‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 111 sur 164 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

3. Dans son Commonitorium composé vers le milieu du v^ siècle.

4- Sans quoi ce ne serait plus, à ses yeux, un progrès profectus, mais un clmn^ement permutatio (n» 55).

cette conclusion : « Les articles de foi ont cru, avec les siècles, non pas certes quant à la substance, mais quant à l'explication et la profession expresse : car les points qui ont été crus explicitement parles descendants et (présentés) sous un plus grand nombre d'articles, ont été crus tous les mêmes (eadem omnia) implicitement, et (présentés) sous un plus petit nombre, par les ancêtres.

« Dans la doctrine de la foi, les articles de foi jouent le même rôle que les principes évidents par rapport à la doctrine acquise par la raison naturelle ; or, entre ces principes (naturels), il existe un certain ordre, de telle sorte que les uns découlent des autres; tous, en effet, se ramènent^ à celuici comme au premier (de tous) : On ne peut à la fois affirmer et nier la même chose. Et de même, tous les articles de foi sont implicitement contenus dans quelques premiers croyables (premières vérités de foi), à savoir que Dieu est, qu'il exerce sa providence pour le salut des hommes (cf. Hebr.,XI, 6). Car dans l'être divin sont contenues toutes les choses que nous croyons exister éternellement en Dieu, dans lesquelles consiste notre béatitude ; et dans la foi en la providence sont incluses toutes les choses que Dieu dispense à l'homme pour son salut et qui sont la voie (qui mène) à la béatitude. Et de même, quelques-ans des autres articles subséquents (aliorum subsequentium articulorum quidam) sont contenus dans d'autres : dans la foi en l'humaine rédemption, par exemple, l'incarnation du Christ, sa passion, etc.

I. Pure illusion logique. L'indéterminé ne contient pas le déterminé; c'est le contraire qui est le vrai. Et il reste à prouver que c'est tel déterminé qui est réalisé plutôt que tel autre et qui est venu s'ajouter au principe indéterminé et vide.

(( On doit doncdire que, quant à leur substance, les articles de foi n'ont pas augmenté dans la suite des temps, car tout ce qu'ont cru les descendants était contenu, mais implicitement, dans la foi des ancêtres. Mais, s'il s'agit de l'explication, le nombre des articles (de foi) a augmenté, car plusieurs points ont été connus explicitement par les descendants qui n'étaient pas connus de leurs ancêtres (cf. Ex. VI, 2;Ps. 118, 100; Eph.,III,5)^ »

Cet article est vraiment le triomphe de la méthode scolastique. La solution est toute verbale. Car une vague foi en un Dieu-providence correspond à tout dogme religieux, h tout rite religieux, ceux des plus humbles sauvages, aussi bien que ceux du catholicisme. Or, pour que la solution ait une valeur, il faudrait que ces grandes. croyances générales ne pussent correspondre qu'aux seuls dogmes catholiques, comme une seule solution aux données de tel problème.

Les théologiens ont donc cherché à préciser : Suarez prétend que la foi, quant à sa substance, fut toujours la même dès le début du genre humain jusqu'à nos jours. Adam a eu une foi explicite au Christ à venir et l'a transmise à ses fils. Mais il a soin d'ajouter : Cette foi explicite ne résidait que dans les principaux croyants, les chefs, les prophètes ^

Kilber distingue les articles principaux de la foi (Trinité, salut par le Christ, existence de Dieu, Providence) et moins principaux (préceptes relatifs aux sacrifices, sacrements, etc.). Et il arrange ainsi les choses :

i*^ Les articles principaux n'ont jamais augmenté;

2^ Les moins principaux ont cru simpliciter , c'est-à-dire

1. n, Ilao, q. I, 7; q. II, 7; q. CLXXIV, (3; III^, q. 61, 5, ad 2,

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