‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 120 sur 164 · I. Discours de combat. Première série, p · texte numérisé non relu

I. Discours de combat. Première série, p

LA RENAISSANCE DU (( FIDÉISME )) l83

entachée de sophisme par cette équivoque fondamentale et M. Brunetière si sévère au sujet des jeux de mots théologiques (p. 33o), devrait donner l'exemple et ne pas conclure du besoin de croyances naturelles et immanentes à notre nature à un soi-disant besoin de croyances surnaturelles.

D'autant qu'il n'est nullement vrai que le besoin de croire au monde extérieur, au devoir, à l'absolu, « implique nécessairement la constitution d'une autorité qui fixe la croyance S), la maintienne inaltérée, la dégage de l'arbitraire des opinions individuelles, etc. L'équivoque s'aggrave donc d'une inexactitude.

Quant au second argument : valeur sociale du Christianisme, résumé en ces mots: (c Humainement parlant, il s'est trouvé dans le christianisme une vertu sociale et civilisatrice qui ne se retrouve dans aucune autre religion^ », nous ne songeons pas à contester sa valeur^, tout en observant que cette « vertu sociale » peut bien lui venir de ce qu'il renferme de raison et de conscience humaines plutôt que de son élément autoritaire prétendu révélé ; mais l'objection de fond est celle-ci : de pareils arguments ne sortent pas de la sphère naturelle et on ne saurait conclure de là à une religion surnaturelle, à des dogmes surnaturels, à une autorité surnaturelle (dans le sens théologique du mot « surnaturel » expliqué au précédent chapitre).

Dans le discours sur les Raisons actuelles de croire'', M. Brunetière, il est vrai, complète son argumentation en réclamant que l'on ne sépare pas la morale chrétienne du

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