III
2. Catholicisme symboliste, protestantisme libéral, judaïsme libéral, etc.
celui qu'a entendu et qu'entend l'Eglise, qu'il soit anathème. » C'est le problème fameux de V évolution du dogme.
Le terme même d'évolution trahit la modernité de la formule. La préoccupation, elle, n'est pas moderne, car à toute époque les évidentes additions aux formules ou aux rites ont eu besoin d'être justifiées près de la conscience chrétienne. L'analogie de la croissance de la vérité religieuse avec celle d'une semence (comparaison évangélique^) avait servi à saint Basile ^ pour expliquer le développement de sa foi personnelle ; saint Vincent de Lérins^ avait eu recours, pour justifrer celui de l'enseignement de l'Église à travers les âges, à la comparaison de la croissance de l'enfant qui se modifie en grandissant tout en conser^vant son essentielle identité : « Imitetur animarum religio rationem corporum quœ, licet annorum processu numéros suos evolvant et explicent, eadem tamen quaeerant permanent» (n° 56). Ce n'étaient que des comparaisons. A quoi se borne, en effet, le progrès dont parle saint Vincent de Lérins ? A ce qu'une croyance se répande davantage, à ce qu'on lui trouve une formule plus claire ou plus condensée, une nouvelle appellation (n'' 60), et c'est tout\ Néanmoins ces métaphores avaient l'avantage d'être empruntées à l'ordre des choses vivantes, au monde organique.
Les Scolastiques reportèrent la question sur le terrain des abstractions logiques.
« Utrum articuli fidei secundum successionem temporum creverint? » se demande saint Thomas d'Aquin. Et il donne