I. Les études du clergé, p. 208, Lethiellenx
substance du dogme ? Nous venons de citer un exemple, l'Eucharistie, où il est impossible de dire que l'idée de transsubstantiation n'a pas été ajoutée à celle de présence réelle et, aux yeux des théologiens, fait néanmoins partie de la substance du dogme. Cela paraît si clair, en théorie, de distinguer ce qui est et ce qui n'est pas de la substance du dogme ! En pratique, c'est un problème inextricable.
Toujours est-il que la condamnation de Gunther par le Concile du Vatican est incontestable : « Si quelqu'un dit qu'il peut se faire qu'on doive quelquefois, selon le progrès de la science, attribuer aux dogmes proposés par l'Eglise un autre sens que celui qu'a entendu et qu'entend l'Eglise, qu'il soit anathème*. » Et voici le commentaire par le Concile lui-même^ : « La doctrine de la foi que Dieu a révélée n'a pas été livrée comme une invention philosophique aux perfectionnements de l'esprit humain, mais elle a été transmise comme un dépôt divin à l'Epouse du Christ pour être fidèlement gardée et infailliblement enseignée. Aussi doiion toujours retenir ce sens-là des dogmes sacrés que la sainte mère Eglise a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s'en écarter sous prétexte et au nom d'une intelligence supérieure de ces dogmes. » « Is sensus perpétua est retinendus quein semel declaravit sancta mater Ecclesia. »
Pas d'échappatoire possible. Pourtant un courageux, loyal — et illusoire — effort vient d'être tenté à notre époque. Je ne parle point de ces théories hybrides où l'on dissimule sous le nom moderne et flatteur d' « és^olution » du dogme ^ la vieille théorie d'un passage du sens implicite