démontre que Dieu existe et peut nous parler et si les faits prouvent qu'il nous a réellement parlé, l'obligation delà foi est au-dessus de toute discussion. Mais les démonstrations philosophiques de l'existence d'un Dieu personnel sont-elles si solides, et si authentiques les documents évangéliques où sont consignés les miracles attestant ladite révélation ? Nous savons qu'il n'en est rien^ Les derniers ouvrages de l'abbé Loisy nous ont livré les conclusions d'une critique consciencieuse et loyale : c'est « pour la foi » que Jésus a été conçu d'une vierge et qu'il est ressuscité, et non historiquement, physiquement. Quant à l'idée de Dieu, M. Loisy, qui, dans la crainte qu'on n'accusât sa critique d'être influencée, comme celle de Renan, par des théories philosophiques (négation a priori du surnaturel, par exemple), a toujours témoigné une sorte de répulsion pour les idées métaphysiques ", ne peut s'empêcher de 'l'avouer : « Le progrès de la science pose en des termes nouveaux le problème de Dieu^. »

Chaque jour plus étroitement, le dogme catholique se trouve comme serré entre ces deux branches d'un étau : la pensée philosophique et la critique historique. Qu'il y soit brisé, c'est incontestable. Seulement, il y avait, jusqu'à ces derniers temps, jusqu'à la condamnation de Loisy, une

1. Cf. l'ouvrage très documenté de l'abbé Houtin : « La question biblique chez les catholiques de France au xix^ siècle. Paris, Picard; 2^ édit., 1902.

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