Autour d'un petit livre, p. i5i
LA RENAISSANCE DU (( FIDÉISME )) IqB
lignes, il condense et fait sienne la meilleure partie de la doctrine de M. Blondel : « Ne dirait-on pas que, dans l'ordre des choses religieuses et morales, la logique humaine se moque d'elle-même, que l'effort vers, le mieux devance les raisonnements qui le justifient, et qu'il porte en soi une vérité supérieure à celle des arguments dont on l'autorise ^ ? »
Il faut ajouter toutefois que cette aspiration au mieux, ce n'est pas dans la sphère philosophique, mais en pleine foi chrétienne que M. Loisy la considère.
Comme nous l'avons déjà constaté dans la théorie de l'évolution des dogmes, c'est parce que l'évolution se fait « dans la foi » et que le même « Esprit » de foi la dirige, y maintient l'identité « du type » et de la « loi » qui constitue l'essence de la vie chrétienne, que l'on peut dire : il y a évolution^ non changement proprement dit. Et ces dogmes qui évoluent sont eux-mêmes des « idéalisations », par la foi, des faits historiques, des « constructions » de la foi^.
Tout le § III du second chapitre de V Evangile et l'Eglise, paragraphe qui a rapport à la résurrection du Christ, est fort instructif à ce sujet. Qu'il n'y ait pas eu de résurrection physique, matérielle, dans le sens où l'on prend habituellement ce mot, Loisy ne le dit expressément nulle part, mais il est impossible de ne pas voir qu'il n'admet que des irisions, visions dont toute la valeur vient de la foi, de « la croyance au Christ vivant », visions qui excitent la foi, mais ne la créent pas, n'en étant au contraire que l'expression, puis réagissant sur elle par suggestion.
Mais où le fidéisme éclate dans toute sa splendeur, c'est