Didiot, no
du Concile (§ II, 3) : « Si quelqu'un dit que l'homme ne peut être divinement élevé à une connaissance et à une perfection qui dépasse sa nature, mais qu'il peut et doit arriver de lui-même à la possession de toute vérité et de tout bien par un progrès continu, qu'il soit anathème. »
Certains symbolistes verront dans le surnaturel l'élément divin que les monistes reconnaissent en toute créature, la participation de chaque être à l'universelle vie divine ; nous croyons que c'est à bon droit ; mais, outre que les définitions antimonistiques du chapitre i des Canons ne laissent aucun doufe sur l'hétérodoxie de cette interprétation métaphysique, ladite interprétation serait insuffisante puisqu'elle porterait sur ce qui est naturel à l'être, sur ce qui est de son essence.
Voilà d'ailleurs ce qu'enseigne la plus officielle des théologies sur la manière de connaître le surnaturel :
(( Si quelqu'un dit que la foi divine ne se distingue pas de la science naturelle de Dieu et des choses morales et que, par conséquent, il n'est pas requis pour la foi divine que la vérité révélée soit crue à cause de l'autorité de Dieu qui en fait la révélation, qu'il soit anathème. »
« Si quelqu'un dit que la révélation divine ne peut devenir croyable par des signes extérieurs et que, par consé- .quent, les hommes ne peuvent être amenés à la foi que par la seule expérience intérieure de chacun d'eux, ou par l'inspiration privée, qu'il soit anathème. »
(( Si quelqu'un dit qu'il ne peut y avoir de miracles, et par conséquent que tous les récits de miracles, même ceux que contient l'Ecriture sacrée, doivent être relégués parmi les fables et les mythes ; ou que les miracles ne peuvent jamais être connus avec certitude, et que l'origine divine de
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la religion chrétienne n'est pas valablement prouvée par eux, qu'il soit anathème \ »
Il n'est donc point de doute possible. L'Eglise croit à un surnaturel essentiellement distinct da naturel. Elle n'entend pas être réduite au niveau d'une simple institution providentielle ; cette confusion du providentiel et du surnaturel, pour être commode et fréquente, n'en est pas moins, à ses yeux, la plus regrettable des équivoques. Elle rejette donc la théorie symboliste. Son autorité n'est pas et ne saurait être un symbole ; les miracles sur lesquels elle s'appuie ne sont pas des symboles, ni, à ses yeux, les dogmes et les rites surnaturels qu'elle nous conserve et nous offre. L'interprétation symboliste^ ne peyit donc être qu'un expédient destiné à ménager la transition pour la masse, ou à sauvegarder la paix de certaines consciences qui ne peuvent suffisamment réagir contre les impressions héréditaires ni les remplacer avantageusemenjt ; elle n'est en aucune manière une solution ; en tous cas elle est nettement rejetée par l'Église catholique.
L'hypothèse de l'évolution du dogme.
Nous devons attirer aussi l'attention du lecteur sur le dernier canon du § IV : « Si quelqu'un dit qu'il peut se faire qu'on doive quelquefois, selon le progrès de la science, attribuer aux dogmes proposés par l'Eglise un autre sens que