‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 112 sur 164 · De Fide, disp. II, s. VI · texte numérisé non relu

De Fide, disp. II, s. VI

dans le vrai sens du mot, depuis Adam jusqu'au Christ et aux Apôtres inclusivement ;

3° Depuis ce temps, les articles de foi n'ont pas cru simpliciter, mais seulement secundum quid. C'est toujours, au fond, la même distinction de l'implicite et de l'explicite, la croissance secundum quid ayant lieu quand l'autorité infaillible explique ce qui était révélé mais obscur, ou controversé, ou bien tire une conclusion du particulier au générar.

Même étant admise cette autorité, la question, quand on ç>eut sortir de l'abstrait scolastique pour retrousser la réalité historique, est celle-ci : Dans ses explications, l'autorité n'introduit-elle rien de nouveau, de telle sorte que la foi du croyant soit ainsi obligée d'accepter non plus la vérité ellemême, mais bien des éléments humains que l'on prétend à tort ne plus faire qu'un avec elle ?

Exemple : Loyalement, sincèrement, quand un chrétien de nos jours dit : Jésus est le fils de Dieu, la seconde personne de la Trinité, incarnée pour notre salut ; est-ce la même affirmation que celle de Jésus disant devant Caïphe : Oui, je suis le fils de Dieu, c'est-à-dire le Messie, et tu vas bientôt me voir venir sur les nuées du ciel (Marc, XIV, 6i, 62)? Evidemment non ; le mot est le même, le sens est tout à fait différent ; Jésus prend ce terme dans le sens messianique, sans soupçonner même l'existence d'une « trinité » ; l'Eglise nous impose un sens tout nouveau, nous impose une théorie du Logos, et Ton ne fera jamais admettre à un esprit non prévenu que celte théorie du Logos n'est pas simpliciter, dans le sens propre, une addition à la croyance primitive.

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